Années
100
1ère
et 2e épîtres de
Paul à Timothée
épître de Paul à Tite
Épîtres dites « pastorales »
Ces trois
épîtres sont appelées « pastorales »
car elles indiquent à des responsables de
communautés
la bonne organisation à mettre en œuvre et les
déviations dont il faut se défendre
29 août 2012
Ces trois épîtres ne sont
certainement pas de la main de Paul.
Elles ont sans doute été rédigées aux environs
de l’an 100 par un responsable des
communautés pauliniennes d’Asie Mineure de cette
époque.
- Celui-ci
(années 100) s’embrouille manifestement dans
l’itinéraire de Paul tel que ses épîtres
authentiques (années 50) ou les Actes des
Apôtres (années 80-85) nous le font
connaître :
Un exemple parmi bien d’autres : Paul
a-t-il laissé Trophime malade à Milet ou
celui-ci l’a-t-il accompagné à Rome ?
Eraste est resté à Corinthe,
et j'ai laissé Trophime malade à Milet.
2 Tim 4.20
Paul avait pour l'accompagner
jusqu'en Asie : Sopater de Bérée, fils de
Pyrrhus, Aristarque et Second de
Thessalonique, Gaïus de Derbe, Timothée, ainsi
que Tychique et Trophime, originaires d'Asie.
Ceux-ci prirent les devants, et nous
attendirent à Troas. Actes
20.4-5
Les Juifs d'Asie, ayant vu
Paul dans le temple, soulevèrent toute la
foule, et mirent la main sur lui en criant :
Hommes Israélites, au secours ! Voici l'homme
qui prêche partout et à tout le monde contre
le peuple, contre la loi et contre ce lieu ;
il a même introduit des Grecs dans le temple,
et a profané ce saint lieu. Car ils avaient vu
auparavant Trophime d'Ephèse avec lui dans la
ville, et ils croyaient que Paul l'avait fait
entrer dans le temple. Actes
21.27-29
- Ses
préoccupations à l’égard des « faux
docteurs » ne correspondent en rien au
souci de Paul d’expliquer le rôle du Christ, le
sens de sa Croix, le pourquoi de la libération
de la Loi de Moïse etc qui traverse ses épîtres
authentiques.
- Il manifeste le
désir de voir les communautés chrétiennes
intégrées dans la société gréco-romaine et pour
cela de tenir compte du regard des autres
gens qui correspond à une période où les
Églises étaient déjà installées et se
préoccupaient de penser leur vie dans la durée.
J'exhorte donc, avant toutes
choses, à faire des prières, des
supplications, des requêtes, des actions de
grâces, pour tous les hommes, pour les rois et
pour tous ceux qui sont élevés en dignité,
afin que nous menions une vie paisible et
tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela
est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur
qui veut que tous les hommes soient sauvés et
parviennent à la connaissance de la vérité.
I Tim 2.1-4
- Il révèle une
institution ecclésiastique déjà bien
développée :
Si quelqu'un aspire à la
charge d'évêque, il désire une œuvre
excellente. Il faut donc que l'évêque soit
irréprochable, mari d'une seule femme, sobre,
modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier,
propre à l'enseignement. Il faut qu'il ne soit
ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent,
pacifique, désintéressé.
Il faut qu'il dirige bien sa propre maison, et
qu'il tienne ses enfants dans la soumission et
dans une parfaite honnêteté car si quelqu'un
ne sait pas diriger sa propre maison, comment
prendra-t-il soin de l'Église de Dieu ? Il ne
faut pas qu'il soit un nouveau converti, de
peur qu'enflé d'orgueil il ne tombe sous le
jugement du diable. Il faut aussi qu'il
reçoive un bon témoignage de ceux du dehors,
afin de ne pas tomber dans l'opprobre et dans
les pièges du diable.
Les diacres aussi doivent être honnêtes,
éloignés de la duplicité, des excès du vin,
d'un gain sordide, conservant le mystère de la
foi dans une conscience pure. Qu'on les
éprouve d'abord, et qu'ils exercent ensuite
leur ministère, s'ils sont sans reproche.
Les femmes, de même, doivent être honnêtes,
non médisantes, sobres, fidèles en toutes
choses.
Les diacres doivent être maris d'une seule
femme, et diriger bien leurs enfants et leurs
propres maisons car ceux qui remplissent
convenablement leur ministère s'acquièrent un
rang honorable, et une grande assurance dans
la foi en Jésus-Christ. I
Tim 3.1-13
Les
fondements théologiques de l’auteur
On peut discerner quelques
fragments de credo ou d’hymnes de
l’Église ancienne remontant sans doute à Paul
lui-même :
C'est une parole certaine et
entièrement digne d'être reçue, que
Jésus-Christ est venu dans le monde pour
sauver les pécheurs, dont je suis le premier.
I Tim 1.15
Car il y a un seul Dieu, et
aussi un seul médiateur entre Dieu et les
hommes, Jésus-Christ homme, qui s'est donné
lui-même en rançon pour tous. C'est là le
témoignage rendu en son propre temps et pour
lequel j'ai été établi prédicateur et
apôtre I Tim 2.5-7
Le mystère de la piété est
grand : celui qui a été manifesté en chair,
justifié par l'Esprit, vu des anges, prêché
aux Gentils, cru dans le monde, élevé dans la
gloire. I Tim 3.16
Vivre sans tache, sans
reproche, jusqu'à l'apparition de notre
Seigneur Jésus Christ, que manifestera en son
temps le bienheureux et seul souverain, (Dieu)
le roi des rois, et le Seigneur des seigneurs,
qui seul possède l'immortalité, qui habite une
lumière inaccessible, que nul homme n'a vu ni
ne peut voir, à qui appartiennent l'honneur et
la puissance éternelle. Amen ! I
Tim 6.14-16
La grâce de Dieu, source de
salut pour tous les hommes, a été manifestée.
Elle nous enseigne à renoncer à l'impiété et
aux convoitises mondaines, et à vivre dans le
siècle présent selon la sagesse, la justice et
la piété, en attendant la bienheureuse
espérance, et la manifestation de la gloire du
grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ,
qui s'est donné lui-même pour nous, afin de
nous racheter de toute iniquité, et de se
faire un peuple qui lui appartienne, purifié
par lui et zélé pour les bonnes œuvres. Dis
ces choses. Tite 2.11-15
Lorsque la bonté de Dieu
notre Sauveur et son amour pour les hommes ont
été manifestés, il nous a sauvés, non à cause
des œuvres de justice que nous aurions faites,
mais selon sa miséricorde, par le baptême de
la régénération et le renouvellement du
Saint-Esprit, qu'il a répandu sur nous avec
abondance par Jésus-Christ notre Sauveur, afin
que, justifiés par sa grâce, nous devenions,
en espérance, héritiers de la vie éternelle.
Cette parole est certaine, et je veux que tu
affirmes ces choses.
Tite 3.4-8
Les
« faux docteurs »
La polémique contre ces
adversaires traverse pareillement les trois
épîtres. Leur spiritualité que l’auteur
combat avec une telle véhémence est sans
doute centrée sur l’affirmation que « la résurrection a déjà
eu lieu » :
De ce nombre sont Hyménée et
Philète, qui se sont détournés de la vérité,
disant que la résurrection est déjà arrivée,
et qui renversent la foi de quelques uns.
Néanmoins, le solide fondement de Dieu reste
debout, avec ces paroles qui lui servent de
sceau : Le Seigneur connaît ceux qui lui
appartiennent ; et : quiconque prononce le nom
du Seigneur, qu'il s'éloigne de
l'iniquité. 2 Tim 2.18-19
Cette attitude de tendance gnostique ( 1 ) consiste
à penser la redécouverte du moi divin, oublié,
perdu ou caché en nous comme une résurrection
comprise dans un sens spirituel. Il est vrai que
radicaliser l’enseignement de Paul sur le
baptême pouvait orienter dans cette
direction :
Ignorez-vous que nous tous
qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est
en sa mort que nous avons été baptisés ?
Nous avons donc été ensevelis avec lui par le
baptême en sa mort, afin que, comme Christ est
ressuscité des morts par la gloire du Père, de
même nous aussi nous marchions en nouveauté de
vie. En effet, si nous sommes devenus une même
plante avec lui par la conformité à sa mort,
nous le serons aussi par la conformité à sa
résurrection, sachant que notre vieil homme a
été crucifié avec lui, afin que le corps du
péché fût détruit, pour que nous ne soyons
plus esclaves du péché ; car celui qui est
mort est libre du péché. Or, si nous sommes
morts avec Christ, nous croyons que nous
vivrons aussi avec lui, sachant que Christ
ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort
n'a plus de pouvoir sur lui. [...] Car le
péché n'aura point de pouvoir sur vous,
puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous
la grâce. Romains 6.3-9 ;
14
Une telle tendance gnostique pouvait provoquer
un ascétisme entraînant un retour à la Loi
juive, une propension aux réflexions
théologiques et... un mépris agaçant pour le
commun des mortels incapables de ces
spéculations hautement intellectuelles :
... Ne pas enseigner
d'autres doctrines et ne pas s'attacher à des
fables et à des généalogies sans fin, qui
produisent des discussions plutôt qu'elles
n'avancent l'œuvre de Dieu dans la foi. Le but
du commandement, c'est une charité venant d'un
cœur pur, d'une bonne conscience, et d'une foi
sincère. Quelques-uns, s'étant détournés de
ces choses, se sont égarés dans de vains
discours ; ils veulent être docteurs de la
loi, et ils ne comprennent ni ce qu'ils
disent, ni ce qu'ils affirment. Nous
n'ignorons pas que la loi est bonne, pourvu
qu'on en fasse un usage légitime, sachant bien
que la loi n'est pas faite pour le juste, mais
pour les méchants et les rebelles, les impies
et les pécheurs. I Tim 1.3-9
L'Esprit dit expressément
que, dans les derniers temps, quelques-uns
abandonneront la foi, pour s'attacher à des
esprits séducteurs et à des doctrines de
démons, par l'hypocrisie de faux docteurs
portant la marque de la flétrissure dans leur
propre conscience, prescrivant de ne pas se
marier, et de s'abstenir d'aliments que Dieu a
créés. 1 Tim.4.1-3
Sache que, dans les derniers
jours, il y aura des temps difficiles. Car les
hommes seront égoïstes, amis de l'argent,
fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles
à leurs parents, ingrats, irréligieux,
insensibles, déloyaux, calomniateurs,
intempérants, cruels, ennemis des gens de
bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil,
aimant le plaisir plus que Dieu, ayant
l'apparence de la piété, mais reniant ce qui
en fait la force. Éloigne-toi de ces
hommes-là. Il en est parmi eux qui
s'introduisent dans les maisons, et qui
captivent des femmes d'un esprit faible et
borné, chargées de péchés, agitées par des
passions de toute espèce, apprenant toujours
et ne pouvant jamais arriver à la connaissance
de la vérité. 2 Tim 3.1-7
La
vie de la communauté chrétienne
Les membres de la
communauté doivent d’une part résister
aux aberrations des nouvelles idées et d’autre
part s’accorder à la morale ambiante
(stoïcienne) des gréco-romains afin de ne pas
être un objet de scandale qui n’aurait rien à
voir avec le changement de mentalité provoqué
par l’Évangile :
Je veux donc que les hommes
prient en tout lieu, en élevant des mains
pures, sans colère ni mauvaises pensées. Je
veux aussi que les femmes, vêtues d'une
manière décente, avec pudeur et modestie, ne
se parent ni de tresses, ni d'or, ni de
perles, ni d'habits somptueux, mais qu'elles
se parent de bonnes œuvres, comme il convient
à des femmes qui font profession de servir
Dieu.
Que la femme écoute l'instruction en silence,
avec une entière soumission. Je ne permets pas
à la femme d'enseigner, ni de prendre de
l'autorité sur l'homme ; mais elle doit
demeurer dans le silence. Car Adam a été
formé le premier, Ève ensuite ; et ce n'est
pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui,
séduite, s'est rendue coupable de
transgression. Elle sera néanmoins sauvée en
devenant mère, si elle persévère avec modestie
dans la foi, dans la charité, et dans la
sainteté.
Cette parole est certaine : Si quelqu'un
aspire à la charge d'évêque, il désire une
œuvre excellente. Il faut donc que l'évêque
soit irréprochable, mari d'une seule femme,
sobre, modéré, réglé dans sa conduite,
hospitalier, propre à l'enseignement. Il faut
qu'il ne soit ni adonné au vin, ni violent,
mais indulgent, pacifique, désintéressé. Il
faut qu'il dirige bien sa propre maison, et
qu'il tienne ses enfants dans la soumission et
dans une parfaite honnêteté car si quelqu'un
ne sait pas diriger sa propre maison, comment
prendra-t-il soin de l'Église de Dieu ? 1 Tim
2.8-3.5
Mais refuse les jeunes veuves
; car, lorsque la volupté les détache du
Christ, elles veulent se marier, et se rendent
coupables en ce qu'elles violent leur premier
engagement. Avec cela, étant oisives, elles
apprennent à aller de maison en maison ; et
non seulement elles sont oisives, mais encore
causeuses et intrigantes, disant ce qu'il ne
faut pas dire. Je veux donc que les jeunes se
marient, qu'elles aient des enfants, qu'elles
dirigent leur maison, qu'elles ne donnent à
l'adversaire aucune occasion de médire. 1 Tim
5.11-14
Je t'ai laissé en Crète, afin
que tu mettes en ordre ce qui reste à régler,
et que, selon mes instructions, tu établisses
des anciens dans chaque ville, s'il s'y trouve
quelque homme irréprochable, mari d'une seule
femme, ayant des enfants fidèles, qui ne
soient ni accusés de débauche ni rebelles.
Il y a, en effet, surtout parmi les circoncis,
beaucoup de gens rebelles, de vains
discoureurs et de séducteurs, auxquels il faut
fermer la bouche. Ils bouleversent des
familles entières, enseignant pour un gain
honteux ce qu'on ne doit pas enseigner.
L'un d'entre eux, leur propre prophète, a dit,
et cette parole est juste :
« Crétois toujours menteurs,
méchantes bêtes, ventres paresseux ».
C'est pourquoi reprends-les sévèrement, afin
qu'ils aient une foi saine et qu'ils ne
s'attachent pas à des fables judaïques et à
des commandements d'hommes qui se détournent
de la vérité. Tite 1.5-6 ;
10-14
Rappelle-leur d'être soumis
aux magistrats et aux autorités, d'obéir,
d'être prêts à toute bonne œuvre, de ne médire
de personne, d'être pacifiques, modérés,
pleins de douceur envers tous les
hommes. Tite 3.1-2
Et l’auteur fait dire à
Paul :
J'ai combattu le bon combat,
j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi.
Désormais la couronne de justice m'est
réservée 2 Tim 4.7-8
Les
ministères
C’est l’époque où les
ministères sont en train de se mettre en place.
Évêques (épiscopes), anciens (presbytres) et
diacres ne sont pas encore clairement
diversifiés.
1 Tim 3.2 :
Il faut donc que l'évêque soit irréprochable,
mari d'une seule femme
Tit 1.7 : Il faut que
l'évêque soit irréprochable, comme économe de
Dieu
Les anciens ne semblent
guère distingués des évêques
Tit 1.5-7. Je
t'ai laissé en Crète, afin que tu mettes en
ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes
instructions, tu établisses des anciens
dans chaque ville, s'il s'y trouve quelque
homme irréprochable, mari d'une seule femme,
ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni
accusés de débauche ni rebelles. Car il faut
que l'évêque soit
irréprochable, comme économe de Dieu ; qu'il
ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au
vin, ni violent, ni porté à un gain
déshonnête.
Ni des diacres
1 Tim 3.8-10
Les diacres aussi doivent
être honnêtes, éloignés de la duplicité, des
excès du vin, d'un gain sordide, conservant le
mystère de la foi dans une conscience pure.
Qu'on les éprouve d'abord, et qu'ils exercent
ensuite leur ministère, s'ils sont sans
reproche.
Les anciens peuvent être
« présidents »
I Tim 5.17:
Que les anciens qui dirigent bien soient jugés
dignes d'un double honneur.
En Crète Tite n’établira
que des anciens
Tit 1.5 : 5
Je t'ai laissé en Crète, afin que tu
établisses des anciens dans chaque ville.
C’est l’assemblée des
anciens qui impose les mains à l’évêque
1 Tim 4.14 :
Ne néglige pas le don qui est en toi, et qui
t'a été donné par prophétie avec l'imposition
des mains de l'assemblée des anciens.
__________
( 1 ) Le
gnosticisme était un mouvement né
précisément au 1er
siècle de notre ère dans des milieux
spiritualistes enseignant que le salut vient de
la « connaissance » (gnose signifie
connaissance) de la divinité malheureusement
emprisonnée en l'homme dont la chair physique
est comme la gangue entourant l'or d'une pépite.
L'homme est « sauvé » lorsqu'il prend
conscience qu'il appartient au monde d'en haut,
de la lumière, de la pureté, de la vérité que le
Christ est précisément venu nous révéler.