Années
70-90
Les
chrétiens « hellénistes »
L'essentiel du
christianisme était pour eux la seule
affirmation éblouissante de la résurrection
glorieuse du crucifié désormais présent à la
droite de Dieu. Ils n’avaient pas connu Jésus,
ignoraient tout de son ministère et ne citaient
jamais les parole et les actions de son
ministère.
.
la première épître de Pierre
Épître
« catholique »
On
appelle « catholiques » les
7 épîtres de Jacques, Pierre, Jean et
Jude
car elles sont adressées à l’Église universelle
et non à un destinataire précis
20 juillet 2014
L’auteur.
Il est bien difficile d’attribuer cette épître à
l’apôtre Pierre.
D’une part il serait incompréhensible qu’un
homme intime de Jésus comme l’était Pierre
écrive un texte aussi impersonnel et ne
mentionne aucune de ses parole ni aucun de ses
acte dont il aurait pourtant été personnellement
témoin.
D’autre part il serait étonnant qu’un simple
pêcheur du lac de Galilée ait été capable d'une
aussi grande maîtrise de la langue et la syntaxe
grecque.
Les destinataires.
Ils sont nommés au verset 1, ce sont les
habitants des provinces romaines du nord de
l'actuelle Turquie : le Pont, la Cappadoce, la
Bithynie, l'Asie et la Galatie ; les deux
dernières étaient des terres de la mission
paulinienne. Et en effet on constatera des
ressemblances entre la pensée de cette épitre et
celles de Paul.
La date.
Entre 70 et 90.
La
persécution ?
La mention récurrente dans cette épitre, de la
souffrance (le mot grec « paschô »
revient à 14 reprises dans cette épitre) et de
la marginalisation des chrétiens, fait penser à
un état de persécution et notamment à celui du
règne de l’empereur Domitien (81-96). Mais il ne
s'agit peut-être que de l'antipathie que les
chrétiens provoquaient en se singularisant par
rapport à leur entourage. Domitien provoquait
des violences notamment à l'égard des chrétiens
par son exigence d'être appelé « mon
Seigneur et mon Dieu ». Mais si c'était le
cas l'épitre en aurait certainement parlé.
2.19-21
C'est une grâce que de supporter des peines
par motif de conscience envers Dieu, quand on
souffre injustement. En
effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de
mauvais traitements pour avoir commis des
fautes ? Mais si vous supportez la souffrance
lorsque vous faites ce qui est bien, c'est une
grâce devant Dieu. Et
c'est à cela que vous avez été appelés,
parce que Christ aussi a souffert
pour vous, vous laissant un exemple, afin
que vous suiviez ses traces.
4.3-4
C'est assez, en effet,
d'avoir dans le temps passé accompli la
volonté des païens, en marchant dans la
dissolution, les convoitises, l'ivrognerie,
les excès du manger et du boire, et les
idolâtries criminelles.
Aussi trouvent-ils étrange que vous ne vous
précipitiez pas avec eux dans le même
débordement de débauche, et ils vous
calomnient.
4.14-16
Si vous êtes outragés pour le nom de Christ,
vous êtes heureux, parce que l'Esprit de
gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous. Que
nul de vous, en effet, ne souffre
comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou
comme s'ingérant dans les affaires d'autrui.
Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'en ait
point honte, et que plutôt il glorifie Dieu à
cause de ce nom.
5.8-10
Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le
diable, rôde comme un lion rugissant,
cherchant qui il dévorera.
Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que
les mêmes souffrances sont
imposées à vos frères dans le monde.
Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés en
Jésus-Christ à sa gloire éternelle, après que
vous aurez souffert un peu
de temps, vous perfectionnera lui-même, vous
affermira, vous fortifiera, vous rendra
inébranlables.
La théologie.
Une confession de foi, peut-être héritée
de la tradition de l'Église, ouvre l'épitre. A
la manière de Paul et de la pensée hellénistique
en général, elle est radicalement centrée sur la
communion mystique des croyants avec le Christ
passé de la souffrance de la croix à la gloire
de la résurrection.
1.3-9
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur
Jésus-Christ,
qui, selon sa grande miséricorde, nous a
régénérés,
pour une espérance vivante, par la
résurrection de Jésus-Christ d'entre les
morts,
pour un héritage qui ne se peut ni corrompre,
ni souiller, ni flétrir,
lequel vous est réservé dans les cieux,
à vous qui, par la puissance de Dieu, êtes
gardés par la foi
pour le salut prêt à être révélé dans les
derniers temps !
C'est là ce qui fait votre joie,
quoique maintenant, puisqu'il le faut, vous
soyez attristés pour un peu de temps
par diverses épreuves,
afin que l'épreuve de votre foi, plus
précieuse que l'or périssable
(qui cependant est éprouvé par le feu),
ait pour résultat la louange, la gloire et
l'honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra,
lui que vous aimez sans l'avoir vu,
en qui vous croyez sans le voir encore,
vous réjouissant d'une joie ineffable et
glorieuse,
parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes
pour prix de votre foi.
Il faut noter qu'en I Pierre le
salut de Dieu est reporté dans l’au-delà et à la
fin du monde. Aucune mention n'est faite d'un
dynamisme créateur qui serait déjà vécu dans le
présent, sans attendre l'au-delà, par la
communion au Christ ressuscité.
Paul avait pourtant dit :
2 Coriinthiens 5.17
Si quelqu'un est en Christ, il est une
nouvelle créature. Les choses anciennes sont
passées ; voici, toutes choses sont
devenues nouvelles.
Toujours est-il que cette épître qui se veut
consolante et source de résilience a été reçue
par ses destinataires comme Parole de Dieu digne
d’être méditée et conservée dans les périodes de
souffrance.
C'est ainsi, par exemple, que le pasteur Roland
de Pury emprisonné à Lyon en 1943 par la gestapo
à cause de ses prédication anti-nazies, raconte
dans son « Journal de cellule »
qu’ayant un jour récupéré un petit bout de
crayon et une Bible, il copia sur un papier
cette épître de Pierre et en ressentit un
encouragement réel.
L’éthique
Elle est présentée dans la
seconde partie de l’épître (de 2.11 à la fin).
Elle est une reprise de l’éthique traditionnelle
du stoïcisme de l’époque :
2.11.
Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers
et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des
convoitises charnelles qui font la guerre à
l'âme. Ayez au milieu des païens une bonne
conduite, afin que, là même où ils vous
calomnient comme si vous étiez des
malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres,
et glorifient Dieu, au jour où il les
visitera.
Soyez soumis, à cause du
Seigneur, à toute autorité établie parmi les
hommes, soit au roi comme souverain, soit aux
gouverneurs comme envoyés par lui pour punir
les malfaiteurs et pour approuver les gens de
bien. Car c'est la volonté de Dieu qu'en
pratiquant le bien vous réduisiez au silence
les hommes ignorants et insensés, étant
libres, sans faire de la liberté un voile qui
couvre la méchanceté, mais agissant comme des
serviteurs de Dieu. Honorez tout le monde ;
aimez les frères ; craignez Dieu ; honorez le
roi.
Serviteurs, soyez soumis en
toute crainte à vos maîtres, non seulement à
ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux
qui sont d'un caractère difficile. Car c'est
une grâce que de supporter des afflictions par
motif de conscience envers Dieu, quand on
souffre injustement... Et c'est à cela que
vous avez été appelés, parce que Christ aussi
a souffert pour vous, vous
laissant un exemple, afin que vous suiviez ses
traces...
lui qui, injurié, ne rendait point d'injures,
dans la souffrance, ne
faisait pas de menaces,
mais s'en remettait à celui qui juge justement
;
lui qui a porté lui-même nos péchés en son
corps sur le bois,
afin que morts aux péchés nous vivions pour la
justice ;
lui par les meurtrissures duquel vous avez été
guéris.
Car vous étiez comme des brebis errantes.
Mais maintenant vous êtes retournés vers le
pasteur et le gardien de vos âmes.
3.1
Femmes, soyez de même soumises à vos maris,
afin que, si quelques-uns n'obéissent point à
la parole, ils soient gagnés sans parole par
la conduite de leurs femmes, en voyant votre
manière de vivre chaste et réservée. Ayez, non
cette parure extérieure qui consiste dans les
cheveux tressés, les ornements d'or, ou les
habits qu'on revêt, mais la parure intérieure
et cachée dans le cœur, la pureté
incorruptible d'un esprit doux et paisible,
qui est d'un grand prix devant Dieu. [...]
Maris, montrez à votre tour de la sagesse dans
vos rapports avec vos femmes, comme avec un
sexe plus faible ; honorez-les, comme devant
aussi hériter avec vous de la grâce de la vie.
Soyez tous pleins d'amour fraternel, de
compassion, d'humilité. Ne rendez point mal
pour mal, ou injure pour injure ; bénissez, au
contraire, car c'est à cela que vous avez été
appelés, afin d'hériter la bénédiction. [...]
4.1
Christ ayant souffert dans
la chair, vous aussi armez-vous de la même
pensée. Car celui qui a souffert
dans la chair en a fini avec le péché, afin de
vivre, non plus selon les convoitises des
hommes, mais selon la volonté de Dieu, pendant
le temps qui lui reste à vivre dans la chair.
C'est assez, en effet, d'avoir dans le temps
passé accompli la volonté des païens, en
marchant dans la dissolution, les convoitises,
l'ivrognerie, les excès du manger et du boire,
et les idolâtries criminelles. Aussi
trouvent-ils étrange que vous ne vous
précipitiez pas avec eux dans le même
débordement de débauche, et ils vous
calomnient. Ils rendront compte à celui qui
est prêt à juger les vivants et les morts.
Car Évangile a été aussi annoncé aux morts,
afin que, après avoir été jugés comme les
hommes quant à la chair, ils vivent selon Dieu
quant à l'Esprit. La fin de toutes choses est
proche. Soyez donc sages et sobres, pour
vaquer à la prière.
5.5
Et tous, dans vos rapports mutuels,
revêtez-vous d'humilité ; car
Dieu résiste aux orgueilleux,
Mais il fait grâce aux humbles.
Humiliez-vous donc sous la puissante main de
Dieu, afin qu'il vous élève au temps
convenable ; et déchargez-vous sur lui de
tous vos soucis, car lui-même prend soin de
vous.
Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le
diable, rôde comme un lion rugissant,
cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec
une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances
sont imposées à vos frères dans le monde.
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