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Dieu a-t-il le pouvoir

de nous protéger ?

 

 

Does God have the power to protect us?

 

 

John B. Cobb


2 mars 2011

Il est excellent de poser directement des questions de ce genre. La réponse immédiate des théologiens du Process serait sans doute : non, Dieu n’a pas le pouvoir de nous protéger ou de prendre soin de nous.
Ce serait la seule réponse juste si la question entendait demander si Dieu peut nous éviter d’être tué à la guerre, d’attraper un cancer, de nous suicider, d’être persécuté pour notre foi, de perdre notre emploi, etc.

Si nous croyons néanmoins qu’il peut tout cela, nous en sommes réduit à prier une divinité aux décisions arbitraires et capricieuses pour lui demander de nous sélectionner parmi tous les autres hommes pour s’occuper de nous. Et le problème du mal semble insoluble si l’on pense que Dieu a ce pouvoir et ne l’exerce pourtant pas de lui-même alors que ce serait désespérément nécessaire.
Il est évident que la Bible ne nous montre pas des fidèles toujours protégés du mal. Au contraire un grand nombre d’entre eux, notamment Jésus, sont très mal traités et mis à mort justement à cause de leur fidélité même.

Il vaut mieux s'intéresser à la manière dont Dieu se comporte régulièrement et fidèlement que de chercher à comprendre pourquoi il ne nous protège pas du mal s’il peut le faire. L’action de Dieu régulière et fidèle n’est pas sans relation avec notre sécurité et notre bien-être, mais elle n’est qu’une composante des forces qui s’exercent sur nous et non la seule ni la plus puissante. Régulièrement et fidèlement, Dieu encourage chacun de nous à avoir de bonnes habitudes, à prendre soin de notre santé, à éviter les dangers et à agir de manière responsable à l’égard de notre famille. Dieu appelle les autres à conduire leur voiture avec prudence et à être honnêtes avec nous.
Il est certainement très bien de demander à Dieu de nous protéger de cette manière-là dans la mesure où nous-mêmes nous efforçons d’être fidèles à l’idée qu’il a de nous. Il est incontestable que ceux qui s’ouvrent à l’idée que Dieu a de nous et répondent positivement à son appel, vivent plus longtemps et demeurent en meilleure santé que ceux qui s’en détournent, en raison de cette foi elle-même.

Cette foi n’est pas de croire qu’aucun mal ne nous atteindra. Une telle conception est toujours décevante et conduit même à une colère contre Dieu qui empoisonne notre existence.
Ce que nous croyons est qu’en chaque situation, Dieu nous offre tout le bien que cette situation permet. Dieu est toujours pour nous, jamais contre nous. Même si nous nous détournons de Dieu, lui ne se détourne pas de nous. Maintenir fidèlement et profondément cette foi dans notre vie quotidienne nous procure une paix qui dépasse toute compréhension et qui nous soutient physiquement et moralement.

Cette confiance n’empêche évidemment pas un conducteur ivre d’écraser un de nos enfants ou un patron focalisé sur son profit immédiat de nous licencier abusivement. Elle n’empêche pas non plus le gouvernement de s’engager dans des aventures internationales impérialistes qui provoqueront en retour des réactions violentes contre nous. Mais cette question de la protection de Dieu n’est pas la plus importante aux yeux des théologiens du Process, ni d’ailleurs des théologiens chrétiens en général.
- Nous nous tournons vers Dieu pour qu’il nous guide même lorsqu’il nous conduit dans une situation dangereuse.
- Nous nous tournons vers Dieu pour qu’il nous comprenne mieux que ne peuvent le faire les autres hommes et qu’il nous manifeste aussi davantage de compassion.
- Nous nous tournons vers Dieu pour réussir à nous libérer d’habitudes et d’addictions qui brident notre créativité et nuisent aux autres.
- Nous nous tournons vers Dieu pour élargir notre horizon et accroître notre amour pour notre prochain.
Cette liste peut être développée à l’infini.
On peut aussi dépasser les questions uniquement personnelles et se tourner vers Dieu pour avoir un peu d’espérance pour l’avenir de notre humanité et celui de la Terre.

Ce n’est pas Dieu qui a fait venir sur nous les terribles dangers qui nous menacent. Je suis convaincu qu’au contraire il s’efforce - sans grand succès il est vrai - de nous détourner des pratiques qui compromettent notre avenir. Dieu peut nous délivrer de notre avidité qui recherche nos profits à court terme davantage que le bon fonctionnement de la biosphère.
Mais beaucoup de ce qui aurait pu être sauvé il y a vingt ou cinquante ans ne peut plus l’être aujourd’hui et Dieu n’y peut rien. Les théologiens du Process Whitehead et Hartshorne disent que le passé et tout ce que nous avons fait continue à vivre éternellement en Dieu.

 

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Réfléchissons un peu davantage à la question de ce que Dieu peut et ne peut pas faire en ce monde. La théologie du Process estime que la situation de chaque instant dépend de la situation qui l’a précédée et donc l’induit.
Mais ce n’est pas une règle absolue car si la vie du monde était entièrement déterminée par son passé, rien de vraiment nouveau ne pourrait jamais se produire.
Il me semble évident que j’ai une responsabilité pour ce que je fais à chaque instant et que les autres ont aussi leur part de responsabilité. Ma capacité de changer les choses est peut-être faible mais pourquoi penser qu'elle est nulle et que je suis entièrement déterminé par mon passé ?

Certes, de nombreux penseurs sont déterministes. Ils ne voient aucune autre cause à ce qui arrive que la situation qui précède. Il est vrai que dans ce cas on est totalement déterminé par le monde tel qu’il était précédemment.

Mais la Bible et la philosophie du Process affirment qu’il existe une autre cause contribuant à créer la situation actuelle et que celle ci est Dieu. La Bible ne donne pas d’argument philosophique. Le philosophe Whitehead le fait en disant que le présent ne peut pas être totalement dépendant du passé car on constate toujours le surgissement de nouvelles possibilités dont l’origine est Dieu.
Ceci signifie que toute liberté, toute nouveauté, toute prise de responsabilité mise en œuvre à chaque instant est l’œuvre de Dieu. Nous croyons que Dieu nous propose concrètement à chaque instant les possibilités les meilleures. Il ne nous force pas à les adopter et nos choix ne sont souvent pas les meilleurs. Souvent aussi la moins mauvaise possibilité est encore mauvaise. Il n’en demeure pas moins que nous avons à nous situer devant les possibilités que Dieu peut nous offrir.
Répondre positivement à la proposition qui, à un moment donné est la meilleure, ouvre aussi des possibilités meilleures au moment suivant. Par contre, nous fermer aux possibilités offertes par Dieu revient à nous laisser déterminer par le passé.

La vie est fondée sur le renouveau. Les êtres vivants se distinguent des objets inertes par leur possibilité de renouveau. C’est ainsi que nous pouvons donner un sens littéral à l’affirmation que Dieu donne la vie sous toutes ses formes. Ceci inclut évidemment la vie humaine. Nous devons à Dieu toute notre vie. Dire simplement que Dieu ne peut pas nous protéger du mal semble dénier toute importance à Dieu. Mais si nous lui devons toute notre vie, si, dans sa divine expérience, il offre à chacun de nos instants, les meilleures possibilités d’existence, alors son incapacité à nous protéger de tous les dangers ne nous détourne certainement pas de lui rendre notre culte.

Traduction Gilles Castelnau

 

 

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