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Caïphe, savais-tu que l'ordre
sans la justice
n'est que désordre ?

 

 

Caiaphas - did you know?

 

 

William Loader

 

 

12 février 2011

Jean 11:47-50

Les principaux sacrificateurs et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin, et dirent :
-  Que ferons-nous ? Car cet homme fait beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation.
L'un d'eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit :
-  Vous n'y entendez rien ; vous ne réfléchissez pas qu'il est dans votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas.

 

.

 

Caïphe, Joseph Caïphe, te rappelles-tu Jésus ? ou n’est-il plus pour toi qu’un vague souvenir parmi tous ceux que tu as fait taire pour défendre la paix ?
Te rappelles-tu Pilate ? Bien sûr tu t’en souviens. Tu as dû collaborer avec lui pendant dix ans pour protéger ton peuple de l’oppression romaine et maintenir l’ordre.
Ces demeures somptueuses que nos archéologues ont mise à jour... protégeais-tu également tes propres intérêts ? profitais-tu du business du Temple, de l’entretien de ses trésors, des revenus du tourisme ?

Tu avais bien raison d'être prudent. La situation était dangereuse. 40 ans plus tard tout a explosé et les Romains ont détruit ton lieu saint et massacré ton peuple.
T’avons-nous bien compris ? Tu voulais maintenir l’ordre ? Tu ne pouvais pas supporter les manifestations populaires. Tu craignais les soulèvements.

Et Barabbas, te le rappelles-tu ? Celui que tu as laissé s’en sortir à la place de Jésus, t’en souviens-tu ? Ou n’est-il, lui aussi, qu’un souvenir vague ?

N’as-tu jamais pensé que l’ordre sans la justice et sans la liberté n’est, en réalité, que désordre ?
Parce que tu n’as pas réfléchi à tout cela, ton peuple en a payé le prix fort. Jésus ne conduisait pas une rébellion armée. Tu le savais bien. Ce qu’il voulait n’avait rien de scandaleux et n’avait rien de nouveau. Avoir de l’espoir poserait-il un problème ? la guérison ? et s’intéresser aux attentes du peuple ?

Jésus parlait en public d’un changement. Il s’élevait contre la corruption qui régnait dans votre Temple. Et vous disiez que vous honoriez Jérémie et tous les prophètes. Rappelez-vous comme ils étaient provocants et la manière dont vos prédécesseurs les ont traités.
Quel est votre problème, à vous les responsables politiques ? Votre affinité avec le monde des puissants vous aveugle et vous empêche de voir les chemins de la vraie paix ? Votre attachement à l’ordre et au respect de la loi produit toujours des dommages collatéraux. Les juntes militaires n’ont-elles pas toujours assassiné les dissidents ?

Caïphe, es-tu conscient de l’énormité de la haine que tu as soulevée ?

Caïphe, sais-tu que certains des disciples de Jésus, non seulement te haïssent mais haïssent ton peuple les Juifs. Sais-tu qu’ils ont retourné l’enseignement de leur Maître contre les Juifs et que cet antisémitisme a fait naître l’horreur des chambres à gaz ?

Caïphe nous ne te connaissons pas. Mais nous savons comment tuer l’amour pour éviter les conflits quand tout changement nous effraye.

Caïphe nous ignorons ce que tu as réellement pensé de Jésus. Mais nous savons comment le rendre inoffensif et le faire ressembler à quelqu’un qui ne s’intéresse qu’à être adoré.

Caïphe nous ne connaissons pas ton peuple. Mais nous savons comment nous détourner des pauvres et de ceux qui ont faim afin de nous intéresser à nos seuls intérêts.

Caïphe nous ignorons ce que tu as vu dans ses yeux. Mais nous savons que son regard est clair, plein de compassion et de défi.

Caïphe tu as déchiré tes vêtements et tu l’as envoyé à Pilate en l’accusant de subversion.
Et nous participons à sa subversion, à la conversion à laquelle il appelle et avant que le coq chante, nous marcherons sur le chemin de paix.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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