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Que peut-on croire aujourd'hui ?

 

 

 

Être paisible devant la mort ?

 

 

 

Gilles Castelnau


sermon

 

30 octobre 2009

Voici trois textes qui, effectivement, rayonnent de paix

Psaume 23
L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice,
A cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi:
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table,
En face de mes adversaires;
Tu oins d'huile ma tête,
Et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
Tous les jours de ma vie,
Et j'habiterai dans la maison de Éternel
Jusqu'à la fin de mes jours.

Épître de Paul aux Romains, 8.33
Qui accusera les élus de Dieu ? C'est Dieu qui justifie!
Qui les condamnera ? Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous !
Qui nous séparera de l'amour du Christ ? La souffrance le peut-elle ou bien l’angoisse, la persécution, la faim, la pauvreté, le péril, la mort ? selon qu'il est écrit :
« à cause de toi on nous met à mort tout le jour, on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. »
Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.
Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.

Évangile selon Matthieu, 10. 29 
(Jésus dit :) Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans votre Père.
Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de moineaux.

 

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Affronter la mort dans la paix

Le petit texte de Matthieu sur les oiseaux est parfois dévoyé lorsque les traducteurs croient devoir préciser : iIl n'en tombe pas un à terre sans la volonté votre Père.
ou
sans que votre Père le permette.
Comme si Dieu avait voulu ou avait permis que les oiseaux (et les hommes) tombent.
Mais Jésus n’a pas dit cela. Il a simplement dit : Sans votre Père.
Je comprends que cela signifie sans la présence de votre Père.
On dit bien : je suis allé au cinéma sans mon père ou j'y suis allé avec mon père.
Jésus parle d’une présence de Dieu auprès des oiseaux et à plus forte raison auprès de nous.

C’est bien ce que dit le psaume :

Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi.

Il y a beaucoup de vallées obscures dans nos vies, de diverses sortes. La vallée de la mort elle-même aussi bien sûr. C’est en pensant à cette présence apaisante de Dieu que nous chantons ce cantique :

Prends ma main dans la tienne
et qu’en tous lieux
ta droite me soutienne
Seigneur mon Dieu

Cette image est effectivement apaisante :

Il nous conduit près des eaux paisibles, dans de verts pâturages

Ce n’est, certes pas pour nous préserver des souffrances, des angoisses, des malheurs, du chômage, des délocalisations, des problèmes conjugaux ou d’éducation de nos enfants. Ni pour nous préserver des maladies, du Sida, de la grippe A1N1, des deuils, de la mort.
Mais, dit le psalmiste : il restaure mon âme.

Serons-nous sensibles à la douceur de cette parole,  au sourire entraînant que je devine sur l’invisible visage de Dieu ?
                  
Maître Eckhart disait que Dieu est comme un oiseau qui viendrait nicher en nos âmes. Il les restaure, il les fortifie.

Et une force n’est pas une drogue anesthésiante,  un haschich affaiblissant.
C’est une présence forte qui nous fait tenir droit, qui nous permet de tenir, de garder la tête haute.

Paul disait encore :

A celui qui peut, par la puissance qui agit en nous, faire infiniment au-delà de ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire de génération en génération. » (Éphésiens 3.20).


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Ces textes nous détournent de nous cantonner dans des conjectures abstraites sur une existence après la mort. Ils ne cherchent pas non plus à nous consoler par la promesse de retrouver dans l’au-delà les êtres chers que nous avons perdus ou que nous retrouverons nous-mêmes une vie victorieuse de la mort.

Ils disent que notre vie actuelle et dès maintenant marquée par la présence du Dieu de vie. L’au-delà est, au fond, déjà présent en nous dès cette vie-ci.
C’est notre vie actuelle qui reçoit comporte une présence transcendante : nous avons de quoi affronter la mort, la souffrance, les problèmes.
Comme disait Paul :

La mort, la vie, les puissances, les choses présentes, les choses à venir, la hauteur, la profondeur,
ne pourront nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.


Dieu nous accompagne dans notre vie quotidienne, nos luttes de chaque jour, pouvoir de la vie résistant à la mort.

Si vous vous croyez faibles, aujourd’hui,
rappelez-vous que Dieu vous a toujours donné la force du lendemain.

Si vous vous sentez angoissés, aujourd’hui
rappelez-vous que Dieu vous a toujours donné la paix du lendemain.

Si vous êtes dans l’épreuve aujourd’hui,
rappelez-vous que Dieu vous a toujours gardés dans l’épreuve.

Et si la route vous est cachée aujourd’hui,
rappelez-vous que Dieu vous a toujours tracé à temps la route du lendemain. 

Dieu nous rend capables de dire oui courageusement à la vie et non à tout ce qui est désespoir, accablement, laisser-aller.

 

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Ouvrir notre cœur à Dieu


Jésus racontait
(Matthieu 13) la parabole du semeur dont les graines ne tombaient pas forcément dans un bon terrain : Certaines âmes sont tellement envahies d’épines et de mauvaises herbes qu’elles ne laissent pas pousser les graines de vie. Certains cœurs sont tellement secs et racornis que les graines ne peuvent même pas y pénétrer (les oiseaux vinrent et les dévorèrent)

La présence de Dieu nécessite un peu d’ouverture. Une attitude d’accueil.
Je parlais du sourire de Dieu, maintenant je parle de notre sourire à Dieu.

Dieu est en nous, et il est plus que nous mais il n’est pas sans nous

Ésaïe rapporte l'interpellation de Dieu :

Je suis venu, pourquoi n’y avait-il personne
J’ai appelé, pourquoi personne n’a-t-il répondu ? » (Es 50.2)

Elle est à notre portée, cette vie d’enfants de Dieu. Fragile certes mais bien réelle. Encore nous faut-il lui ouvrir nos cœurs !
Cette vie divine se remarque dans notre entourage, chez certains de nos prochains, à une certaine qualité du regard, à une force intérieure, un courage moral : ne pas se laisser aller à dire n’importe quoi, à faire n’importe quoi à croire n’importe quoi, comme ceux qui n’ont pas de Dieu.


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Apprendre à vivre

Si nous apprenons à vivre bien la vie que Dieu nous donne, nous saurons mourir. Mais comment saurons-nous mourir si nous n’avons jamais su vivre ?
Si on vit pour le whisky, pour des SICAV, pour boursicoter, pour faire carrière ou faire fonctionner une entreprise, pour un mari ou pour une épouse ou pour des enfants, la mort nous trouvera en état d’impréparation, d’immaturité, d’irresponsabilité.
Tant que je l’on se prend pour un universitaire, un homme d’affaires, une femme importante, un syndicaliste, un responsable de ceci ou de cela, tant que l’on pense que notre profession ou notre statut social désigne notre identité et qu’un bulletin de salaire indique notre valeur propre, on n’existe pas encore, on passe à côté de soi-même : comment saura-t-on mourir ?

 

 

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Dieu n’élimine pas la souffrance et la mort

 

La souffrance demeure. Nous le savons tous. L’évangile n’est pas anesthésiant. Jésus l’a bien su, sur la croix.

C'est cette familiarité de la souffrance que médite le père Boris Bobrinskoy, prêtre orthodoxe, professeur à l'Institut Saint-Serge de Paris, lorsqu'il parle de la descente du Christ « aux enfers », descente qui symbolise sa présence au fond de nos souffrances :
Il en donne comme exemple, le saint starets Silouane du mont Athos, qui traversait une période de souffrance morale, de vide spirituel.
Le Christ lui a dit :  ton esprit est pour le moment en enfer. Accepte cela et ne désespère pas.
La promesse n’est pas que la puissance de Dieu va nous libérer de nos « enfers » d’aujourd’hui mais que nous pourrons y accueillir sa présence de Vie.
Le plus grand témoignage de foi que nous puissions donner au monde - qui connaît, comme nous, cet enfer quotidien - c'est de faire preuve du courage de porter notre croix comme Jésus l’a fait, de nous montrer solidaires de nos frères et soeurs souffrants, qui portent eux aussi leur croix et de découvrir dans cet enfer l’esprit, la présence du victorieux de Pâques.


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Et si vous ne croyez pas trop en Dieu


Si vous ne pouvez pas trop croire en Dieu, cela n’a pas tellement d’importance. Dieu ne demande pas qu’on lui proclame des confessions de foi, qu’on le flatte en lui répétant qu’il est le plus grand, qu’on le supplie d’avoir pitié.
Dieu n’est pas un maharadja couvert de gloire et de puissance qui exige des génuflexions et des prières. Si c’était le cas, Jésus l’aurait dit.
Dieu est la Source de la vie dans laquelle nous puisons l’eau de notre existence. Il est le terreau vivifiant dans lequel nous sommes enracinés. Il est le médecin qui guérit nos âmes. Et nos médecins ne demandent pas avant tout nos remerciements et nos louanges, ils veulent surtout que nous bénéficions de leurs prescriptions et sont heureux de nous voir retrouver la santé.
Si, avec notre tête, nous ne pouvons pas expliquer Dieu et si nous tournons en rond en supputant  la probabilité de son existence, ouvrons alors notre cœur et puisons au plus profond de vous-même l’élan vital, la force, le courage de relever votre menton et de tenir le coup à travers les malheurs de l’existence que nous connaissons bien.

 

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Que dire de l’au-delà ?


Dire avant tout que si nous ne pouvons pas y croire, cela n’a pas grande importance, car Jésus n’est pas venu pour nous décrire le fonctionnement de l’au-delà mais pour nous annoncer le dynamisme créateur du Dieu de vie qui monte en nous.
Ce n’est pas la croyance en un au-delà qui nous donne la force d’affronter la vie, ses problèmes et la mort, c’est la présence de Dieu.

Mais si nous voulons bien y croire, disons par exemple :
A la mort on passe au-delà du voile, on retourne à la Source de la vie.
On entre chez Celui qui, jusqu’ici, demeurait chez nous, en nous.
Le grand fleuve d’amour et de dynamisme créateur qui nous a toujours animé, renouvelé, relancé, nous enveloppera alors pleinement.
Celui auquel on a cru, en qui on a mis foi et fidélité, on le reconnaîtra dans l’émerveillement de la contemplation face-à-Face.
On baignera dans la Présence créatrice, dans la Source de la vie de Celui en qui nous nous confions pour le moment sans le voir.

C’est en lui que nous avons à puiser l’élan de vie, de force, de courage, de paix intérieure, d’amour fraternel que nous pouvons manifester dans l’attitude ouverte, positive qui caractérise les enfants de Dieu, comme Jésus nous l’a fait voir.

Esprit qui est en nous, qui est plus que nous et… qui n’est pas sans nous.

Esprit qui nous fait rencontrer la mort dans un esprit en paix.

 


........

 

Prières

 

La mort, c’est comme un voilier qui part dans la lumière du matin
Nous sommes debout au bord de la plage, un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.
Nous le regardons jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
Quelqu'un dit : « il est parti ».   
Parti ?  Vers où ?  Parti de notre regard, c'est tout...
Son mât est toujours aussi haut, sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de notre vue est en nous, pas en lui.
Et juste au moment où quelqu'un dit : « il est parti », il en est d'autres,
Qui le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux, s'exclament avec joie : « le voilà ! »

William Blake

 

Ce qui se passera de l'autre côté quand tout pour moi aura basculé dans l'éternité, je ne le sais pas :
Je crois, je crois seulement qu’un amour m’attend.
Je sais pourtant qu’alors il me faudra faire pauvre et sans poids, le bilan de moi.
Mais ne pensez pas que je désespère :  Je crois, je crois tellement qu’un amour m’attend.
Ne me parlez pas des gloires et des louanges des bienheureux et ne me dites rien non plus des anges...
tout ce que je peux : c’est croire obstinément qu’un amour m’attend.
Et quand mon heure sera proche, que dire ? Oh ! mais sourire...
Ce que j’ai cru, je le croirai plus fort au pas de la mort ;
c’est vers un amour que je marche en m’en allant, c’est dans un amour que je descends doucement.
Si je meurs, ne pleurez  pas ; c’est un amour qui me prend.
Il va m’ouvrir tout entier à sa joie, à sa lumière.
Si j’ai peur, et pourquoi pas ? rappelez-moi simplement qu’un amour, un amour m’attend.

Mère Aline Aimée

 

 

 

Quand je dormirai du sommeil qu'on nomme la mort, c'est dans ton sein que j'aurai mon repos.
Tes bras me tiendront comme ceux des mères tiennent les enfants endormis.
Et Tu veilleras.
Sur ceux que j'aime et que j'aurai laissés, sur ceux qui me chercheront et ne me trouveront plus, sur les champs que j'ai labourés,
Tu veilleras.
Ta bonne main réparera mes fautes.
Tu feras neiger des flocons tout blancs sur les empreintes de mes pas égarés, tu mettras ta paix sur les jours évanouis passés dans l'angoisse ; tu purifieras ce qui est impur.
Et de ce j'aurai été moi, pauvre appa­rence, ignorée de moi‑même et réelle en Toi seul, tu feras tout ce que Tu voudras.
Ta volonté est mon espérance, mon lendemain, mon au‑delà, mon repos et ma sécurité.
Car elle est vaste comme les cieux et profonde comme les mers.
L es soleils n'en sont qu'un pâle reflet et les plus hautes pensées des hommes n'en sont qu'une lointaine image.
En Toi je me confie et je remets tout.

Pasteur Charles Wagner

 

 

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