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Qu’est-ce que la foi ?

 


What is faith?


 

Marcus Borg

professeur de théologie à l'université de l'État d'Oregon, États-Unis

 


1er août 2009

On peut donner quatre définitions de la foi chrétienne.

 

1

 

La première est sans aucun doute un détournement du mot, même si elle la définition la plus populaire. C’est définir la foi comme croyance : croire les dogmes traditionnels, croire que Dieu existe, croire que Jésus est divin, croire que Jésus est mort pour nos péchés, croire que d’autres affirmations encore sont vraies.
C’est là un détournement du mot foi.

Autrefois, avant le siècle des Lumières (18e siècle), au Moyen-Age et lors de la Réformation du 16e siècle, tout le monde croyait que la Bible venait de Dieu, que les récits de la création dans la Genèse étaient vrais, que Jésus marchait sur l’eau etc. Il n’y avait pas besoin de foi pour croire tout cela, les gens le tenaient pour acquis.

C’est seulement lorsqu’on a commencé à mettre tout ceci en doute que la foi a brusquement pris le sens de croire des choses incroyables. L’évêque Robinson disait il y a déjà 35 ans, dans son livre Dieu sans Dieu, que la foi amène à croire 49 choses impossibles avant le petit déjeuner.
Il ne faut pas récuser complètement ce type de foi car il a incontestablement servi à conserver le christianisme lorsqu’il était victime des violentes attaques des temps scientifiques.

Néanmoins je pense que la foi qui fait croire des choses, mêmes excellentes, est toujours un détournement du mot et même une vertu nocive. On peut croire toutes les choses les plus justes du christianime et n’en être pas moins une nullité. On peut croire tout ce quil est affirmé et être un pauvre misérable. La foi qui fait croire des choses avec notre tête est réellement destructrice.

Ce premier sens du mot foi a comme contraire le mot doute ou incrédulité. Quand j’étais jeune, mes doutes avaient tendance à virer au refus de croire et naturellement j’en étais culpabilisé car je croyais que justement ce que Dieu me demandait était de croire.

 

 

2

 

Le second mot qui désigne la foi est le mot latin fiducia. Je le mentionne car d’une part il est éclairant et d’autre part cela montre son ancienneté. Fiducia a donné fiduciaire qui désigne des valeurs fictives fondées sur la confiance accordée à qui les émet. La foi est une confiance radicale accordée à Dieu, qui n’empêche pas une grande incertitude en ce qui concerne les dogmes, les croyances etc.

Le contraire de la foi-confiance n’est pas le doute mais l’anxiété. On peut mesurer la quantité de foi-confiance que l’on a en mesurant sa quantité d’anxiété. Ceci ne doit pas accroître nos sentiments de culpabilité mais nous faire prendre conscience de ce que la foi parfaite chasse l’anxiété. Il est bon de se libérer de l’anxiété !

 

 

3

 

Le troisième mot qui désigne la foi est aussi un mot latin fidelitos. Il a donné fidélité. La foi est une relation fidèle. Une relation fidèle avec Dieu. Rien non plus à faire avec ce que l’on croit dans sa tête.

Et le contraire de foi-fidélité n’est pas non plus le doute mais l’infidélité. Quand les prophètes s’élèvent contre l’adultère du peuple, ils ne parlent pas de sa conduite sexuelle. Ils emploient une métaphore pour parler d’infidélité à l’égard de Dieu et un autre mot désigne cette absence de foi-fidélité, idolâtrie qui signifie être fidèle à d’autres qu’à Dieu.

 

 

4

 

Le quatrième sens de la foi - il n’y a pas de mot latin - est la capacité de voir les choses. Voir le monde dans lequel « nous avons la vie, le mouvement, et l'être » (Actes 17.28).

Le théologien américain Richard Niebuhr disait qu’il y a trois manières différentes de voir les choses.

La première manière est de voir le monde comme un ensemble de forces hostiles et menaçantes contre lesquelles il faut essayer de se prémunir. Naturellement c’est une attitude paranoïaque. Il en existe des formes atténuées dans le christianisme populaire. Notamment de considérer Dieu comme menaçant à notre égard si nous ne lui offrons pas le sacrifice qui convient, si nous n’avons pas les croyances qu’il exige ou pour d’autres raisons.

La deuxième manière est de concevoir le monde comme indifférent à l’égard de l’humanité et à l’égard de nous individuellement. Le monde serait un ensemble d’atomes sans pensée particulière, dont l’absence de signification serait en soi inquiétante. La réaction naturelle est alors d’essayer d’élaborer un système qui donnerait du sens au monde et à notre existence. On est également focalisé sur nous même.

La troisième manière est de concevoir le monde comme positif à notre égard, vivifiant, promouvant la vie qu’il nous permet d’avoir et de développer. Ce n’est pas être Pollyannah-et-le-jeu-du-contentement. C’est plutôt être conscient du fait que les fleurs se fanent, que l’herbe sèche, que nous devons tous mourir mais que nous pouvons néanmoins voir le monde comme positif à notre égard, nous procurant la vie, le mouvement, et l'être et donc saisir la vie qu’il nous donne avec confiance et reconnaissance. C’est bien de la foi-confiance qu’il s’agit.

La foi est donc de suivre le chemin d’Abraham et de regarder le monde avec confiance et dans la fidélité à laquelle nous sommes appelés. Chemin de Dieu, chemin d’amour et de bonheur.

 

 

Traduction Gilles Castelnau


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