Marcus Borg
professeur de théologie à l'université de l'État d'Oregon, États-Unis
29 juillet 2009
Les fondamentalistes prennent la Bible à la lettre, pensent qu’elle est la Parole de Dieu directement inspirée et qu’elle dit la vérité absolue. Si leurs certitudes n’entravent pas leur développement spirituel, ne leur pose pas de problèmes insurmontables et s’ils n’utilisent pas ces convictions pour juger leurs contemporains et leur tourner le dos, il n’y a pas de raisons de s’efforcer de les faire changer d’avis.
L’Esprit saint peut agir dans le fondamentalisme et s’il conduit à une vie de plus en plus marquée par la présence divine et la compassion pour les hommes il n’y a pas de problème.
Mais évidemment, la plupart du temps l’attitude fondamentaliste introduit dans la société un clivage entre les « sauvés » et les « pas sauvés ».
Aux non fondamentalistes et aux fondamentalistes qui n’osent pas cesser de l’être par crainte de voir leur foi s’effondrer, je voudrais dire qu’on ne peut pas savoir - au sens de démontrer scientifiquement - si une religion est plus vraie qu’une autre.
Mais on peut le savoir - au sens d’une conviction intérieure - indépendamment de toute démonstration. Un savoir mystique, pourrait-on dire.
Dans toutes les cultures des gens disent avoir eu une connaissance directe de Dieu (ou du monde sacré).
Cette manière de « savoir », de « connaître » est donc tout à fait possible et pour moi personnellement cette connaissance mystique est la meilleure preuve de l’existence de Dieu (ou du monde sacré).