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Faire la queue à Noël

 

The Christmas Queue  

 

William Loader

 

5 mars 2009

C’était une longue queue qui allait jusqu’à une tente-abri. On n’apercevait l’enfant que lorsqu’on était arrivé. Jusque là on ne voyait que la foule qui faisait la queue et les animaux : des moutons qui attendaient tranquillement, sentant bien qu’il y n’avait pas de danger ; des chèvres qui ne pouvaient pas s’empêcher de brouter des touffes d’herbe.
La queue avançait lentement mais les gens patientaient.

La vieille Mme Chrichton était là comme chaque année, boitillant avec sa canne. Elle parle à qui veut l’entendre de ce qu’il lui avait dit près du puits où elle venait chercher de l’eau, qu’il l’avait traitée avec respect, comme si son origine et sa culture n’avaient pas d’importance et qu’il lui avait proposé une eau véritable pour étancher sa soif intérieure.

Zach était là aussi, avec son attaché-case. Il ne grimpe plus aux arbres mais il voit toujours le monde de haut et de loin : il voit Gaza, il voit l’Afrique : « vous vous rendez compte qu’en Afrique, avec 10 $, on achète autant de choses qu’avec 100 $ ici et même peut-être 1000 $ ? ». Zach a le cœur ouvert au monde entier et surtout aux pauvres depuis que le salut est entré dans sa maison.

Son ami, le jeune homme riche, ne pense pas comme lui. Il continue à désirer surtout « la vie éternelle » et demeure triste. Il est toujours aussi juste mais il ne fait guère de bien autour de lui. Il est devenu propriétaire de tous les terrains alentour et c’est lui qui loue la tente-abri où se trouve l’enfant. Il pense décider l’an prochain l’entrée gratuite. Il comble son vide intérieur par beaucoup d’argent. Il développe ses entreprises en plusieurs pays, il s’enrichit considérablement mais appauvrit tous ceux qui travaillent pour lui.
Il ne comprend pas Zach qui trouve toujours de nouvelles possibilité et enrichit ses contemporains comme lui-même.

Elle est là aussi, celle qu’on voulait lapider. Et celle qui avait apporté un parfum de grand prix.  Elles se soutiennent mutuellement car elles sentent bien qu’on les regarde un peu de travers. Elles savent qu’il les aime bien mais elles sont aussi conscientes que ce n’est pas le cas de tous ses disciples. Elles s’attachent plutôt à ceux qui sont, comme elles, un peu à part, à cause de leur origine, de leur culture, de leur orientation sexuelle.

Pilate n’est pas dans la queue. Il parle à un journaliste de la TV des dommage collatéraux, et de l’importance des mesures de sécurité. Il reconnaît que parfois des innocents peuvent être exécutés mais que c’est le prix à payer pour maintenir un système qui a apporté la paix et la stabilité au Moyen-Orient, ce qui n’est pas si facile. Un enfant n’est, après tout, qu’un enfant.

Pierre paraît très embarrassé. Il a son beau costume et sa grande crosse de berger en or et il ressemble à une peinture du Moyen-Age. Il est toujours démangé par l’envie d’aller pêcher, mais il tient à rester ici. Le chant du coq le motive et il ne peut oublier les yeux de celui qui parlait de vérité et de réconciliation. Il tient à la communion de ceux qui croient à la vie et l’espérance.

Les enfants sont là avec leurs parents. Ils courent à droite et à gauche, ils jouent et bavardent en attendant la fin de la queue. Ils ne se souviennent pas, pour la plupart, du jour où il les accueillait, les prenait dans ses bras et les bénissait en refusant de dire que les enfants n’avaient pas d’importance. Les uns ont été élevés dans le bonheur, d’autres dans la peine, certains ont vécu des abus. Tous auront leur place dans la tente.

Jean Baptiste est là aussi. Comme d’habitude il prêche : « Arrêtez de haïr les Juifs pour l’amour de Jésus ! Arrêtez de changer la bonne nouvelle en promesse de richesse pour les nantis ! Arrêtez de confondre l’ecstasy avec l’amour ! Arrêtez de dire que l’évangile donne la réussite matérielle en ce monde et le paradis dans l’au-delà ! Arrêtez de vivre au dépens de votre prochain ! Arrêtez de dire que vous pouvez gaspiller sans inconvénient les ressources du monde ! Arrêtez vos guerres, votre avidité, votre racisme, votre habitude de vous grandir au dépens des autres.

Une petite fille me prend par la main lorsque j’approche de la tente : « Soyez tranquille, me dit-elle et fermez les yeux »
Je ferme les yeux et devant moi se dresse une grande montagne sur laquelle sont rassemblés les foules de toutes les nations, de tous les peuples. Au sommet de la montagne je vois une grande table à laquelle tout le monde a sa place. Un enfant la préside. Et c’est une main adulte qui se tend et qui nous offre du pain et du vin. Et j’entends une voix qui dit : « Voulez-vous l’amour qui change le monde ? ».

Sans dire un mot, je tends la main, je prends le pain, je reçois le vin et je comprends alors qu’une lumière brille pour moi, qu’il y a vie et espérance pour moi et pour le monde.

La petite fille me conduit plus loin et me chuchote à l’oreille : « Ouvre maintenant les yeux ». Et quand je regarde, la foule a disparu. Je suis maintenant dans un jardin. Elle me dit : « C’est ton jardin. Occupe t’en. Cultive les fleurs. Fais pousser les arbres. Installe des nichoirs pour les oiseaux. Arrange des endroits tranquilles pour se reposer. Prépare une place pour chacun. »

J’ai fait la queue et je la ferai encore, car je sais maintenant qu’il y a espérance et paix pour tout le monde. Je vais apprendre à aimer le jardin et à le cultiver pour le monde entier comme pour moi-même.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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