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Le « péché originel »

 

What Can Progressive Christians Say About "Sin" and "Original Sin"?

 

James R. Adams

 

11 juin 2008
Certains de nos contradicteurs
nous accusent de tant chercher à inclure tout le monde que nous en arrivons à abandonner l'idée de péché. Mais non !

Dans l'hébreu de l'Ancien Testament et dans le grec du Nouveau Testament, le mot que l'on traduit par « péché » vient du langage de la chasse : L'hébreu « chatah » et le grec « amartia » signifiaient à l'origine que le chasseur n'avait pas atteint son but. La flèche avait raté la cible.

Depuis toujours, les hommes ont remarqué que leurs actes rataient parfois leur cible. Leur attitude est fréquemment fautive, irréfléchie, irresponsable, avec comme conséquence des relations sociales dégradées et naturellement perte d'estime en soi. Saint Paul disait : « le salaire du péché c'est la mort » Romains 6.23

Les anciens butaient sur la constatation que les humains semblaient avoir un élan inné d'auto-préservation et qu'ils manifestaient néanmoins une tendance naturelle à l'auto-destruction et à la désorganisation de la vie sociale.

Les premiers chrétiens appelèrent cette situation « le péché originel » et cherchèrent à expliquer ce qui était inexplicable. Dans l'Ancien Testament hébreu on parlait d'élaborer de bonnes ou de mauvaises pensées dans son coeur :

« Les pensées du coeur de l'homme sont mauvaises dès sa jeunesse » Genèse 8.21

« Éternel, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël nos Pères, garde pour toujours dans le coeur de ton peuple ces dispositions de pensée et affermis son coeur en toi » I Chroniques 29.18.

Les choses ne se passent pas autrement aujourd'hui, même avec l'aide de la psychologie moderne. Nous vivons toujours dans cette contradiction entre notre désir d'auto-préservation et notre élan incontrôlé d'auto-destruction, entre notre altruisme naturel et notre manque d'intérêt pour nos contemporains.

Malheureusement les chrétiens du 4e siècle ont avancé une explication qui a eu de tragiques conséquences. Saint Augustin affirma que cette tendance au péché se transmettait de génération en génération par l'acte sexuel. Le sexe est péché et tout le monde est donc né dans le péché et ne peut faire le bien que par la grâce de Dieu transmise par le baptême.

Cette conception prévalut malgré les protestations d'un théologien du Pays de Galles, Pélage. Les conséquences en furent, en Occident, une terrible focalisation sur le sexe et un scandaleux dénigrement des femmes.

Ce qui est plus grave est que la conception augustinienne du péché originel minimise la responsabilité personnelle. Comme vient de l'écrire un de ses biographes, accepter cette doctrine du péché vous fait dériver dans « une piété indolente ».

Au lieu de la conception traditionnelle du péché originel, il est beaucoup plus sain de suivre les idées de Pélage et de reconnaître que nous n'avons pas d'explication satisfaisante de notre tendance au mal mais que nous sommes responsables de nos choix.

Pélage a été traité d'hérétique mais nous pouvons peut-être le considérer comme le premier chrétien libéral.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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