Spiritualité
Le légalisme
donne une fausse idée de la Bible
Why
legalism misrepresents the Bible
Giles Fraser
Prêtre anglican à
Putney, Angleterre.
Enseignant en philosophie à Oxford.
Rédacteur au quotidien « The
Guardian »
6 février 2007
Les relations du christianisme avec
le concept de loi est complexe et
sujet de polémiques. Paul opposait la grâce et la loi et
Jésus avait critiqué les docteurs de la loi en
disant : « ils
filtrent les moucherons et avalent les chameaux »
Matthieu 23.24.
Ce n'est pas que la loi soit sans importance
mais il est dangereux (et étrange) de se focaliser sur des
détails sans portée tout en négligeant les
fondements que sont la justice, la compassion et la
fidélité, car cela fausse la compréhension que
l'on a de Dieu.
La conception légaliste s'est
avérée profondément nuisible dans l'élaboration de la théologie
chrétienne et notamment dans l'étude de la Bible. Elle
a déformé le message du Livre dans lequel un Dieu
d'amour inspire les humains et les guide vers plus d'amour mutuel et
une plus grande compréhension du divin.
Quand quelqu'un a eu la mauvaise idée
de placer dans le texte biblique des numéros de chapitres et
de versets, les légistes ont commencé à se dire
que le livre leur appartenait et ils en ont fait un code de
règlements. La Bible s'est mise, pour eux, à ressembler
au texte d'un contrat : « il est écrit dans tel
chapitre et dans tel paragraphe... »
C'est aussi alors que des chrétiens
ont commencé à refuser l'idée qu'on peut lire la
Bible de différentes façons et même qu'elle peut
contenir des contradictions et des passages poétiques, car de
telles idées contredisaient naturellement la conception d'un
document légal.
On a maintenant franchi une nouvelle
étape du légalisme chrétien. Des juristes évangéliques
conservateurs prétendent nous donner l'interprétation
officielle des Écritures et vont même jusqu'aux
tribunaux. Ils sont le dernier carré de résistance
à la législation antidiscrimination actuellement en
cours de vote au Parlement. Comme bien d'autres je voudrais
crier : « pas en mon
nom ! »
« Tous les chrétiens
croient, doivent croire... » : c'est ainsi que le juriste Mark Mullins a
commencé une intervention sur les relations homosexuelles un
des récents dimanches sur la BBC. J'ai été en
désaccord avec chaque chose qu'il a ensuite affirmée.
Il est vrai que pour M. Mullins et ceux qui pensent comme lui, je ne
suis tout simplement pas chrétien. Seuls ont droit à ce
titre ceux qui disent comme eux et utilisent la Bible comme un
recueil de textes de lois, ce qui me semble peu sympathique.
En tant que prêtre de
paroisse, je ne vois rien dans notre
pays de plus efficace pour détruire la foi que cette
prétendue défense des valeurs chrétiennes
poursuivie par ces chrétiens légalistes. Leur intention
est peut-être entièrement honorable mais ils devraient
se rendre compte de l'impression désastreuse qu'ils
provoquent.
Traduction Gilles
Castelnau
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