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Spiritualité

Dieu et la nature

 

2

Dieu, la souffrance

et le salut de la nature et des animaux

 

 
Gilles Castelnau

 


Psaume 148

 Louez l'Éternel !
Monstres marins, et vous les abîmes
Animaux et tout le bétail,
Reptiles et oiseaux,
Rois de la terre et tous les peuples,
Princes et tous les juges de la terre,
Jeunes gens et jeunes filles,
Vieillards et enfants
Car il renouvelle les forces de son peuple,
Sujet de louange pour tous...

 

Colossiens 1. 15-17 

Le Fils est l'image du Dieu invisible
Il est le Fils premier-né au-dessus de toutes les choses créées.
En lui tout a été créé.
dans les cieux et sur la terre,
les êtres visibles et les invisibles,
les forces et les esprits qui ont autorité et pouvoir.
Tout a été créé par lui et pour lui.
Il est, lui, par devant tout 
Tout ce qui existe ne tient que par lui
 

 

La souffrance du monde est universelle

 


Les garçons et les filles, l
es vieillards (nous dirions plutôt « les seniors ») et les enfants comme les monstres marins et les animaux ont besoin de cette « force que Dieu renouvelle » car le combat pour la vie nous trouve faibles et vulnérables et nous avons besoin de ce courage, de ce dynamisme que Dieu fait monter en nous et que le psalmiste nous promet. En effet, la souffrance est universelle.

Les hommes souffrent : maladies de toutes sortes (cancers, sida), guerres (l'Irak crucifié), famines (Darfour, partout), pauvreté sans avenir des Africains qui se jette dans leurs pirogues sur l'Atlantique pour tenter d'arriver jusqu'en Espagne et en Europe, monde musulman sans espoir, horrifié par des motifs peu importants, conflits professionnels, conjugaux...

Les animaux souffrent aussi dans leur mutisme. Les lions dévorent les antilopes, la vie se nourrit de la mort avec une grande cruauté. Il est affreux d'entendre le cri d'une souris que torture un chat.

Les hommes se font souffrir mutuellement. Ils font aussi souffrir les bêtes.

 

Des chevaux sont morts dans les wagons qui les amenaient de Pologne, j'ai vu des poussins asphyxiés dans la chaleur de plomb d'un été dans la gare de Florence et personne ne leur donnait d'eau car c'était dimanche !

Un rapport d'un élevage industriel de porcs dit :

Pour les porcelets, après castration, coupe des dents, coupe de la queue, identification par bouclage ou tatouage - l'ensemble sans anesthésie - et sevrage de plus en plus précoce, l'objectif est un GMQ (Gain - de poids - Moyen Quotidien) maximum pour une longévité minimum. Un porc atteint le poids requis (105 kg) après 5,7 mois de vie, en ayant passé ce laps de temps dans une case sombre, n'offrant aucune possibilité d'activité hormis celle de manger, de dormir ou de se battre avec ses congénères. (Les animaux d'élevage ont-ils droit au bien-être ? F. Burgat, INRA éd. mai 2001, p. 43)

Et les employés partagent évidemment le stress des bêtes qu'ils élèvent ainsi.

 

D'après le ministère de l'Agriculture le nombre d'animaux tués chaque année en France s'élève à plus de 2 milliards, si l'on comptabilise les chiffres de la boucherie, la chasse, la fourrure, l'expérimentation, sans parler de la pêche dont les produits sont calculés en centaines de milliers de tonnes.

On parle peu de la pêche à la ligne car poissons ne crient pas

 Nous contribuons certainement exagérément à la souffrance du monde

 

Pourtant plus que tout autre religion, le christianisme est sensible à la souffrance :

 

Albert Schweitzer raconte comment, à Lambaréné il vit un pélican blessé par le tir d'un chasseur maladroit. Il paya un homme pour qu'il pêche chaque jour deux poissons afin de nourrir le pauvre pélican jusqu'à sa guérison. Il ajouta pourtant en lui-même :

pauvres poissons !

 

Ne sommes-nous pas jaloux que l'Institut National de Recherche Agronomique ait entrepris avant les Églises une recherche sur l'univers émotionnel des bêtes, la conscience qu'ils ont du monde ?

 

Le juste a le souci du bien-être de ses bêtes
mais la cruauté est respirée par le méchant »
Proverbes 12.10

 

Lorsque Caïn eut assassiné son frère Abel, Dieu lui dit : «

le cri du sang de ton frère crie du sol jusqu'à moi. Genèse 4.10

Le sang des bêtes crie aussi jusqu'au ciel !

 

La croix du Christ

 

La croix de Jésus Christ, plantée en notre monde est symbole de souffrance et de mort, du dynamisme créateur de la Eésurrection, de courage et de force. Elle est aussi le signe du regard que Dieu jettre sur le monde et s'y implique.

 

Le pasteur Andrew Linzey, professeur à la faculté de théologie d'Oxford dit qu'elle concerne aussi la souffrance des animaux :

La croix du Christ est symbole de toutes les souffrances des hommes.
Elle révèle que Dieu s'identifie aux créatures vulnérables, faibles, sans pouvoir et particulièrement à tous les êtres innocents sans protection et sans défense.
Nous qui avons ainsi compris notre solidarité avec tous les crucifiés et l'horreur de leur sort, nous comprenons aussi notre solidarité avec les animaux innocents et l'horreur de leur sort.
La croix est symbole des souffrances des animaux comme des  hommes.

 

La Conférence mondiale des évêques anglicans a déclaré lors de sa dernière réunion décennale de Lambeth :

Le dessein rédempteur de Dieu s'étend à toute la création.

 

Et Robert Runcie archevêque de Canterbury il y a quelques années :

Nous découvrons l'unité du cosmos, l'interdépendance de toutes choses, nous préoccuper seulement de l'humanité paraîtrait bien étroit

 Le coeur de Dieu est assez grand pour s'ouvrir aux animaux en même temps qu'aux hommes. Le nôtre ne le serait-il pas aussi ?

 

 Le professeur Théodore Monod a écrit dans l'exposé « L'animal face à la pensée et la morale chrétienne » qu'il a fait en 1986 lors d'un colloque de haut niveau organisé à l'Institut de France sur les droits de l'animal et la pensée chrétienne par la « Ligue française des droits de l'animal » :

Comment une religion de l'amour, de la miséricorde, plaçant au centre même de la foi le Sermon sur la montagne, avec les Béatitudes et l'hymne à la charité de 1 Corinthiens 13 pourrait-elle ne se soucier que d'une seule des créatures, l'homme, à l'exclusion de toutes les autres ?

 

 

La souffrance des bêtes

 

Le professeur de théologie américain John Cobb a dit :

Dieu veut-il que les hommes et les animaux soient tous végétariens ? que les carnivores cessent de dévorer les herbivores ? Si c'est le cas, sa volonté est loin d'être faite !

Il me semble que Dieu ne souhaite pas tant l'anesthésie que serait une absence totale de souffrance, mais plutôt que nous participions à son dynamisme créateur, que nous soyons animés d' une « intensité » de vie, faite à la fois de souffrance et de joie.

Dieu s'implique dans l'existence de tous les êtres sensibles. Il souhaite bien sûr que leur joie surpasse leur souffrance. Dans la vie sauvage, c'est le cas de la plupart des créatures, même si leur vie est fréquemment prématurément interrompue.

La mort violente de la nature sauvage ne me semble pas représenter le mal absolu.

Élever des volailles, des vaches et des porcs dans le but de les abattre pour notre nourriture me semble dans la nature des choses et parfaitement acceptable à condition qu'ils aient été suffisamment bien traités pour profiter de l'existence durant leur courte vie.

 

 

La vie que Dieu donne

 

 Ce que Dieu nous donne n'est pas le long fleuve tranquille d'une vie physique, biologique sainte, sacrée, à préserver. La vie n'est pas « divine ».

 Ce qu'il nous donne est de participer, avec lui, à sa joie créatrice, à sa lutte pour la vie contre la mort, comme Jésus nous l'a révélé.
Devant Pilate, Jésus n'a pas tant cherché à préserver sa vie physique que plutôt le ministère du dynamisme créateur de Dieu qu'il incarnait, le courage et la force intérieure qui l'animaient alors même qu'il montait au calvaire.

Dieu relance toujours à nouveau la vie dans le monde, il oeuvre, il agit pour permettre la vie, pour qu'elle recommence, se développe. Que la vie vive !

 

 

Résurrection des animaux. Et si nous élargissons l'obscurité du Vendredi-saint à l'ensemble de la souffrance et de la mort de « tout ce qui respire » avec les hommes, élargissons aussi la lumière de Pâques à l'ensemble du monde vivant.

Le théologien catholique Eugen Drewermann affirme avec force l'immortalité des animaux et a même publié un petit livre qui porte ce titre.

En effet, si le voyant de l'Apocalypse disait :

Toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer
je les entendis qui disaient :
A celui qui est assis sur le trône, et à l'Agneau,
soient la louange, l'honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles !
Apo 5.11-14

On imagine mal Dieu renvoyer dans les ténèbres de la mort toutes ces créatures qui le louaient !

 

Le pasteur Eric Ackroyd, de Northampton en Angleterre, propose de prononcer cette action de grâce avant nos repas :

Que la vie que allons vivre
justifie la mort
que nous avons donnée
à ces aliments.
 
 

 

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