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Religion de la vie ordinaire

 

 

The Religion of Ordinary Life

 

 

Don Cupitt

Cambridge, Angleterre

 

2 décembre 2007
Présentation schématique en 24 articles de la religion de la vie que je crois partagée, en occident, par la plupart des gens.

 

1

La vie

 

1 La vie est tout.

La vie est tout ce qui compte pour les êtres humains.

 

2 Il n'y a rien d'autre.

La vie ne dépend de rien ni de personne, elle n'a pas été créée. Il n'y a pas d'au-delà.

 

3 La vie ne dépend que d'elle-même.

Il n'y a pas d'extérieur au monde. Tout est immanence, déjà là. Quand on naît, on ne pénètre pas dans le monde et quand on meurt on ne le quitte pas. On ne peut voir le monde et la vie de l'extérieur.

 

4 La vie est Dieu

C'est tout simplement en la vie que « nous avons la vie, le mouvement, et l'être ». (Actes 17,28). C'est en elle que nous sommes formés, en elle que notre souvenir demeurera. En elle est notre origine première et notre fin dernière. La vie est notre Dieu.

 

5 Aimer la vie est aimer Dieu.

Chaque parcelle de vie est sans prix, chaque vie est un don sacré. Nous devons respecter la vie comme Dieu. Il est frappant et émouvant de constater à quel point tous les êtres vivants aiment la vie et lui sont attachés comme nous le sommes.

 

2

La vie et ma vie

 

1 La vie individuelle est participation personnelle à la vie globale.

La relation traditionnelle de l'âme avec Dieu peut être comprise comme la relation de la vie individuelle avec la vie globale. La préoccupation fondamentale que l'on disait être le salut de l'âme, peut être dite comme la préoccupation de la vie que l'on mène et que l'on mènera.

 

2 La vie est tout ce que nous avons et tout ce que nous aurons jamais.

C'est à nous seul qu'elle appartient. Nous avons à en être conscient et à vivre notre vie de manière libre et responsable, sans chercher de faux fuyant.

 

3 Tous les hommes ont droit à la vie.

Cette conviction fonde l'importance de la justice et de l'amour. Le meurtre et toute atteinte à la vie est également grave, quelque soit la victime. L'amour de Dieu est amour de la vie, de tout être vivant et pas seulement des hommes.

 

4 La justice est première en droit mais en l'amour est premier en importance.

L'amour est premier mais il ne peut exister sans la justice car c'est elle qui lui donne sa place.

 

 

3

Les limites de la vie

 

1 La vie est limitée dans la durée.

On ne peut avoir qu'un « aller simple » sans retour. Chaque instant de la vie est final ; chaque occasion est unique.

 

2 Dans la vie rien n'est jamais immuable et irrévocable, éternel.

Tout est toujours contingent. C'est delà que vient l'impression de hasard et de destin.

 

3 Le sens que paraît avoir la vie n'existe pas en soi.

Il est créé par le langage que les hommes élaborent. Et c'est ce langage qui nous permet d'expliquer le monde.

 

4 Lorsqu'une vie individuelle prend fin, la vie globale se poursuit.

Notre rôle est d'aimer tout simplement la vie et lui dire « oui » jusqu'à notre dernier jour. Nous n'avons pas à nous préparer à la mort.

 

 

4

Avoir foi en la vie

 

1 Aimer la vie et se confier en elle implique qu'on l'accepte telle qu'elle est, avec ses limites.

La théologie considère traditionnellement que le « mal » a fait intrusion de l'extérieur dans un monde originellement parfait et qu'il faut l'éliminer. Nous disons tout simplement que la vie a des limites qui font partie d'elle-même. La vie n'est pas Dieu. Elle est finie, imparfaite et il faut l'accepter telle qu'elle est, faute de quoi on sombre dans le nihilisme ou le pessimisme, ce qui n'est pas acceptable.

 

2 La vie ne peut pas être négociée.

Il n'y a d'ailleurs personne avec qui négocier. La vie doit être acceptée telle qu'elle nous est donnée.

 

3 La vie est aigre-douce, ce qui est au demeurant préférable à une pure douceur.

Dans l'imagerie classique du Paradis, tout le monde a 30 ans, tout le monde est semblable et tout est d'une immobilité de mort à l'image des fleurs en plastique sur les tombes. Mais on peut aimer les imperfections de la vraie vie, ses irrégularités, ses grains de beauté, les signes de sa fragilité et de la vieillesse. La réalité mortelle de la vie est plus belle qu'une immobilité idéale.

 

4 Il ne faut jamais se plaindre, ni même songer à se plaindre.

Il faut aimer la vie tout simplement comme elle est. Tout le monde reçoit le même don de la vie et il n'y a rien d'autres à attendre. On n'est jamais victime de la vie. Il ne faut jamais dire, ni même penser « pourquoi moi ? »

 

5

Penser « solairement »

 

1 La vie est un don (sans donateur) qui est renouvelé chaque jour.

La vraie religion est « solaire ». Par la foi je m'efforce de laisser sans restriction la vie se couler en moi et s'exprimer de mille manières visibles.

 

2 Vivre solidairement de la mort.

Comprendre la vie de manière « solaire » signifie que l'on accepte de laisser en permanence derrière soi une partie de nous-même, que l'on est dépréoccupé de soi-même et de sa propre vie car on prend conscience que celle-ci ne fait que passer.

Notre être et tout ce à quoi nous sommes attaché disparaît sans cesse et se renouvelle. La mort n'est pas une menace, elle engendre la vie. On vit de la mort.

 

3 La compréhension « solaire » de la vie est source de joie.

Dans notre recherche d'identité, nos intérêts et nos oeuvres, la joie nous vient des abandons que nous ne cessons d'accepter et des renouveaux qui nous sont offerts. Cette joie prend la place du « Bien suprême » de la pensée traditionnelle.

 

4 Le « Bien suprême » doit être abandonné.

Il est, lui aussi, essentiellement passager. La vie que nous vivons a sa valeur en soi. Il faut seulement la laisser se dérouler.

 

 

 

6

La fin du monde « réel »

 

Ceux qui affirment la nécessité de respecter la « réalité » le font par la force de l'habitude ou tout simplement pour conserver le pouvoir.

 

1 La « réalité » n'existe pas.

La permanence et l'invariabilité que l'on croit constater dans le monde « réel » extérieur ne sont en fait que des apparences qu'entretiennent la paresse intellectuelle et le manque de réflexion. Ce sont des ornières dans lesquelles on s'embourbe après les avoir soi-même creusées.

 

2 La « réalité » n'existe pas à l'extérieur de nous.

Il n'existe pas de Réalité extérieure qui serait gardienne de la vérité absolue et de la signification de toutes choses. C'est l'esprit humain qui élabore sa compréhension des choses et ce sont les pensées justes qui découvrent la vérité. Dans un monde en mutation perpétuelle, celle-ci est, d'ailleurs, toujours nouvelle.

 

3 Nous sommes les seuls Créateurs.

Au fur et à mesure que notre esprit critique s'éveille, le monde prétendument « réel » s'estompe et son illusion apparaît. La véritable réalité est ce que nous en faisons : internet, nos activités et nos débats quotidiens.

 

4 Nihilisme et liberté créatrice.

Le fait qu'il n'y ait pas de monde réel et permanent et que nous ne soyons pas nous-mêmes indestructibles et immortels n'a rien de désespérant. Cela nous offre au contraire la possibilité d'améliorer les choses et de nous renouveler nous-même.

Cette conception « solaire » nous permet d'apporter une petite contribution au monde en nous impliquant nous-même dans la vie.

 

 

7

La vie qui s'écoule

 

Libres de toute attache mais aimant la vie jusqu'au bout, nous sommes capables, à la fin de notre âge, d'entrer dans le grand fleuve de la vie qui s'écoule. La seule manière raisonnable de nous préparer à la mort est de pratiquer la vie « solaire ».

 

 

 Traduction Gilles Castelnau

 

 

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