Le langage de la liturgie
a perdu sens et force
comment le restaurer
Why Christian Words Have Lost Their Meaning and Power
and How They Can Be Restored
Marcus J. Borg
Recension Fred Marshall
traduction Gilles Castelnau
14 janvier 2017
Dans ce livre, Marcus Borg développe la thèse que le langage dans lequel la foi chrétienne est exprimée et les concepts qu’il induit ont changé de signification au cours des siècles et particulièrement depuis 200 ans. Ils ne représentent donc plus la foi des pères fondateurs de l’Église.
Borg s’adresse aux fidèles des paroisses qui sont embarrassés par le langage de ce la liturgie, notamment celui des credo. Il critique l’interprétation des sectes fondamentalistes qui lui attribuent un sens littéral et prétendent que la Bible est l’absolue Parole de Dieu.
Il fait une analyse historique et critique des mots et des concepts utilisés par les Églises. Il ne dit rien des mots « croyance » et « foi » qui puisse surprendre les membres du réseau Sea of Faith. « croyance » signifie « implication » et la « foi » est « confiance ».
Mais si on veut que ces concepts aient une signification dans la liturgie, il ne suffit pas de dire ce qu’ils voulaient dire à l’origine. Il faudrait les remplacer par les mots d’aujourd’hui qui ont le même sens.
Borg analyse ensuite les mots « salut », « péché », « repentance », « pardon » et « vie éternelle ». Il montre que l’idée est récente de vivre la vie terrestre en pensant à la vie éternelle. Ainsi le mot « salut » concernait autrefois la manière de vivre ici-bas et non dans l’au-delà. Pour l’ancien Israël il désignait la libération de l’esclavage d’Égypte, le retour de l’Exil à Babylone et dans les Psaumes la délivrance d’un péril ou la guérison d’une souffrance. Ce sont là de puissantes métaphores que l’on peut appliquer à la vie individuelle ou à celle de la société.
La libération des chaînes de la pauvreté ou de la discrimination signifie l’instauration de la justice sociale. La libération de la culpabilité personnelle équivaut à la guérison du cœur, à la paix de l’esprit et à l’amour des autres. Les mots de cette catégorie sont ainsi utilisables dans la liturgie : « Salut », « péché », « repentance », « pardon » désignent l’enrichissement de l’humanité de l’individu et de la société.
Ce livre propose donc plutôt une réhabilitation de l’orthodoxie qu’une nouvelle théologie à la manière de Lloyd Geerin, de Don Cupitt ou de John Spong. Dieu y est conçu de manière anthropomorphique, on lui attribue des passions et des émotions humaines. Jésus y est qualifié de Fils unique de Dieu et il participe à la distinction absurde des trois personnes de la Trinité.
Quant à l’idée de la divinité potentiellement incarnée en chacun de nous, elle est en dehors de son horizon.
Ce livre sera néanmoins très utile à ceux qui sont mal à l’aise et embarrassés par le langage de liturgique de l’Église et qui souhaitent demeurer tout de même fidèles à la vie de leur paroisse.
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