Cinq cents ans après Martin Luther
pourrait-on refermer
la parenthèse protestante ?
André Gounelle
hebdomadaire protestant Réforme
5 janvier 2017
fragment
6 janvier 2017
Sans en avoir eu l’intention et sans en avoir même eu conscience, le protestantisme du siècle dernier a ouvert un chemin fécond : celui d’un réseau d’Églises différentes qui ne visent pas une unification, mais décident de se rencontrer, de dialoguer, de travailler ensemble ; elles ne fusionnent pas, elles tiennent compte les unes des autres, s’interpellent mutuellement et collaborent chaque fois que c’est possible.
La Fédération protestante de France et le Conseil œcuménique des Églises fournissent des exemples de ce modèle qu’on pourrait rapprocher de la multiplicité à la fois discordante et stimulante des écrits groupés dans le Nouveau Testament. Les divergences, au lieu de provoquer des disputes mortifères, suscitent des débats vivifiants. Loin d’abolir ce qui sépare, l’union consiste à l’assumer dans des discussions communes et des actions conjointes.
Tillich l’exprime par un paradoxe : « C’est, écrit-il, l’Église divisée qui est l’Église unie. »
Dans cette perspective, l’ère protestante ne s’achemine pas vers sa fin, mais elle prend un nouveau visage, celui d’un pluralisme vécu dans un échange à la fois critique et amical, et non plus celui d’une séparation dans l’hostilité et l’incompréhension réciproques. Nous ne serons unis ni en devenant identiques ni en nous coupant les uns des autres ; nous le serons dans la mesure où, alliés, amis, en communion sans symbiose ni unanimité, nous saurons faire un bon usage de nos différences.
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