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L'univers offert

 

Astrophysique et création

 

 

Arnold Benz

professeur à l'Institut d'astronomie de Zurich

 

Ed. Olivétan

192 pages, 20 €


Recension Gilles Castelnau


.

18 juillet 2016

Le professeur Arnold Benz est un habitué des émissions de radio et de télévision. Il sait exprimer dans un langage compréhensible les connaissances d'astrophysique les plus récentes. Ce livre lui a d'ailleurs valu le grade de docteur honoris causa de l'Université de Zürich.
Il est aussi un croyant conscient de sa foi et il en parle sans problèmes, sans accepter le moins du monde les thèses religieuses du créationnisme ou du « Dessein intelligent » qui n'ont rien à faire avec la réflexion scientifique.

Ce livre est facile et agréable à lire mais, nul doute qu'il laisse le lecteur sidéré par les descriptions de notre univers. En voici quelques passages :

 

 

page 24

Devenir et s’étonner


La matière dont nous sommes faits

Anciennes conceptions de la naissance des étoiles

Grâce aux nouvelles méthodes d'observation, les conceptions ont radicalement changé durant les trois cents dernières années. L'idée de base de Newton, à savoir que les étoiles se formaient à partir du gaz interstellaire par autogravitation, est certes toujours d'actualité. Elle ne correspond toutefois plus exactement à la complexité des processus que l'on connaît aujourd'hui. La gravité n'est pas la seule force importante, c'est plutôt l'ensemble de la physique, des forces magnétiques aux forces nucléaires et même la chimie du gaz interstellaire, qui interagissent. Les étoiles, tout particulièrement dans leur phase initiale, ne sont pas des sphères immuables, mais des processus dynamiques au cours desquels la matière s'amasse, commence à tourner en disque, se modifie chimiquement et rejette finalement une partie de sa matière. La découverte la plus importante est peut-être la suivante: lorsque des étoiles se forment, toute l'histoire antérieure, depuis le commencement de l'univers.joue un rôle. Cela fait référence à des liens au niveau du cosmos que nous ne comprenons de loin pas tous. Sortons donc prendre l'air et allons voir les choses de plus près !

[...]

Une balade à travers notre environnement cosmique

Les nuages moléculaires les plus proches de nous se situent dans la constellation du Serpentaire, à 370 années-lumière de nous. Des douzaines d'étoiles sont en train d'y naître. Les premiers signes de la naissance d'une étoile sont des formations sphériques de grande densité, que l'on appelle noyaux de nuages. Ils ont un diamètre d'environ une année-lumière, soit un quart de la distance du Soleil jusqu'à  la prochaine étoile. Plus un gaz est dense, mieux il peut diffuser sa chaleur. C'est pourquoi il règne dans ces régions un froid allant jusqu'à moins 266° Celsius, seulement 7 degrés au-dessus du zéro absolu. A ces basses températures, presque toutes les molécules, à l'exception de l'hydrogène, gèlent et se fixent sur les particules de poussière. Celles-ci sont donc entourées d'un manteau de glace, comme les flocons de neige. Ce manteau est composé d'abord d'un mélange de diverses molécules et atomes, tels qu'ils apparaissent dans le gaz des nuages moléculaires. La surface des grains de poussière a ensuite l'effet d'un catalyseur pendant les millénaires et permet des réactions qui ne pourraient avoir lieu dans le gaz. De nouvelles molécules se forment. Il peut ainsi arriver qu'un atome d'oxygène rencontre deux atomes d'hydrogène pour former une molécule d'eau (H20). La plupart de l'eau que nous trouvons aujourd'hui sur Terre s'est formée dans le manteau des grains de poussière interstellaire il y a 4,567 milliards d'années, lorsque la nébuleuse solaire originelle a lentement pris forme.

 

page 58

Sans limites ?

Les trous noirs : des horizons dans l’espace

Dans notre propre galaxie, les trous noirs existent en deux catégories de taille. Les trous noirs les plus petits se forment à partir d'étoiles qui dépassent la masse du Soleil d'environ un facteur vingt. Une fois que ces étoiles ont utilisé leur énergie nucléaire, elles s'effondrent et il s'en détache une enveloppe de supernova. Si le reste est encore suffisamment massif, il se contracte pour former un trou noir. La majorité des étoiles massives sont binaires. Les vitesses orbitales des étoiles qui éventuellement les accompagnent laissent deviner la masse de l'objet au centre. Ce type d'observations a permis de découvrir jusqu'à aujourd'hui environ une douzaine de « bons candidats » de trous noirs. Un autre genre de trous noirs, de nombreuses dizaines de fois plus grands, domine la région centrale des galaxies. Au centre de la Voie lactée, par exemple, on trouve un trou noir super massif de quatre millions de fois la masse du Soleil.

Chercher Dieu dans le domaine du Big Bang me paraît vain. Pourquoi et comment le faire? Il serait encore plus absurde de soupçonner l'existence de Dieu dans les trous noirs. La question de Dieu est toutefois trop intéressante pour en faire un tabou. Le concept de Dieu va réapparaître à une tout autre frontière, qui sera présentée dans le prochain chapitre.

 

 

page 76


Disparition et épouvante


L’évolution continue

Déclin du soleil

La zone de combustion se déplace vers l'extérieur. Grâce à cela, la lumière du Soleil est de plus en plus vive. Sa luminosité a déjà augmenté de 30 % depuis sa formation et augmentera encore de 10 % au cours du prochain milliard d'années. Dans six milliards d'années, le Soleil sera 2,2 fois plus lumineux et Mars sera aussi ensoleillé que l'est aujourd'hui la Terre.

Dans sept milliards d'années, l'évolution accélérera dramatiquement. En l'espace de 150 millions d'années, le Soleil gonflera deux fois pour devenir une géante rouge. Ce faisant, la surface visible va refroidir et prendre une couleur rougeâtre. Grâce à d'autres étoiles plus anciennes, nous savons que le diamètre du Soleil va s'amplifier jusqu'à deux cent fois et que sa luminosité dépassera jusqu'à mille fois la valeur actuelle. Le Soleil se dilatera jusqu'à atteindre l'orbite actuelle de la Terre. Que va devenir la Terre ? Peut-être sera-t-elle chanceuse : si la taille du Soleil augmente, le vent solaire gagnera en puissance. Il portera finalement un quart de la masse du Soleil vers l'espace. Le Soleil perdrait ainsi en gravité, si bien que les orbites des planètes s'élargiraient. Pour Mercure et Vénus, il n'y a pas d'espoir, le Soleil va les absorber. Selon les derniers calculs pas encore confirmés, la Terre ne pourra pas échapper non plus au Soleil qui se dilate. Elle attirera de la matière solaire sur son orbite future, où tourne aujourd'hui Mars, et s'en trouvera ralentie. Avec le temps, la Terre descendra vers le Soleil et s'évaporera. Dans 7,5 milliards d'années, ses atomes, et avec eux tous les atomes des corps humains, se mélangeront à ceux du Soleil.

Mais la Terre deviendra inhabitable bien avant cela. Dans 1,2 milliards d'années déjà, il y aura, sur Terre, des endroits où la température dépassera les 100 degrés Celsius et où l'eau s'évaporera en grandes quantités.
[...]
Après cette grande catastrophe à effet de serre, le sol et les mers seront complètement desséchés. La Terre, quant à elle, deviendra chaude et inhospitalière, un peu comme aujourd'hui Vénus.

Lorsque, à l'intérieur du Soleil, la température dépassera les 100 millions de degrés, la première phase de géante rouge de l'astre solaire prendra brutalement fin. La pression au centre sera suffisamment élevée pour que l'hélium fonde pour devenir du carbone, de l'azote et de l'oxygène. Grâce à cette nouvelle source d'énergie, le Soleil entrera dans un nouvel équilibre. Son rayon sera toujours dix fois supérieur à celui d'aujourd'hui, mais pour les 100 millions d'années à venir, le calme reviendra dans le système solaire.

 

 

page 83

Vivre au milieu de l’évolution

La jeune Terre

Les 100 à 200 premiers millions d'années de notre système planétaire ont dû être très animées. Environ 40 millions d'années après sa formation, une petite planète a heurté la Terre. Cela aurait facilement pu mal se passer. Ce corps céleste - appelé Théia en hommage à la mère de Seléné, la déesse grecque de la Lune - était de la taille de la planète Mars et n'a pas heurté la Terre en son milieu, mais n'a fait qu'effleurer la couche externe et a fondu intégralement. L'énergie de la collision était inimaginablement grande. Un mélange de vapeurs formé de roches de la Terre et de Théia a été propulsé dans l'espace et a créé un anneau autour de la Terre. A peine cent ans ont passé jusqu'à ce que la matière s'amasse pour former un corps céleste et que la Lune se forme. Les indices qui justifient cette théorie proviennent surtout d'échantillons de roche que les astronautes d'Apollo ont ramené de la Lune entre 1969 et 1972 et qui prouvent la surprenante ressemblance entre la Terre et la Lune. La collision a provoqué une forte rotation de la Terre. Après l'impact, la longueur d'une journée n'était plus que de 5 heures. Les forces de marées dues à la Lune ont allongé, depuis, la durée de rotation de la Terre aux vingt-quatre heures que nous connaissons aujourd’hui.

[...]

Le développement de l’atmosphère

L'événement peut-être le plus dramatique a eu lieu il y a 800 à 600 millions d'années. Il existait à l'époque surtout des êtres vivants unicellulaires que l'on peut comparer approximativement aux bactéries actuelles. Il y avait aussi les premiers êtres multicellulaires, nés à peine 100 millions d'années plus tôt. Tous les organismes vivaient encore dans l'eau. La terre ferme n'était pas habitée. Les animaux et les plantes n'échangeaient pas de molécules avec l'air. L'atmosphère terrestre n'était toutefois pas entièrement inactive. Elle se modifiait lentement par l'interaction de l'eau et de la roche. L'air ne contenait à l'époque que peu d'oxygène, mais du dioxyde de carbone formait des carbonates qui se déposaient dans la mer. Lorsque la proportion de dioxyde de carbone fût réduite à moins de la moitié de celle d'aujourd'hui, l'effet de serre diminua et il commença à faire plus froid sur Terre. De plus, le soleil brillait 6 % moins fort qu'aujourd'hui. Lorsque de plus en plus de régions étaient recouvertes de neige et que des glaciers imposants avançaient dans la direction de l'équateur, il n'y avait bientôt presque plus de vapeur d'eau dans l'atmosphère. Le ciel était sans nuage. De plus en plus de chaleur du Soleil était réverbérée dans l'univers par la surface couverte de neige. La Terre continuait de se refroidir jusqu'à se figer finalement en une boule de neige. 35 Les températures à la surface baissèrent en moyenne à -27 degrés Celsius. Les lacs et même les océans étaient complètement recouverts d'une couche de neige uniforme.

Les êtres vivants ne pouvaient survivre que dans les rares régions des mers du globe proches de l'équateur restées sans glace. Grâce à ces refuges, la vie sur Terre ne s'est pas complètement éteinte. Dans ces conditions extrêmes, la vie était exposée à une pression évolutive accrue. Peut-être était-ce la raison pour laquelle se sont développées, précisément durant cette période glaciaire, la plus longue de toutes, des êtres vivants multicellulaires qui se sont ensuite fortement répandus dès la fin de la catastrophe.

 

 

page 167


Interpréter comme Création


De l’espace et du temps – La surprise de la Création

L’origine du temps

L'histoire de l'humanité ne couvre qu'une minuscule partie du temps qui a débuté il y a 13,7 milliards d'années et qui continuera durant encore des milliards d'années, même s'il devait un jour ne plus y avoir d'Homo sapiens. Dans notre galaxie, la Voie lactée, environ 10 étoiles naissent et meurent chaque année. Dans tous l'univers, ce sont des dizaines de milliers par seconde. Un nombre incalculable de planètes orbitent autour de leur étoile, la plupart d'entre elles certainement inhabitées pour toujours. D'autres galaxies, avec des centaines de milliards d'étoiles, tournent, durant des centaines de millions d'années, autour de leur propre axe et vont disparaître. Nous sommes une partie de cette évolution dans un lieu apparemment insignifiant du cosmos, à vingt-sept mille années-lumière du centre de la Voie lactée. Nous entrons dans cette évolution dès que nous existons, nous y participons et disparaissons. Notre espèce est intégrée dans cette évolution sans qu'on lui demande son avis, comme chaque individu est intégré dans les dangers de l'histoire terrestre.

[...]
Nous réalisons aussi, au vu de notre temps de vie limité, que du temps nous est offert personnellement. Du temps nous est offert, à nous et à l'univers ! Sur ce point, nous sommes au même niveau que l'univers.

Le « temps offert» est une expression imagée pour l'expérience de percevoir le temps comme un cadeau d'anniversaire. Cette situation annuelle, qui veut que l'on reçoive des cadeaux, est une parabole de cette expérience particulière du temps comme quelque chose qui ne va pas de soi. Le tic-tac de l'horloge n'est alors pas perçu comme l'état normal de l'univers.
[...]

Dans la métaphore du cadeau, le donneur de temps devient une personne. Il ne devrait pas être dérangeant que le Créateur ait des traits humains. Comment pourrait-on autrement parler de puissance créative, si ce n'est à l'aide d'images anthropomorphiques ? Il est toutefois important de préciser que le créateur n'est pas une métaphore isolée. Nous ne parlons pas ici de l'univers en général en y ajoutant Dieu. Le donneur de temps fait partie de la grande image globale du cadeau, dont font également partie les personnes à qui le cadeau est offert. Ce sont eux qui acceptent le cadeau et qui le reconnaissent en tant que tel. Celui qui reçoit un cadeau remercie celui qui le lui donne. Il existe des vers de psaumes où Dieu est loué au milieu de l'abandon et de la solitude. Les dernières paroles du Christ sur la croix reprennent l’un des passages de ces psaumes. La louange est la réaction émotionnelle au fait de recevoir un cadeau vital.

 


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