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Sept principes

pour le dialogue interreligieux



Seven Principles of Interfaith Engagement


 

Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ, Californie
doyen associé du Bureau de la vie religieuse
université de Californie du sud

 

traduction Gilles Castelnau

20 mai 2016

Je propose ici quelques idées que j’ai acquises durant mes 36 années d’activité interreligieuse, concernant la manière dont les fidèles des différentes religions peuvent engager le dialogue.

1. Les religions du monde sont différentes les unes des autres. Cela devrait aller sans dire, mais certains croient que chaque religion n’est qu’une voie différente conduisant au même sommet ou qu’il ne s’agit que de langages différents pour exprimer la même expérience.
On peut comprendre cette idée car il y a effectivement des traits communs aux diverses spiritualités. Mon collègue à Stanford, Robert Gregg, a dit avec raison que les religions du monde représentaient chacune le chemin conduisant au sommet d’une montagne particulière et que depuis chacun de ces sommets on pouvait admirer le même magnifique paysage.
Dans les conversations interreligieuses, il est plus sûr et certainement beaucoup plus intéressant de partir du principe que les religions des autres sont différentes de la nôtre. On découvre alors avec plaisir des ressemblances frappantes. Il est évidemment intéressant de découvrir des différences cachées même dans les ressemblances.

2. Les différences entre les diverses religions sont variées. La différence entre l’hindouisme et l’islam n’est pas la même que la différence entre le christianisme et le judaïsme. De plus ces religions ne se comprennent pas elles-mêmes et ne mettent pas l’accent de la même manière. Le judaïsme se donne une identité ethnique dont le christianisme n’a pas l’idée. Le christianisme évangélique se définit avant tout par la foi alors que d’autres spiritualités mettent plus leur identité dans leurs rituels et leurs pratiques que dans des affirmations doctrinales.

3. On peut avoir différentes conceptions des relations entre religions. Diana Eck du Projet pluraliste de Harvard en reconnaît trois.
- Le pluralisme est l’idée que les autres religions peuvent être aussi bonnes pour leurs fidèles que la mienne l’est pour moi.
- L’inclusivisme est la conception que les autres religions peuvent avoir de la vérité et de la valeur mais ce qui est bon en elles n’est qu’une partie du bien fondamental de ma propre tradition.
- L’exclusivisme considère que les autres religions sont au minimum fausses et au pire mauvaises ; c’est ma foi qui est la seule vraie.
Certains pensent que seuls les pluralistes et notamment les penseurs libéraux peuvent avoir de bonnes relations interreligieuses. Mais j’ai remarqué que des exclusivistes pouvaient avoir des relations de collaboration étroite et d’amitié profonde. Les conservateurs de différentes traditions ont de meilleures relations entre eux qu’ils n’en ont avec leurs coreligionnaires libéraux et pluralistes. Je suis convaincu que le pluralisme permet une meilleure compréhension de la foi des autres que ce n’est le cas pour l’inclusivisme ou l’exclusivisme, mais ces deux dernières approches ouvrent néanmoins à de très riches relations interreligieuses.

4. Comprendre les conceptions sociales qu’ont les différentes religions est important pour promouvoir la coopération interreligieuse lorsqu’elle est possible et situer les positions de désaccord. Un exemple frappant en est la « liberté religieuse ».
En Amérique les branches progressistes du christianisme, du judaïsme et d’autres religions ne se sentent en rien menacées, alors que des groupes conservateurs du christianisme voient leur liberté limitée dans la mesure où les relations sociales ont changé. Ces groupes conservateurs définissent la « liberté religieuse » comme le droit qu’ils devraient avoir de faire poursuivre ceux qui ne se conforment pas à leurs propres règles éthiques. Ils croient que leur liberté religieuse ne consiste pas seulement à être exercer librement leur religion, mais à obtenir aussi de l’État qu’il en impose les règles à l’ensemble de la société.
D’autres se focalisent sur l’idée que, par exemple, un directeur opposé par sa religion au contrôle des naissances puisse refuser d’accorder à ses employés une assurance couvrant la contraception. Mais ils peuvent désapprouver les églises qui bénéficient de l’exemption fiscale alors qu’elles soutiennent officiellement certaines candidatures politiques.
La compréhension des motivations historiques et théologiques de telles attitudes aide grandement aux relations interreligieuses.

5. Il est nécessaire de s’intéresser aux grandes religions afin de prendre conscience de notre ignorance à leur égard. Les grandes religions ont d’immenses trésors de textes sacrés, de rituels et de traditions spirituelles. J’ai passé toute ma vie à étudier ma propre tradition qui est le christianisme. Et plus je l’approfondis, plus je découvre tout ce qu’il y a encore à apprendre. Il en est évidemment ainsi des autres religions. L’interreligion exige curiosité et humilité. Et plus on approfondis notre connaissance des autres religions, plus notre relation avec leurs fidèles s’intensifie. Poser des questions, écouter les réponses qui entraînent d’autres questions...

6. En Amérique aujourd'hui, la réflexion portant sur la « foi personnelle » fait partie de l’engagement interreligieux. La tendance est à l’accroissement de l’hétérodoxie (c’est-à-dire à se donner la liberté de faire individuellement son propre marché religieux. Note de GC). Les catholiques font du yoga. Les évangéliques consultent le tarot. Les Juifs pratiquent la méditation zen depuis des décennies. Même les gens qui s’attribuent les plus fortes identités religieuses traditionnelles se trouvent engagés dans les pratiques d’autres cultures religieuses qui leur occupe plus l’esprit que leur propre religion.
Ce n’est pas parce que quelqu’un déclare être sikh et que, justement vous connaissez cette religion, que vous savez réellement ce qu’il croit et pratique ! L’énorme quantité d’informations religieuses que l’on trouve sur le net permet à nos contemporains de se détourner de l’enseignement rigoureux de leurs pasteurs ou de leurs prêtres et de se lancer dans leur propre marché spirituel.
Certains participants du dialogue interreligieux n’ont pas vraiment d’identité personnelle fixe, mais s’en tiennent à affirmer leur « foi personnelle ». Ils déstabilisent les certitudes des esprits théologiques mais sont, de fait, de plus en plus nombreux, et leur manière d’être doit être reconnue.
Nous devons reconnaître également la place des athées dans le dialogue interreligieux. Nous pourrons réfléchir avec eux sur des questions comme :
- Quelle aide peut-on recevoir de la part des autres dans notre itinéraire spirituel ? 
- Comment peut-on vivre la spiritualité ?
- Comment en rendre compte ?

7. Un des intérêts de l’interreligieux est de découvrir l’approche critique que l’on peut avoir de sa propre religion, de la prendre par conséquent davantage au sérieux et d’approfondir avec curiosité les similarité et les différences qu’elle présente avec les autres religions.
C’est ainsi que ma découverte et ma pratique de la méditation bouddhiste m’ont amené à explorer la riche tradition mystique du christianisme, la méditation et la contemplation.
Le faible risque de changer de religion est largement dépassé par le bienfait de l’approfondissement de la foi qu’apporte le dialogue interreligieux.


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