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Figures du gnosticisme



Philippe Fleury

professeur de philosophie à Nîmes



Edition L'Harmattan
116 pages – 13,50 €



Recension Gilles Castelnau


10 mai 201

Ce livre s’attaque à la question importante et extrêmement compliquée de la pensée gnostique, courante dès l’Antiquité et déjà lors de la naissance du christianisme. Il intéressera les esprits cultivés familiers des questions philosophiques du monde hellénistique.
L’éditeur en fait la présentation suivante en 4e de couverture :

Le gnosticisme apparaît dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. Intégrant des éléments helléniques, chrétiens, orientaux, il propose une réponse radicale au monde chaotique, en opposition à l'univers harmonieux du cosmos grec. Héritiers du christianisme, ils sont toutefois dénoncés comme hérétiques et sectaires par leurs ennemis, les Pères de l'Eglise, les hérésiologues ou Plotin. Le gnosticisme soutient l'hypothèse d'un dualisme radical, d'un Dieu caché, au-delà du démiurge, créateur de l'ici-bas. Il apporte ainsi une réponse originale à la radicalité du mal, à son origine, en supposant un salut transcendant, ultra mondain, irréductible au temps cosmique.

En voici deux passages.

.

 

 

Anticosmisme

La reprise gnostique

Désacralisation de notre monde
[...]

page 32

Le gnosticisme s'oppose de la manière la plus vive au panthéisme en général. Les gnostiques entendent donc le Deus sive natura spinoziste sur le mode de la disjonction exclusive. La Pronoïa stoïcienne se révèle fausse, la disjonction de l'être et du logos, au contraire, une certitude. C'est pourquoi, « le monde est appelé terra oblivionis ou comparé, comme le corps, à des oubliettes. »
Si le cosmos gnostique est désacralisé, il n'est pas non plus l'équivalent de l'image moderne de la nature. Le cosmos n'est pas idéologiquement neutre, objet d'intégration, de manipulation de la part d'un sujet de connaissance souverain. Le cosmos des gnostiques, en d’autres termes, n'est pas objet de mathesis universalis, telle la nature des modernes.
Plus qu'idéologiquement neutre, il est l'incarnation d'une anti-qualité ; il est l'œuvre des ténèbres, le lieu du mal. Encore une fois pour saisir l'anticosmisme des gnostiques, il faut le replacer dans la cosmologie et la théologie qu'ils professent. Le cosmos est une entité qui tend à s'autonomiser, séparée du dieu ultramondain. Cette séparation est l'œuvre des archontes et tend à instaurer une scission insurmontable entre le Dieu outre-mondain et le cosmos résultant de la ktisis (création). La ktisis n’est bien sûr pas l’œuvre du Dieu outre-mondain mais celle des archontes.
[...]

 

Le gnosticisme et la temporalité

Spécificité du temps gnostique

page 39

Toutefois, au-delà de cette analogie (dévalorisation du présent mondain) au profit d'un passé mythique ou d'un salut futur, il semble qu'il y ait un abîme entre la temporalité gnostique et la temporalité contemporaine. Le gnosticisme, en vertu de son anticosmisme, semble refuser toute positivité accordée au temps. De fait, le temps, fut-il passé ou futur, est preuve de régression dès qu'il s'inscrit dans la mondanéité, et sitôt qu'il résulte d'une création (ktisis) de type démiurgique. On peut ainsi déceler l'aspect propre de la temporalité gnostique. Sa spécificité réside dans le double rejet des conceptions existantes alors. S'il fallait substituer une métaphore gnostique décrivant le temps aux métaphores classiques (figurant le temps par une ligne ou un cercle), on serait amené à parler de ligne brisée. La figuration en ligne brisée rompt aussi bien avec une conception linéaire-évolutive qu'avec une conception involutive. Le propre du gnosticisme, c'est justement de nier l'antinomie progression-régression et de tenter de synthétiser cette opposition. On peut montrer qu'ici le gnosticisme dépasse, sans les renverser, les figurations chrétienne ou grecque du temps.
[...]

 



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