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Pierre Bayle


Une foi critique


Rémy Hebding



Edition Olivétan
136 pages – 14 €




Recension Gilles Castelnau


1er mai 2016

Pierre Bayle 1647-1706

Rémy Hebding s’efforce de nous intéresser à la vie et à l’enseignement du protestant Pierre Bayle, né au Carla-Bayle – comme on appelle désormais ce village à cause de son illustre citoyen – et réfugié aux Pays-Bas à cause des persécutions de Louis XIV.

Pierre Bayle est un bon représentant des très nombreux protestants qui ont résisté au malheur, ont réfléchi, prié, écrit et ainsi contribué à propager en ce siècle de fer une pensée libre et humaine débouchant enfin sur l’ouverture des Lumières, qu’il ne connaîtra malheureusement pas encore lui-même.

Ce livre nous montre ainsi successivement les réflexion qui ont agité l’esprit de Pierre Bayle – et de ses contemporains, puisque ceux-ci éditaient toujours ses livres : la pensée magique, une morale athée est possible, la conscience lumière fondamentale, l’impasse des théodicées, face aux « rationaux », entre orthodoxes et rationaux etc.

En voici deux passages.

 

.

 

page 48

L’athéisme

[...]
Cette réaction à la mort de son frère revêt un aspect tragiquement personnel. Bayle ne cache pas son ressentiment à l'égard d'un pouvoir royal peu disposé à user de mansuétude à l'égard des sujets rétifs à opter pour la « vraie religion ». L’année suivante paraît un libelle qui vise à montrer au lecteur la réalité de la répression à l'égard de la communauté huguenote. Le titre en est explicite : Ce que c'est que la France toute catholique, sous le règne de Louis Le Grand. Comme l'indique l'intitulé de l'ouvrage, Bayle s'en prend au peuple catholique dans son ensemble autant qu'à la hiérarchie. Il le juge complice de ces pratiques honteuses qui visent non seulement à atteindre les corps mais à soumettre les âmes. « S’est-il trouvé un seul catholique d'épée, de robe, de froc ou de tonsure, qui ait témoigné qu'il désapprouvait cette barbare manière de convertir ? Vous avez donc été tous les complices de ces crimes ? Ceux qui ne les ont pas commis les ont conseillés, ou loués, ou du moins ne les ont pas désapprouvés et ont eu de la joie de les voir commettre. Ainsi vous avez tous été, sans en excepter un seul, de très malhonnêtes gens. »

Mais Bayle ne se limite pas à dénoncer les Dragonnades comme système répressif particulièrement odieux : la connivence silencieuse mais déterminante de la masse des fidèles catholiques et de l’ensemble de la hiérarchie lui semble plus préoccupante. Car un tel type d'écrasement des consciences, envisagé avec une telle envergure, ne peut s'entreprendre sans un assentiment général et coupable.
[...]

 

 

page 65

La tolérance

La conscience, lumière fondamentale

Publié un an après la révocation de l’édit de Nantes – et la mort dans un cachot de Jacob, son frère pasteur – le Commentaire philosophique de Pierre Bayle s’insurge contre l'argument de la fin justifiant les moyens, utilisé en matière religieuse. En cela, il s'inscrit en droite ligne dans le sillage de Castellion, auteur de la célèbre phrase : « Tuer un homme n'est pas soutenir une doctrine, mais seulement tuer un homme » suivie de celle-ci : « Quand les Genevois exécutèrent Servet, ils ne défendirent pas un principe, ils immolèrent un être humain. »

Il répondait à Calvin affirmant que « Les rois doivent protéger et appuyer les doctrines pieuses. » Certes, Servet ne se distinguait pas par une volonté de promouvoir la tolérance, mais la réponse de Castellion, à laquelle Bayle semble se référer nous montre un changement total d'optique dans la manière d'apprécier les actes commis. La vie d'un homme vaut plus que des idées, aussi nobles soient-elles. Il y a là un bouleversement véritable des valeurs en usage. Plus que Castellion, c'est certainement la mort de son frère - et les conditions de cette mort - qui oriente de manière déterminante sa pensée sur ce sujet délicat. Ce vécu douloureux lui permet de ne pas se perdre dans des considérations doctrinales mais de s'inspirer de la vie réelle pour orienter sa pensée.

 



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