Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion


Vous avez dit évangélisation ?


Quelques réflexions pour une Église de témoins

 

Alain Arnoux

 

éd. Olivétan.   64 pages - 8 €

 

recension Gilles Castelnau

 

11 février 2016

Bien loin d’identifier l’ « évangélisation » à de grandes manifestations à l’Américaine où l’on identifie l’émotion avec la foi ou de promouvoir des conversations suscitées par deux intervenants au pas de la porte, le pasteur Alain Arnoux en propose une approche naturelle, sincère, humaine vécue dans le quotidien des paroisses.

Il invite le lecteur à s’interroger lui-même sur sa spiritualité, sa théologie, le message, le style de vie qu’il voudrait transmettre à ses contemporains. Tout en douceur, sans culpabiliser ni dramatiser, sans chercher à se faire admirer pour la qualité de ses grandes idées, en pasteur sympathique, il ouvre devant nous des portes.

En sept parties comportant chacune plusieurs « questions » et quelques derniers mots, 55 paragraphes, tout simplement, il nous intéresse.

En voici quelques exemples

 

.

 

Évangéliser parce que je suis sauvé

 

n° 16

Une sotériologie sérieuse ne peut pas se limiter à répéter à l'envi que « Dieu nous aime tous inconditionnellement », ni que « le message fondamental de la Réforme dans la suite de l'Évangile est le salut par la grâce seule ». Encore faut-il savoir ce que les Réformateurs entendaient par les mots salut, grâce seule, et d'autres comme par exemple justification, pour rendre compte de leur compréhension de l'Évangile. Et encore faut-il se demander ce que ces mots peuvent toucher chez l'homme d'aujourd'hui, et comment.

page 18

Questions


• Le mot « Évangile » signifie « Bonne Nouvelle ». Mais en quoi est-elle bonne ? En quoi est-elle nouvelle ?
• De quoi le Dieu de Jésus-Christ me sauve-t-il ? De quelle expérience de salut puis-je témoigner ?
• Être sauvé, qu’est-ce que cela change pour moi ?
• Pour quoi ai-je envie de dire merci ?

 


Un expérience qui transforme

n° 21

Evangéliser, ce n'est pas simplement annoncer un message, c'est se mettre à l'écoute de ce message avec ceux à qui on s'adresse, le partager vraiment avec eux. C'est se laisser transformer soi-même par ce message, et non espérer seulement qu'il transforme ceux à qui je m'adresse, encore moins qu'il les transforme à mon image. Nous ne sommes pas des justes qui appellent des pécheurs, des bons qui appellent des méchants, des bien portants qui appellent des malades, des lumineux qui appellent des ténébreux. Dieu a pour ceux auxquels nous nous adressons le même regard que pour nous. Ils sont avec nous et nous sommes avec eux dans la communion des « acceptés, quoique inacceptables même à leurs propres yeux (ce qui est le salut par la grâce seule), appelés à accepter d'être acceptés, quoique inacceptables (ce qui est le salut par la foi seule) », d'après une phrase de Paul Tillich.

 


La vie ordinaire de l’Église

n° 28

« Faire de l'évangélisation » est une expression impropre, car elle laisse entendre que l'Eglise fait là quelque chose qui sort de son ordinaire. L'évangélisation c'est d'abord le « vivre avec ». C'est pourquoi elle passe d'abord par la vie des membres de l'Église locale, qui partagent les mêmes préoccupations que l'ensemble de la population du lieu où ils vivent. Elle passe par la vie ordinaire d'une communauté bien enracinée localement, plus que par l'action « parachutée » de personnes ou de groupes extérieurs, même si ce type d'action peut être utile au service du témoignage dans la durée d'une communauté et de ses membres. Les mots de paroisse et de paroissiens se justifient alors (et seulement dans ce cas-là), selon l'étymologie grecque : ceux qui vivent avec, mais en étrangers (paroikeô : habiter auprès de, vivre au milieu de, résider comme étranger). L'Église locale, la paroisse, les paroissiens sont les vrais premiers acteurs de l'évangélisation.

 


Une Église tournée vers les autres

n° 47

Il n'est pas toujours indispensable que l'Église locale crée des lieux de débat. S'il lui est possible de créer des « cafés théologiques » en partenariat avec un café existant en ville, qu'elle le fasse, en s'assurant du concours d'intervenants rompus au débat et pas seulement à la conférence, et d'un modérateur expérimenté, sur des sujets « parlants ». Cependant, il peut suffire d'encourager les membres de l'Église à participer en tant gue chrétiens aux « cafés philosophiques » et autres lieux de débats existants et ouverts à tous.

n° 54
L'interreligieux est aussi un des lieux de témoignage de l'Évangile. Il ne s'agit pas d'organiser des disputationes ou conférences contradictoires pour chercher à se convertir mutuellement. Il ne s'agit pas non plus de gommer les différences. En dehors des bonnes relations à établir et à maintenir de communauté à communauté, et des éventuelles démarches communes auprès des autorités et face à la société civile, il s'agit d'abord de se connaître les uns les autres, et par exemple lors de tables rondes publiques d'exposer simplement ce qu'on croit et ce qu'on vit, à côté d'autres qui exposent ce qu'ils croient et ce qu'ils vivent, sur des questions spirituelles, sociétales etc. Cette démarche, respectueuse, est assez bien admise par nos concitoyens.

n° 55
Les différents moyens de communication permettent aux Églises locales de sortir du traditionnel « Les protestants parlent aux protestants ». Au moins une fois par an, le journal paroissial devrait être diffusé à toute la population. La présence sur les radios locales peut être négociée, sans parler même des radios libres chrétiennes. Beaucoup d'Églises locales ont créé un site lnternet. Beaucoup d'Églises et de ministres savent utiliser les réseaux sociaux. Il y a un coût financier à accepter. Ces moyens de communication nécessitent des personnes formées techniquement : la médiocrité n'est pas autorisée. Alexandre Vinet a dit à peu près : « Rien ni personne n'oblige un chrétien à faire de la poésie ou de la musique, mais s'il en fait, il doit le faire dans les règles » ; il en va de même avec les différents moyens de communication. Mais la formation technique indispensable n'est pas suffisante :
a) l'Église doit être au clair avec le message qu'elle souhaite diffuser à tous, et pas seulement à ses membres et à ses sympathisants ;
b) une formation et un accompagnement spirituels sont nécessaires, car il y a toujours le risque que la communication et la présence sur les médias deviennent leur propre but, au détriment du message.

 


Retour vers Alain Arnoux
Retour vers "libres opinions"
Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.