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Témoignage de Flaminio Picon


fils de Raphaël

 

 


C'est dans les mots de mon père que je trouve aujourd'hui la force de vous parler. Dans l'introduction de l'ouvrage qu'il a dirigé La mort, le deuil, la promesse, j'ai retrouvé sa voix réconfortante et optimiste, des paroles qui n'en demeurent pas moins concrètes et particulièrement justes :

« Se taire, ce n'est pas tout de suite céder devant ces mots faciles qui proposent le retour à la vie, qui cherchent consolation et remplacement, là où, pris dans le vertige de l'existence, il fallait seulement oser reconnaître l'inconsolable et l'irremplaçable. »

Aujourd’hui, l'irremplaçable c'est lui et nous sommes tous inconsolables.

Bien évidemment, si j'essaye difficilement de trouver la puissance oratoire de mon père, c'est que j'ai fait le choix comme il le dit « d'opposer à l'ordre cruel des choses l'expression d'un désir, la possibilité d'un malgré tout, d'un cependant. ». Ce désir passe d'abord par celui de raconter la mort, la sienne, de prendre selon ses mots « la mort au sérieux. »

J'aimerais pouvoir dire que mon père n'a pas souffert, mais il n'en est pas ainsi. Le cancer s'est attaqué systématiquement à tout ce qui lui était cher. La déformation de son écriture était le signe avant-coureur de sa maladie, lui qui aimait tant écrire. Il cherchait ses mots, jusqu'à devenir incapable de les retrouver alors qu'il avait toujours su les manier avec tant de plaisir. Sa voix était devenue faible presque muette, alors qu'il avait passé sa vie à la faire résonner. Comprenait-il entièrement tout ce que nous lui disions, je reste sceptique, mais il a certainement compris l'essentiel.

Ce ne serait pas faire honneur à son courage et à sa foi que de nier toutes ses souffrances. Ne plus pouvoir faire ce que l'on aime, se tourner malgré soi vers la maladie et progressivement s'éloigner dans l'ombre. Ce sont d'ailleurs ses propres mots à l'hôpital après une de ses crises d'épilepsies, « je me sens ombragé ».

Mon père a mené cette lutte très vite perdue d'avance avec une rigueur impressionnante. Il ne s'est jamais plaint, n'a jamais protesté contre son traitement ou pesté contre les échecs. Remerciant les médecins sans être touché par la brutalité des annonces, ne souffrant aucunement de cette médecine malheureusement peu humaine mais écoutant nous plaindre avec compréhension.

Ce que j'avais pris au début pour un renoncement était en réalité de la lucidité et de la foi. Mon père a accepté naturellement cette maladie et la mort à venir. Et cela, il l'a fait pour nous, pour les vivants. Jamais il n'a exprimé la moindre inquiétude sur notre avenir à nous quatre. Jamais il ne nous a donné de conseils, parce qu'il avait toute confiance en nous « son sublime ordinaire ». Il était convaincu que la vie reprendrait si tant est qu'elle se soit même arrêtée.

Il a accepté pleinement la souffrance et la mort, jusqu'à nous la faire oublier et peut- être l'oublier lui-même, dans un ultime et éternel geste de vie.



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