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Le credo de Nicée

Pour l'amour du ciel

une religion raisonnable !

 

For God's Sake: Reasonable Religion

 

Hilary Wakeman

Prêtre anglicane
Présidente du Réseau
des Églises ouvertes d'Irlande

 

13 janvier 2003
Pourquoi avons nous des credo et des dogmes ?
Nous aident-ils à croire et à comprendre ou sont-ils au contraire une gêne ? Ne pourrait-on pas exprimer de façon plus moderne les vérités éternelles ?

 

Le Credo de Nicée

Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.

Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu venu de Dieu, lumière issue de la lumière, vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré et non créé, d'une même substance que le Père et par qui tout a été fait. Pour nous les hommes et pour notre salut, il est descendu des cieux et s'est incarné par le Saint-esprit dans la vierge Marie ; il a été fait homme. Il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il a souffert et a été mis au tombeau. Il est ressuscité des morts le troisième jour, de là il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Son Règne n'aura pas de fin.

Nous croyons en l'Esprit Saint, qui règne et qui donne la vie, qui procède du Père et du fils. Il a parlé par les prophètes ; avec le Père et avec le Fils il est adoré et glorifié. Nous croyons l'Église une, sainte, universelle et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir. Amen.

.

 

Ce texte fut adopté en l'an 325 au Concile de Nicée convoqué par l'empereur Constantin pour régler l'hérésie arienne. La question que l'on peut se poser est pourquoi l'Église utilise-t-elle encore de nos jours ce langage et cette problématique tellement périmés au lieu de les mettre à jour.

On ne cherche pas dans les textes du 4e siècle comment développer la médecine ou la biologie ou gérer une entreprise. Pourquoi y cherche-t-on Dieu ? Pense-t-on que les évêques de Nicée étaient divinement inspirés ? Mais on connaît les oppositions entre eux et leur rivalité personnelle, leur désir de pouvoir. L'ambiance à Nicée n'était pas différente de celle qui règne aujourd'hui dans nos conseils d'Église dont personne n'aurait l'idée de dire qu'ils sont divinement inspirés !

En attendant, dans les Églises où cet ancien credo est encore en vigueur, bien des fidèles croisent moralement les doigts derrière leur dos pendant sa récitation, ce qui n'est pas sans provoquer un complexe de dissimulation, mal justifié par le sentiment qu'il s'agit de protéger la foi. De plus en plus les gens intelligents et cultivés se détournent du christianisme dans la mesure où ils ne peuvent plus en conscience adhérer à la liturgie du culte et en chanter les cantiques.
Il n'est évidemment pas bon pour l'Église de demeurer dans une situation aussi malsaine. Les Églises conservatrices, plus ou moins fondamentalistes, s'y sentent certainement à l'aise mais le christianisme le plus ouvert, le plus libéral, en est victime et a tendance à disparaître progressivement.
Le moment arrive où la foi chrétienne sera uniquement représentée le fondamentalisme qui affirme que la Bible entière est divinement inspirée et ne peut contenir d'erreur et qui en même temps rejette le monde moderne, la science, l'éthique et la théologie. Si l'on veut éviter cette catastrophe, il faut repenser d'urgence notre foi et notre manière de l'exprimer.

La difficulté est que l'on se rend pas compte de la gravité de la situation. Les pasteurs et les prêtres ne se permettent en général pas de mentionner dans leurs sermons ces questions qui semblent aberrantes aux gens du dehors, car ils craignent de scandaliser leurs paroissiens qui viennent encore, alors que c'est justement ce silence qui les décourage et eux-mêmes craignent de choquer en l'avouant.
La distance s'accroît entre les fondamentalistes autoritaires qui sont en train de prendre le pouvoir dans les Églises et les libéraux qui ne veulent plus venir.

Des études d'opinion, auxquelles les médias donnent d'ailleurs étonnamment peu de place, montrent néanmoins combien les choses changent.
Au printemps 2002 le journal anglican Church Times a réalisé un sondage auprès de 8000 lecteurs qui a révélé que seuls 62 % des fidèles (prêtres et laïcs confondus) croyaient que Jésus est né d'une vierge. Seulement 79 % croyaient en la résurrection corporelle de Jésus et 12 % que la Bible est sans erreur.
Six mois plus tard, une autre étude réalisée avec une rigueur professionnelle, montrait que sur 1700 prêtres anglicans anglais, seulement 46 % croyaient que Jésus est l'unique moyen de salut, 61 % croyaient en sa résurrection corporelle et 46 % en sa naissance miraculeuse.

Il nous faut vraiment repenser la doctrine chrétienne : quel est sa finalité, quelle est son origine, pourquoi est-elle si détaillée ? Est-il vrai qu'elle soutienne la foi de certains fidèles et en détourne d'autres de la foi ? Est-ce bien elle qui est responsable de la crise actuelle de l'Église ? Il faudrait maintenant proposer de nouvelles expressions de la foi sans pour autant récuser les formulations traditionnelles auxquelles bien des fidèles sont encore attachés et qu'ils ont parfaitement le droit de conserver.

La religion n'est pas une science fondée sur une série de faits indiscutables qui ont été utilisés autrefois dans une conception du monde que nous n'avons plus de nos jours. On ne doit plus obliger les fidèles d'aujourd'hui à admettre la réalité historique de la naissance miraculeuse d'un enfant, la résurrection physique d'un homme sortant vivant de sa tombe après trois jours, sa possibilité d'accomplir des prodiges, qu'il soit « d'une même substance » que l'indéfinissable Etre-Esprit-Force que nous appelons « Dieu ».

Les gens ont tendance a prendre le Credo pour une présentation complète de la véritable foi chrétienne, alors qu'il a été rédigé au 4e siècle dans le but de résister aux idées d'Arius concernant la personne du Christ. Et en réalité beaucoup des doctrines actuellement en cours dans les Églises, ne sont que des interprétation de l'Écriture parmi d'autres qui proviennent de la tradition. Ainsi pour les interprétations données de la mort de Jésus, de son oeuvre, de la doctrines du péché, du paradis et de l'enfer, de Marie, de la prière, des sacrements, et de la conception de Dieu qui en découle.

Mais l'interprétation de tous ces points et la conception même de Dieu a considérablement évolué au cours des siècles et la tradition aussi a changé, ajoutant ici et supprimant là...

.

 

Un sondage mené récemment auprès plus de 500 jeunes anglais de 12 ans par les chercheurs de l'université d'Exeter révèle qu'un certain nombre d'entre eux se demandent pourquoi Jésus n'a pas accompli davantage de miracles, et pourquoi « il ne volait pas comme Superman »...

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

 

 

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