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Émile Mihière

 

 

Le pasteur Émile Mihière, que ses amis appellent Milou à cause de la grande amitié qu’il proposait à tous, a 93 ans.

Les petits livres qu'il publie maintenant, dans une retraite active, prolongent et signent l'engagement de toute sa vie.

Sa passion pour la justice sociale, l’entraide, l'humanité et la fraternité entre les hommes ; sa lutte permanente contre toutes les oppressions, les inégalités, les exclusions ; sa recherche d’une vérité libérée des tabous, des dogmatismes, de toute pensée unique, se reflètent dans ces pages.

il s’exprime en alexandrins. La poésie lui semble la meilleure façon de chanter la gloire de ceux qui sont les modèles de sa vie et qu’il nous propose, dans sa certitude qu’ils nous entraîneront vers le bien et le vrai.

Poésie en vers de mirliton, il est vrai, mais à son âge on n’a plus le temps de feuilleter les dictionnaires de rimes et on compte mal le nombre de pieds. D’ailleurs Milou n’a jamais eu le temps de s’attarder à peaufiner ses diatribes : l’amour du prochain est pressant.

Il y a aussi « A bâtons rompus » et un 6e livre est sur le point de paraître.

 


La Bible et après

Pp éditions  - 76 pages - 12 €

 

Voici un de ces poèmes :

Amos, l'Ingrépide

Vers sept-cent cinquante, dans le Nord d‘Israël
Bien avant Jésus-Christ, les Juifs adoraient Dieu.
La Bible nous présente la Voix venue du ciel,
C’est celle d’un berger aux paroles de feu…

A côté des grands noms : Abraham ou Moïse,
David le bien-aimé et son fils Salomon,
Et face aux Grands-Prêtres tous ceux qui prophétisent,
Pour tenir le peuple dans la vraie dévotion…

En ce temps-là vivait la religion d’état,
Belles cérémonies, des fêtes magnifiques,
Des prophètes de Cour dont le chef Amassia
Gérait avec le Roi l’État théocratique.

Le temple toujours plein, les processions suivies,
Sabre et puis goupillon s’en donnant à cœur joie,
Mais le droit la Justice… Aucun ne s’en soucie
Les pauvres maltraités, les riches qui festoient…

Alors surgit Amos. C’est un berger-prophète,
Il parle et écrit à ses risques et périls.
Délaissant son troupeau, il crie et il tempête.
Notre Dieu d’Israël a un autre profil.

Il est Universel pour toutes les nations,
Un Dieu de Justice : même les misérables
Ont droit à son amour ; obéissez sinon
Yahweh va vous montrer de quoi il est capable…

Comme un lion qui rugit, Amos est déchaîné
Au nom du Dieu vivant qu’on a mis en colère
A monté contre lui le Roi et le clergé
Et on l’a exilé, renvoyé sur ses terres.

Il a fini sa vie au milieu du troupeau.
Les prophètes de Cour ont pu faire carrière.
Quelques mois après l’exil de notre héros,
Israël a subi un tremblement de terre...

.



Debout les morts

Pp éditions  - 82 pages - 11 €

Il fait appel aux hommes et aux femmes du passé, dans l’élan desquels ils se reconnaît et dont il a toujours partagé le combat : Le prophète Jérémie, Spartacus, Vercingétorix, Marguerite Porète la béguine brûlée vive à Paris, Olympe de Gouges qui disait que si les femmes ont le droit de monter sur l’échafaud, elles ont bien aussi le droit de parler, Rosa Parks qui déclencha la révolte des Noirs en refusant de céder sa place dans l’autobus à un Blanc.
Le lecteur sera peut-être surpris de voir Milou enrôler dans la grande cohorte des lutteurs des gens comme Judas l’Innocent, Jérôme Savonarole, Abd el-Kader ou Savorgnan de Brazza. Cela se discute, il est vrai. Mais c’est chacun qui est ainsi appelé à se situer parmi les Justes de notre histoire.

 

Un Pacifiste allemand…

On l'avait appelé « Sentinelle de Paix ».
Prêtre catholique de l'armée hitlérienne,
« Aumônier de l'Enfer » est plus approprié,
Il se nommait Franz Stock, d'origine prussienne.

Il devient aumônier des prisons militaires,
A Fresnes, La Santé, puis au Cherche-Midi.
Il soutient Michelet avant qu'on le transfère
Dans le camp de Dachau, d’où peu en sont sortis.

Aide Estienne d'Orves avant qu'on l'exécute,
Et Gabriel Péri, et d'autres prisonniers ;
Franz a partie liée à ceux qu'on persécute,
Leur apportant livres et messages secrets ...

Il y avait des juifs au groupe « Manochian »
Qu’il fallait préparer à une mort certaine ;
L'abbé leur lit : psaumes de l’Ancien testament ;
Même avec les athées, lutte contre la haine ...

C'est ainsi qu'on peut voir près du Mont Valérien
Place « Abbé Franz Stock » : c'était le patronyme
De celui qui a voulu n'être que le soutien
Du résistant notoire et puis de l’anonyme ...

A la Libération, à Corday, près de Chartres,
Ce nonce Roncalli a choisi l’abbé Franz
Pour « dénazifier» un clergé idolâtre
Redonner l'Évangile aux prêtres allemands.

Il est bien devenu chef de ce séminaire
Qu 'on avait surnommé « Le Sem des Barbelés »
Franz usant ses forces jusqu'au bout : il espère
Allemands et Français enfin réconciliés ...

A quarante-quatre ans, mort, détruit par l’horreur
Qu’il a subie ou vue dans sa brève carrière
En voulant partager les chagrins, les douleurs.
En vivant un amour, triomphant de la guerre…

 

.

 

Rebelle, pourquoi pas ?

Pp éditions

 

Il évoque les personnalités, rebelles comme lui, dont il pense qu’elles ont tracé la voie pour une humanité novatrice. Parmi elles (Antigone, Amos, Socrate, Jean Huss, les Cathares, Sébastien Castellion, Thomas More, les Parpaillots, Marie Durand, Giordano Bruno, Flora Tristani, Louise Michel, Inde Bell West, Les trois sœurs intrépides, Edith Margaret, Rosa Luxembourg, Simone Weil, Henri Curiel) , voici entre autres, , le prophète Amos, de l’Ancien Testament, le réformateur Jean Huss et la huguenote ardéchoise Marie Durand.

 

Marie Durand, la Rebelle

Cité d’Aigues-Mortes si célèbre autrefois,
Sous Louis neuf dit Saint Louis avec ses deux croisades
Qui partirent de là. Sous prétexte de Foi
Combien vit-on de morts, de blessés, de malades ?

Le roi pestiféré, l'armée est décimée,
Reste son souvenir dans ce bourg d’Aigues-Mortes
Que le fils de Saint Louis a fait fortifier ;
Il construisit la Tour, barricadant les portes.

Et c'est là que plus tard, dans la Tour de Constance
On enferme les gens passibles de prison.
Imitant son père, Louis quinze, roi de France,
Jette les protestants traqués par ses dragons.

Car les dragons du Roi chassaient les infidèles
A l'appui du pape c'est « Sus aux Huguenots ! ».
Ils étaient hors la loi, on livrait ces rebelles
Voués à la prison, aux galères, aux bourreaux.

C'est ainsi qu'on a pris la petite Marie :
Elle a quinze ans à peine on l'enferme au cachot,
Et pendant des années elle n'a pas failli,
Les gardiens murmuraient : « C'est ça les Huguenots ! ».

On a tout essayé : les coups et les menaces.
Elle a tenu le coup, cinquante années durant,
Têtue et obstinée ? Les bourreaux qui se lassent
A la fin épuisés ... Vive Marie Durand !

Pour mieux symboliser sa raison de survivre
Dans ce cachot de pierre où on vient t'écrouer,
Elle a gravé ici bien mieux que dans un livre ;
Dans le roc encastré vit le mot RÉSISTER…

 

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Tous les chemins ne mènent pas à Rome

 

Ed. L’Harmattan - 160 pages - 15,50 €

Ce petit livre se dévore d’une seule traite tant on est porté par le souffle brûlant qui a porté son auteur tout au long de son ministère, depuis ses débuts comme prêtre aumônier de lycée, prêtre ouvrier, pasteur de la Mission Populaire, homme de gauche, anarchiste, passionné, homme de Dieu pour tout dire.

En voici une page

Un mariage à Oloron

Un catholique fervent, et elle protestante, demandent un mariage mixte. Après la visite des fiancés, je dois rencontrer le curé, le plus vieux du diocèse, toujours en soutane et passant pour têtu, je le trouve fraternel et ouvert. Nous nous mettons d'accord. Puis les jeunes me disent vouloir communier ensemble. Mais le curé doit demander l'autorisation de concélébrer à l'évêque. Naturellement, c'est refusé, les fiancés déçus, viennent me trouver.

« Nous vivons ensemble, le bébé est attendu dans trois mois... Faites quelque chose ! Notre curé est vieux, pensez, il a fait Verdun ! »

Enfin, j'avais le point faible. Je vais voir le curé :

- Vous savez que les jeunes sont déçus, quel dommage ! Il y a des moments dans la vie où les barrières doivent tomber. Tenez, mon père a fait Verdun. - Moi aussi, quel souvenir ! - Mon père me disait que dans les tranchées...

Après 10 minutes et un coup de jurançon, le curé :

- Eh bien, monsieur le Pasteur, vous m'avez convaincu, on ne peut pas faire une concélébration, nous ferons donc une intercélébration ! - La différence ? - C'est la même chose !

Ce fut une célébration conviviale, dans une église pleine à craquer, avec des gens heureux, souriants. Au moment de la communion, nous étions quatre : les mariés, le curé et moi. Avec pain, hosties et vin consacré, à peu près tout le monde a communié, et chacun prenait ce qu'il voulait.

Un de mes paroissiens, rayonnant, vient me trouver à la sacristie : « je n'ai jamais vu ça de ma vie, c'est exaltant ! » Bien d'autres cas depuis... un pied de nez à la curie romaine et un sourire à l'œcuménisme.

 

 

 

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