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A propos de Etty Hillesum

prophète pour notre temps

 

pasteur Jean Dumas

 

 

23 mars 2015

Etty Hillesum a tenu son journal de jeune juive pendant l’occupation allemande de sa Hollande natale de 1941 à 1943, jusqu’à sa mort à Auschwitz. « Une vie bouleversée », éditions du Seuil, 1985. Un document extraordinaire, souvent réédité. Décidément, le personnage de Etty devient prophète pour notre temps. Face à un avenir tourmenté par la barbarie d’un islam dévoyé, son courage nous aide à dépasser nos peurs. Plus profond, le point fort sur lequel Etty s’appuie se précise peu à peu dans sa réflexion pour nous atteindre encore aujourd’hui.

C’est une musulmane qui puise dans les paroles d’Etty, 70 ans plus tard, sa force pour féconder sa foi musulmane en s’imaginant dialoguer avec la foi d’une juive : Karima Berger intitule ce dialogue “Les attentives”, qui vient de paraître. (Albin Michel 2014). Elle appelle le lecteur à s’ouvrir à l’actualité brûlante d’un monde inquiétant en prêtant toute son attention à la dimension d’une foi renouvelée plus nécessaire que jamais. Elle vient d’ailleurs de recevoir un prix littéraire et préside maintenant l’association des « écrivains croyants ». La pensée d’Etty Hillesum dépasse donc les clivages confessionnels habituels.

La musulmane, par une langue d’une grande beauté, imagine être la jeune musulmane dont la photo s’affiche dans le bureau de Etty pendant qu’elle écrivait son journal, et s’adresse à elle. “Tu veux t’expliquer, non pas seulement avec les ressources de l’esprit mais avec toutes les ressources de l’esprit et des sens confondus, tu veux même sentir ce que
tu “ne sais pas encore écrire” : “Je veux écrire ce qui s’étend derrière les choses réelles.” “Tu ne crées pas seulement des mots, c’est la vie ellemême que tu recrées en permanence,” note la musulmane.

Karima Berger évoque alors cette pensée véritablement subversive : “Il faut, dis-tu, s’affranchir intérieurement de tout, de toutes les représentations convenues, de tous les slogans, de toutes les idées sécurisantes, il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toute norme et de tout critère conventionnel, il faut oser faire le grand bond dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse.”

Et Dieu alors ? A-t-il sa place en pleine déréliction ? “J’ose prononcer ton nom”, ainsi que le dit Etty. Ce que reprend la musulmane en notant que Dieu fait la une des peuples : elle vise ici sa religion musulmane, comme toute autre religion : “ En vérité ce n’est pas de Dieu qu’on parle, c’est la religion qui l’a supplanté ; qu’on brandit tel un étendard et la religion n’est pas Dieu ! Elle peut effacer le nom même de Dieu, le vidant de sa puissance et de sa joie subversive.” Elle ajoute cette remarque virulente “ Cette ostentation du religieux m’offense. Lorsque tu évoques la “fille qui ne savait pas s’agenouiller”, tu dis que la prière c’est “comme si l’on abordait le plus intime du plus intime. Que peut-il y avoir de plus intime que le rapport des gens à Dieu ?”

Ainsi Karima Berger souligne-t-elle l’importance de l’intériorité et de la spiritualité, si nécessaires pourtant en notre siècle areligieux.

Karima de conclure son dialogue avec Etty : “Ton altérité juive n’a cessé de nourrir l’universalité de ma pensée musulmane. De libérer mon Dieu des défigurations qui le menacent. A mon tour, en silence, loin de ce bruit de fond persistant, je peux éprouver dans mon intimité sa Présence – la Sakinah – et l’abriter dans ma chambre haute.

Etty : “Tenez fermement vos positions intérieures une fois que vous les avez conquises.” Karima : “Je les tiens, chère vigie, car c’est la guerre, et la bataille aujourd’hui se situe au- dedans de soi, sur le front de ses positions intérieures.”

Je veux dire le regret qui m’habite de constater le peu de place que fait notre époque à toute évocation de cette intériorité, de cette spiritualité, de cette ouverture priante à Dieu qui tient une si grande place dans la pensée des deux “attentives”. Elles nous indiquent la voie d’avenir qui s’ouvre aux croyants de toutes fois en ces temps si troublés.

 

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