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Prédication
au service de reconnaissance

pour Jean Hoibian

 

temple de Montélimar

 

 

Sonia Arnoux

pasteur de la paroisse de Dieulefit


24 novembre 2013

Texte biblique : Marc 2,1-12
Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu'il était à la maison, et il s'assembla un si grand nombre de personnes que l'espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole.
Des gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes. Comme ils ne pouvaient l'aborder, à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché.
Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique :
-  Mon enfant, tes péchés sont pardonnés.
Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au dedans d'eux :
-  Comment cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n'est Dieu seul ?
Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu'ils pensaient au dedans d'eux, leur dit :
-  Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs ? Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique :
" Tes péchés sont pardonnés", ou de dire : "Lève-toi, prends ton lit, et marche ?"
Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés :
-  Je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison.
Et, à l'instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu'ils étaient tous dans l'étonnement et glorifiaient Dieu, disant :
-  Nous n'avons jamais rien vu de pareil.

Jean Hoibian a lui-même préparé les éléments pour ce culte. Et je ne suis pas étonnée qu’il ait choisi ce texte. Une de ces pages qui éclaire la beauté de l’Evangile dans le sens du texte de Dorothée Sölle : l’Evangile est beau !
Jacqueline vous nous avez dit que deux choses sont importantes pour Jean dans ce récit : la solidarité entre ces hommes qui le portent et le paralysé et la parole de Jésus : prends ton grabat et rentre dans ta maison.
Je voudrais ajouter un 3° élément qui ne lui aura certainement pas échapper c’est la liberté. Un thème qui était si cher au cœur de cet homme qui a vécu longtemps et beaucoup avec des hommes privés de liberté.
Jean a choisi ce texte pour annoncer l’Evangile, ce sont les mots qu’il a écrits sur l’enveloppe qui contenait textes et références. Alors je me permets de vous emmener au cœur de ce récit, connu, très connu pour beaucoup. Ce texte est en phase avec cet homme, il l’a sans doute lu et relu et maintes fois accueilli pour prêcher ou agir. Il en a aussi lui-même fait l’expérience.

Solidarité, liberté, un homme debout.
Voilà les ingrédients majeurs. Mais comme à chaque fois, dans l’évangile comme dans la vie cela s’inscrit dans une histoire, dans une rencontre.
Et ce qui a permis que cette rencontre ait lieu c’est l’initiative de ces hommes qui portent l’un des leurs vers Jésus. Le porter au plus près de Jésus, c’est là leur projet.
La maison où il se tient est pleine de monde jusque devant la porte, et la foule semble faire barrage. Qu’à cela ne tienne… ils passeront l’homme par le toit. Ils créent ainsi une ouverture et ça ce n’est pas rien. Pour ces hommes il est vital que le paralytique qu’ils transportent puisse se trouver en présence de Jésus. Ils sont prêts à tout pour cela, c’est cela être solidaire. Sans eux rien n’aurait changé dans sa vie, il était dans un immobilisme que seul l’élan des autres pouvait transformer. Cela nous dit quelque chose sur la nécessité que d’autres soient présents dans nos vies pour que quelque chose bouge. Et inversement que nous soyons avec les autres qui ne peuvent plus bouger.

Jésus ne s’y trompe pas. Il voit… et il voit la foi de ces hommes, il la reconnaît. Et alors qu’aucune demande explicite n’est formulée, lui qui s’adressait à la foule et leur parlait la parole adresse maintenant sa parole à l’homme couché sur le grabat. « Enfant, ils te sont remis tes péchés » ou encore elles sont relâchées tes fautes. C’est une première manière d’attester à cet homme qu’il est libre. En effet le vocabulaire employé est celui de la remise des dettes. Mais il y a là de quoi nous étonner. Notre étonnement peut être culturel mais peut-être rejoint-il la colère des scribes.
De quoi Jésus se mêle-t-il ? Il parle de péchés mais ce n’est pas là pour nous le problème ; Or cela l’est pour des hommes juifs du temps de Jésus immergé dans une société qui retranche les malades de la communion avec Dieu à cause de leur péché. Liant péché et maladie ce que Jésus n’arrête pas de contester. Dans la bible le péché c’est cette rupture avec Dieu. Mais en quelque sorte Jésus affirme ici la liberté de cet homme que rien ne peut entraver. Une liberté fondamentale, indépendante des chaînes dans lesquelles un homme peut se mettre ou se trouver.
Ce que dit Jésus est subversif et ses paroles se heurtent aussitôt aux murmures intérieurs des scribes. Ce serait là un autre thème sans doute cher à Jean : comment l’institution enferme et voudrait confisquer et contôler ce qui est ferment de liberté inaliénable. Jésus est venu pour rappeler la juste place de tout homme.
Les hommes qui ont porté le paralytique auprès de Jésus ont tout fait pour abolir la distance et Jésus le reconnaît juste : la distance n’est plus, tu es libre, un Autre t’a libéré. En effet, Jésus ne dit pas je te pardonne. Mais tes péchés sont relâchés ; C’est un passif qui dit discrètement l’action de Dieu.
Mais le dialogue intérieur des scribes va pousser Jésus au bout du geste de libération qu’il est venu attester. Alors que la première proclamation de liberté n’est perceptible que par celui qui est concerné et ceux qui sont en lien vrai avec lui, les paroles que Jésus prononce comme contraint par ceux-là même qui le contestent rendent visible pour tous ce qui se passe.
« Jésus dit au paralysé : A toi je dis, Lève-toi, prends ton grabat et va dans ta maison. »

Les amis porteurs ont fait leur part.
Jésus a fait sa part avec l’attention qu’il porte à l’homme et ses deux manières de proclamer sa libération. C’est maintenant à l’homme porté de faire sa part : consentir à ce que Jésus lui dit, croire suffisamment à ce qu’il dit pour se lever.
Face aux paroles de libération nous avons encore le choix de bouger ou de ne pas bouger, accueillir ou ruminer.
Lui consent : il se lève, prends son grabat, (sa charge comme aimait à dire Jean) et il sort devant tout le monde. A l’horizontale maintenant, au milieu des témoins bouleversés, sortis d’eux-mêmes qui reconnaissent l’Autre qui agit face à l’homme debout.
Face à la parole nous pouvons contester ou accueillir la liberté qu’elle donne. Cet homme accueille et le voilà debout. C’était le programme de vie de Jean, s’appuyer sur cette expérience, pour porter ceux qui ne peuvent se mettre debout seuls et les exposer à suffisamment d’amour pour que se passe cette chose inouïe : être remis debout. Sans angélisme cependant ; Car comme cela transparaît dans ce récit être remis debout cela requiert l’aide des autres mais aussi son propre concours. Va dans ta maison : retrouve ton lieu et vis ta vie !
Je ne sais pas si Jean a aussi entrevu que autour de l’écoute de ce récit, une communauté porte aujourd’hui sa famille pour qu’elle entende ce qui l’aidera un jour à se remettre debout et à se sentir vivant et, pour ceux qui le peuvent, à le savoir vivant, dans les mains de celui qu’il appelle Dieu. Amen


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