Progressivechristianity.org
Le problème de Dieu
The God Thing
Fred Plumer
pasteur de l’Église Unie du Christ
Irvine, Californie, États-Unis
président du réseau ProgressiveChristianity.org
29 octobre 2012
[…]
Je pense à une dame qui m’a interrogé sur notre conception de Dieu lorsqu’elle m’a entendu dire que je ne croyais pas à un Etre « dans le ciel », qui exauce les prières, qui nous guide personnellement, qui nous réconforte dans le besoin, qui attend de nous un certain style de vie, de croyance et de pensée et qui requiert notre louange et notre adoration.
[…]
Il est vrai que beaucoup d’entre nous ont la conception d’un Dieu personnel. Mais ceux qui pensent avoir vraiment vécu une communion avec ce qu’ils peuvent appeler « Dieu », lorsqu’ils nous en parlent, ne décrivent pas « Dieu » mais seulement le sentiment qu’ils ont eu d’un Grand Mystère.
Il semble que nous ne pouvions faire mieux, alors qu’il nous paraît si réel, que de parler d’un Grand Mystère.
On peut dire le sentiment que l’on a de Dieu mais on ne peut prétendre décrire Dieu lui-même.
Comme l’a écrit Gordon D. Kaufman, professeur de théologie à Harvard dans son livre « In Face of Mystery » (Face au mystère) : « les mythes et les symboles, les dogmes et la réflexion théologique sont des mystères profonds et fondamentalement insondables. Le sens ultime de la vie, et la compréhension du monde et de la place qui y est la nôtre sont des questions qui dépassent l’esprit humain. »
Que peuvent donc dire les chrétiens libéraux du problème de « Dieu » ?
- Premièrement nous pouvons dire qu’il s’agit d’un mystère qui dépasse toute compréhension. Qu’on « le » nomme Suprême Mystère, Signification Ultime, « Unité », ou autrement… mais je crois qu’il est temps de récuser l’idée dualiste des deux règnes, le réel et le mystérieux, le naturel et le surnaturel.
Je crois que nous pouvons avoir des occasions de communion avec « Dieu ». J’en fais moi-même l’expérience presque chaque jour ici ou là, lors d’une réflexion ou d’une rencontre.
- Deuxièmement il est aussi temps d’admettre qu’il n’y a personne « là haut » à qui nous devions louange, remerciements ou même obéissance.
Je peux vivre en harmonie avec les forces agissantes de l’univers et je peux les ignorer. Cela ne changera rien à mon sort après ma mort. Mais je sais aussi que je peux voir, entendre, éprouver le surgissements d’extraordinaires miracles présents autour de moi et en moi, n’importe quand et où que j’aille.
- Et enfin, il nous faut apprendre à vivre en paix au milieu de l’inconnu. Je cherche souvent, comme tout le monde, des réponses, un éclairage, une sécurité intérieure. Si nous voulons être ouvert aux merveilles du monde, nous devons accepter de cohabiter avec les Mystères Ultimes.
Je voudrais terminer avec une citation que j’ai affichée sur le mur de mon bureau : « Toute notre science n’est qu’une petite île au milieu d’une immense mer inexplorée. Préférerons-nous la petite île de notre prétendue science ou l’infini de la mer du mystère ? » (Karl Rahner)
Traduction Gilles Castelnau
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