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L’enseignement des faits religieux

dans les manuels d’histoire

 

 

Véronique Deneuche

docteur en Sciences de l’Éducation

préface de Claude Lelièvre

 

Éd. L’Harmattan

266 pages. 27 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

 

5 octobre 2012

Ce gros livre très technique est destiné à prendre place sur les rayonnages des établissements spécialisés.

Il est le compte-rendu d’un gros travail à la méthodologie scientifique, présentant l’évolution des programmes d’histoire et leur traduction dans les manuels destinés aux élèves des classes de 6e et 5e. Néanmoins de nombreux passages sont d’un grand intérêt et ne présentent pas de difficulté de lecture pour les non initiés.

En voici deux passages à titre d’exemple.

 

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page 133

Les manuels de 2009 hésitent, eux aussi, sur le statut de la Bible. Pour Nathan, les Hébreux « décident d'écrire la Bible pour garder une trace de leur histoire. Les textes de la Bible sont très variés : mythes sur l'histoire du peuple hébreu, lois, prières... », tout en précisant : « Ils écrivent leur histoire que peu de sources archéologiques peuvent confirmer ».

Pour Hachette, « ces récits mélangent des évènements qui ont surement existé et des légendes ».

Bordas classe les récits de la Bible sous le grand titre « Mythes et récits », et explique : « La Bible retrace l'histoire des Hébreux, mais c'est surtout un livre religieux ».

Pour Belin, la Bible « contient des récits légendaires et des récits inspirés de l'histoire du peuple hébreu ».

Malgré ces précisions, tous les manuels de 2009, avec un texte auteur limité, utilisent les mêmes extraits bibliques que leurs prédécesseurs. Les manuels donnent, comme en 1977, le statut de mythes aux textes bibliques, en les classant aux côtés des grands textes fondateurs. De fait, si l'on définit le mythe comme un récit traditionnel mettant en scène des êtres surnaturels (dieux, ancêtres ou héros divins), il est difficile de ne pas rapprocher les récits de la Bible des récits mythologiques.

Les récits de la Genèse expliquent le monde, mettent en scène l'intervention d'un dieu sauveur qui conduit les évènements : « Par leur statut de récits fondateurs, on peut dire que les récits du Pentateuque fonctionnent comme une véritable tradition mythique pour le judaïsme et le christianisme. »

La difficulté historique est que le statut de textes fondateurs est contestable pour les premiers chapitres de la Genèse : leur position en tête du corpus n'est que l'effet d'un processus rédactionnel et de la constitution progressive du canon, et n'indique rien sur leur importance réelle dans le judaïsme ancien.

L'analyse de ces relevés montre que la majorité des auteurs accordent une caution certaine quant à l'historicité des récits bibliques. En se référant à la Bible comme document historique qu'il faut croire, ils reproduisent parfois un discours de foi et non un discours de savoir historique.

Les rédacteurs des manuels confondent ainsi fréquemment l’historicité d’un document c’est-à-dire sa réalité historique et la vérité des faits qu’elle relate.

 

page 198

La doctrine du christianisme.
La première observation est que, pour les périodes étudiées, il y a toujours eu dans les manuels des contenus doctrinaux détaillés, ,soit dans les textes auteur, soit dans les résumés ou les textes de présentation des chapitres. Les manuels de 1957 à 1977, avec un texte auteur dense, sont dans une écriture proche d'une écriture de catéchisme : Harmand insère même dans son texte auteur des extraits bibliques, si bien qu'on ne sait plus ce qui est de l'auteur ou de la Bible.

Même pendant les années des programmes de 1977,les contenus doctrinaux sont présents, malgré l'allègement des contenus des manuels, préconisés par les programmes.

En effet, les manuels passent à l'organisation de la double page, qui semble donner moins de place aux contenus textuels au sein de la leçon, mais les dossiers thématiques et les pages « Magazine » complètent les informations. Les contenus doctrinaux continuent à être présents par le biais des textes auteur, des résumés, et des nombreux documents textuels et iconographiques dans les manuels ultérieurs.

La deuxième observation est que les contenus doctrinaux ne changent pas, dans le message qu'ils transmettent, même si les manuels connaissent des changements de forme liés aux préconisations des programmes. Le christianisme est présenté avec des termes proches des termes bibliques des trois Evangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc). Tous les auteurs présentent l'amour de Dieu et du prochain au centre de la foi chrétienne, reprenant ainsi le premier et le plus grand commandement de l'enseignement de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi même. À ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes », avec une grande fidélité comme Hallynck et Brunet 1957 : « Tu aimeras Dieu de toute ton âme, et tu aimeras ton prochain comme toi-même » qui écrivent aussi : « Celui qui ne renoncera pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple », ou encore « Soyez bons et humbles de cœur » ; et « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », autant d'extraits de la Bible.

D'autres extraits bibliques renouvellent ce message d'amour, pour tous les hommes : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Oui, comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez vous les uns les autres », repris textuellement par de nombreux manuels. L'amour du prochain est un amour universel : « Aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs ; ainsi serez-vous fils de votre père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes », termes retrouvés dans les textes auteur sur toute la période étudiée.

Dans le Sermon sur la montagne, dont le premier paragraphe s'appelle « Les Béatitudes », Jésus rappelle certaines prescriptions du Décalogue en expliquant qu'il est venu les accomplir, c'est-à-dire les parfaire : « N'allez pas croire que je sois venu abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir. »

Ces phrases sont reprises par les auteurs de la collection Isaac, jusqu'en 1975, qui écrivent : « Je ne suis pas venu, dit-il, pour abroger la Loi (de Moise) mais pour l'appliquer entièrement » et dans les manuels ultérieurs comme Hatier 1994 : « Jésus ne renie pas la religion juive mais il y ajoute de nouveaux éléments ».

La promesse de la vie éternelle et du « Royaume des Cieux » se retrouve dans l'Evangile notamment de Matthieu, qui titre ses chapitres : « L'inauguration du royaume des cieux », « La prédication du royaume des cieux », « Le mystère du royaume des cieux ». Dès le début de la prédication de Jésus, Matthieu écrit : « Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche »

Le Sermon sur la montagne propose des citations comme : « Heureux les pauvres en esprit car le Royaume des Cieux est à eux » ou : « Celui-là sera tenu pour grand dans le Royaume des Cieux », ou encore au chapitre sur les sept paraboles : « Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de sènevé » ou : « Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux ». Les évangélistes Marc et Luc lui préfèrent l'expression « Dans le Royaume de Dieu ».

Jésus, et le christianisme à sa suite, recommande le détachement des richesses, et le renoncement aux biens de ce monde, avec les phrases de Matthieu du paragraphe intitulé « Le jeune homme riche » : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi » et de Luc dans le paragraphe intitulé « Renoncer en particulier à tous ses biens ». Si l'argent n'est pas condamné, son accumulation est déconseillée : « N'amassez pas de fortune durant votre séjour sur la Terre. Amassez-vous plutôt une fortune dans le ciel. Car là où est ton trésor, là aussi est ton cœur. »

La doctrine du christianisme est transmise dans les manuels par les textes bibliques choisis comme documents. Les extraits choisis sont majoritairement tirés de l'Évangile de Matthieu : le Sermon sur la montagne, le plus grand commandement et les paraboles de Jésus sont cités par tous les manuels, avec des choix différents selon les éditions. Dans les manuels de la collection Isaac, de 1957 à 1977, sont unanimement présentés des extraits de l'Évangile de Saint Matthieu, le plus complet et structuré des Evangiles, sous le titre « L'enseignement de Jésus ».

 


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