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L’heure de la pause déjeuner

 

Time To Break For Lunch

 

Fred Plumer

pasteur de l’Église congrégationaliste unie
Irvine, Californie, États-Unis
président de
The Center for a Progressive Christianity

 

23 juin 2009

Il y a quelques années, j’ai participé à une conférence interreligieuse. Elle m’intéressait car j’étais alors pasteur d’une Église de 350 membres en Californie du Sud qui avait pour partenaire une importante synagogue. Nous avions des échanges de prédication, des célébrations communes et nous pratiquions des mariages mixtes. Le rabbin était un ami et mon collègue le plus proche. Je donnais des cours à son catéchisme et il en donnait au mien. Lorsque les fêtes juives tombaient un dimanche notre paroisse y participait et s’en sentait honorée.

Nous avions aussi récemment pris contact avec une petite communauté musulmane mais nous éprouvions de sérieux problèmes de communication. Je recevais aussi des lettres furieuses et menaçantes de certains chrétiens.

J’attendais donc beaucoup de cette conférence interreligieuse. Les quatre conférenciers étaient un juif conservateur, un musulman, un bouddhiste et un chrétien traditionaliste. Des groupes de travail étaient organisés sur un peu tous les sujet, depuis la tradition païenne-wicca jusqu’au gnosticisme etc. C’était globalement très intéressant. Le dernier jour, l’assemblée pouvait poser des questions aux quatre principaux intervenants. L’ambiance était polie et les questions ne concernaient en général que des points de détail.

Je me suis finalement levé et après avoir remercié les conférenciers, j’ai posé une question qui me brûlait depuis longtemps : « Si vous partiez déjeuner ensemble à l’issue de cette conférence, seriez-vous capables de vous regarder les uns les autres sans penser intérieurement : "ce pauvre type patauge, il a besoin d’aide ou il se trompe tout simplement" ? Êtes-vous capables de vous considérer mutuellement comme des enfants de Dieu tout à fait égaux ? »

Il y avait 600 personnes dans la salle et un silence de mort a suivi ma question.
Le président de séance a cherché des yeux quel participant souhaitait apporter une réponse mais seul le bouddhiste prit la parole et ce fut pour dire seulement avec un sourire : « voici une excellente question ».
Un silence embarrassé s’en suivit et finalement le président annonça : « c’est l’heure de la pause déjeuner ».

Et en nous rendant chacun dans nos respectifs lieux de repas je pensais avec mélancolie et humour justement à tous ces repas de fraternité auxquels Jésus participait avec un égalitarisme radical, comme disait John Dominic Crossan. Et j’essayais de l’imaginer ne partageant son repas qu’avec les seules personnes de son entourage !
Je me demandais comment il se serait préoccupé de leur appartenance ecclésiastique !
Se serait-il demandé si leurs options religieuses étaient correctes ?
Jésus croyait-il que sa religion était la seule voie permettant d’atteindre la Réalité Fondamentale ?
Lorsqu’il disait : « ne jugez pas » voulait-il dire : « ne jugez pas sauf naturellement pour les sujet religieux » ?
Ou savait-il ce qu’il y avait dans les cœurs et les âmes des hommes sans se préoccuper de conceptions religieuses, tribales, ethniques ou sexuelles ?
Était-il capable de transcender tout ce qui sépare les hommes les uns des autres et parfois de manière violente ?

Parlons justement de violence : la religion fournit plus d’occasions d’oppositions violentes individuelles ou collectives que n’importe quel autre système de pensée. On en rend en général responsables les fondamentalistes, notamment les fondamentalistes musulmans d’aujourd’hui, mais il suffit de jeter un coup d’œil au messages que m’envoient certains chrétiens qui sont en désaccord avec moi, pour prendre conscience que la colère et la violence ont droit de cité dans nos Églises.

Il est tristement ironique de remarquer qu’une des raisons pour lesquelles le Christ a été mis à mort était justement qu’il enseignait un égalitarisme radical et qu’il invitait à un banquet de compassion tous les humiliés de la terre.
Nous ne saurons jamais ce que ni ces gens ni même Jésus, avaient dans l’esprit. Mais je pense que les motifs de conflits qui séparaient ces gens les uns des autres devaient disparaître lorsqu’ils prenaient conscience qu’ils n’étaient plus jugés ni condamnés. Je suis bien sûr que certains d’entre eux ont expérimenté le Règne de Dieu dans ces repas de fraternité.

C’est peut-être effectivement l’heure de « la pause déjeuner ».

Traduction Gilles Castelnau

 

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