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Le message de la Résurrection

ne peut qu’être vrai

 

It Must Be True (Easter)

 

Fred Plumer

pasteur de l’Église congrégationaliste unie
Irvine, Californie, États-Unis
président de The Center for a Progressive Christianity

 

14 juin 2009

C’était à l’issue d’une réunion de préparation de sermons où nous venions de travailler sur la Résurrection, que l’un de nous m’a accompagné jusqu’à ma voiture et m’a dit brusquement : « Crois-tu vraiment à cette histoire de Pâques ? ».
Et avant que j’ai eu le temps de reprendre mon souffle il a répondu lui-même à sa propre question : « Cette histoire ne peut qu’être vraie car autrement, l’Église n’aurait jamais pu survivre ainsi depuis 2000 ans ». Il ne précisa pas ce qui « ne pouvait qu’être vrai » mais je présume qu’il pensait à l‘histoire traditionnelle de la croix, la mort, la résurrection de Jésus.

Les biblistes qui me semblent les plus sérieux ont montré que les textes de la résurrection étaient des midrashs, des récits mythologiques. D’ailleurs Paul écrit : « Le corps est semé corps physique, il ressuscite corps spirituel » (I Corinthiens 15).
Certes, il est frappant d’affirmer que ce qui a traversé l’épreuve du temps ne peut qu'être être vrai. Mais cela me semble tout de même discutable. L’hindouisme, le bouddhisme, le judaïsme, le taoïsme et les shintoïsme sont tous plus anciens que le christianisme. Seraient-ils « plus vrais » en raison de leur ancienneté ?
Et d’ailleurs leurs fidèles ne disent jamais que le Christ est la seule et unique voie.

Et pourtant Pâques est vrai ! Ce qui est « vrai » est l’enseignement que Jésus a donné à ses disciples, qu’il nous a donné à nous. Ce qui est vrai est que chacun peut vivre le Royaume, le Règne de Dieu, pourvu qu’il accepte de penser et de se conduire comme Jésus le disait. Ce qui est vrai est que lorsqu’on a découvert le Règne de Dieu, on ne veut plus rien d’autre.

Jésus nous a enseigné qu’il ne pouvait pas vivre le Règne de Dieu à notre place. Que c’était à nous d’en suivre le chemin. C’est à nous d’apprendre à vivre d’une certaine manière, à penser d’une certaine manière. C’est à nous d’ouvrir nos oreilles afin que nous entendions et nos yeux afin que nous voyions le monde animé par l’Esprit et que nous comprenions que tout être vivant fait partie de la grande Unité sainte.

Ce qui est vrai est que lorsque nous apprenons à prendre nos responsabilités, à réparer le mal que nous avons pu faire et à ne plus faire ce qui nous paraît mauvais, nos vies deviennent nouvelles. Nous vivons davantage en harmonie avec la Puissance créatrice ultime et avec toute la création. Et nous découvrons la vraie liberté.

Ce qui est vrai est que si nous comprenons que l’Univers est animé d’une énergie créatrice de bien, nous prenons conscience que tout ce que nous faisons, chacune de nos actions et de nos fautes nous fait progresser dans la voie de la connaissance. Et cette connaissance est celle d’une vie pleine et spirituellement épanouie.

Ce qui est vrai c’est que si nous voulons ne plus nous sentir seul, ne plus nous sentir isolé, si nous voulons découvrir la divinité dans les autres et en nous-même, il nous faut arrêter de les juger. Car tant que nous jugeons les autres, nous nous jugeons nous-même, nous jugeons le monde et nous jugeons le Dieu créateur.

Ce qui est vrai c’est qu’apprendre à pardonner les autres et admettre que nous sommes nous aussi pardonnés est le premier pas vers la vraie liberté. Si nous voulons progresser, si nous voulons déposer le fardeau qui nous écrase et ôter les pierres qui durcissent notre cœur, nous devons apprendre d’abord à pardonner ceux qui nous ont offensés. Conserver le poids de nos rancœurs, de nos jugements, de nos anciennes blessures parce que nous ne pouvons nous en libérer, est une situation écrasante.

Ce qui est vrai est le besoin que nous avons d’aimer. Quand nous apprenons à aimer notre prochain - et même nos ennemis – comme nous-même, disparaissent toutes les fausses barrières crées par les hommes.
Quand nous tendons la main avec compassion à celui que nous pouvons aider ou que nous pouvons guérir, alors nous découvrons l’étincelle divine qui est en lui et qui est donc aussi en nous. Et nous prenons conscience que, d’une certaine manière nous sommes un. Nous comprenons alors que nous ne sommes plus seul et isolé.

Ce qui est vrai est que si nous voulons vivre le Royaume de Dieu, il nous faut un cœur généreux. Généreux de notre amour, de notre temps, de nos biens.
Quand nous fermons notre cœur, quand nous tergiversons, quand nous calculons et souhaitons demeurer raisonnables, quelque chose se dégrade en nous, quelque chose détruit notre avoir et produit en nous du mauvais cholestérol.
Nous avons appris que nous ne devons pas nous préoccuper de ce que nous mangerons, de ce que nous boirons, de quoi nous serons habillés ni de la durée de notre vie. Ce qui est vrai est que notre cœur peut devenir notre prison et peut aussi nous rendre libre.

Ce qui est vrai est que Jésus nous a appris que la vie est un don, qu’elle est pleine de possibilités rares et précieuses. Si nous la considérons comme un don qu’il faut apprécier, célébrer, aimer, elle prendra une nouvelle signification. La mort perdra son aiguillon. La vie est riche de possibilités, elle n’est pas une corvée à traverser.
Il n’est pas nécessaire de penser que, par sa mort Jésus nous a apporté quelque chose de spécial. C’est par sa vie qu’il nous a apporté. Il a enseigné des paraboles. Il est lui-même devenu une parabole vivante. Et il a dit à ses disciples de « faire de même ». C’est–à-dire que le reste, c’est à nous de le faire. Nous avons à le vivre, à la risquer. Nous avons à devenir comme lui.

Tout ceci signifie qu’il nous faut repenser nos valeurs, nos priorités, nos vies. Il nous faut apprendre à faire confiance à l’océan de l’infini mystère, à accepter de lâcher la rampe de nos engagements, à renoncer à nos certitudes. Il nous faut renoncer à être le premier, ne plus être frustré si nous ne le sommes pas et apprendre à vivre en union avec l’univers. Il nous faut arrêter de nous définir par l’argent que nous gagnons, par le pouvoir qui est le nôtre, et apprendre à  nous définir par le cœur qui est le nôtre, l’amour qui est le nôtre, comme des enfants de l’Univers, enfants de Dieu.

Jésus a dit que le Royaume de Dieu, cette relation fondamentale avec Dieu et les uns avec les autres était pour tout le monde. C’est ici la Bonne Nouvelle de Pâques, c’est la Bonne Nouvelle de tous les jours de l’année.

Et pour répondre à mon collègue, comment savoir qu’elle est vraie ? Jésus a dit : « vous la reconnaîtrez à ses fruits ». Autrement dit, vous la reconnaîtrez à la paix, à l’accomplissement, à la satisfaction et à la joie qu’elle vous procurera. Vous la reconnaîtrez en la vivant.

Et je dis : alléluia !

Traduction Gilles Castelnau

 

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