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Où te tiens-tu, Jésus ?

 

pasteur Jean Hoibian

 

26 décembre 2008
Il y a longtemps, très longtemps, tu marchais, Jésus, au milieu des hommes et des femmes de ton temps.
De la Galilée à la Judée, en passant par la Samarie, des pays de ta croyance aux contrées païennes, tu annonçais à tous une bonne nouvelle :

Dieu veut changer le monde.

Depuis des siècles on attendait un signe, celui de la réconciliation avec Dieu. D’où découlerait une autre vie : moins de haine, moins de violence, moins de mépris.
Je suis le médiateur propose Jésus, asseyons-nous et parlons. Jean-Baptiste avait raison : il faut changer de comportement. C’est court une existence ! Il faut la remplir de joie, de pardon, d’amour, d’espérance, de compassion en se préoccupant des autres plus que de soi-même.
Vous n’y croyez pas, alors regardez et écoutez : je guéris les malades, je console les pauvres, j’accueille les humiliés et les offensés, je libère les enchaînés à la Loi et à la Morale, j’appelle chacun à prendre parti pour la vraie vie, la justice et la paix.

En ce temps-là beaucoup croyaient en Dieu. La métaphysique, la transcendance étaient à la mode. Alors Jésus tu as crû à la réussite de ton plan. Tu disais : Dieu est mon Père, il est aussi le vôtre. C’est son projet que je dois réaliser. Marchons ensemble, voulez-vous ?

Hélas ce fut l’échec. Les forces réactionnaires enracinées dans le cœur des hommes furent les plus fortes. On décida de te faire taire, toi le doux rêveur, le poète aux mains nues, l’idéaliste sans peur. On ne pût supporter ton regard, ton immense sincérité, ta non-violence. Dans le miroir de ton visage, l’homme se découvrait laid, jaloux et menteur.
Alors tu fus condamné, torturé, exécuté...

Mais Dieu t’accorda une autre vie. Tu devins le guide invisible de l’humanité et, depuis 2000 ans ceux qui t’admirent et t’aiment, attendent la réalisation de ton projet, celui de Dieu : un autre monde est possible !!

Aujourd’hui Jésus, que penses-tu du monde ? Trouves-tu que tes partisans posent dans ce monde les signes de ta victoire sur le mal et  sur la mort ?
On me dit, je le crois que tu marches toujours sur les routes humaines.
Qu’y trouves-tu ? domination violente, orgueil, ruines, lamentations, sang et larmes, pollutions irréversibles, désespoir, appels au secours...
Ou es-tu Jésus ? Qu’attends-tu pour intervenir ?

Les Églises s’attribuent la suite de ta révolution éthique. Peut-on dire qu’elles te trahissent totalement ? Non. Elles rappellent depuis 2000 ans ta mission, ton sacrifice, ton appel au changement de  comportement. Lucides, elles te demandent pardon car la vie des croyants est pétrie de peurs et d’échecs.
De temps à autre, au cours des siècles, une femme, un homme s’avance sur ta trace. Nous admirons, nous pleurons de joie. Mais très vite nous nous rasseyons. La vocation des saints est exceptionnelle.
Le monde nouveau, les certitudes, les délivrances, tes partisans les situent plutôt dans le futur, dans l’après vie. Et la masse immense des humains cherchent le bonheur dans l’Avoir, dans le Paraître, ou bien ils meurent désespérés dans le dénuement et l’oubli.

Jésus, que dis-tu de ce tragique malentendu ? Les Églises ne peuvent-elles croire suffisamment en toi pour se lever et s’opposer à la guerre, à la misère, à l’injustice ? pour s’unir aux hommes de bonne volonté, très nombreux mais dispersés ?
Il me semble que nous ne devons jamais renoncer à la vocation humaine que résume ta parole : « Vous êtes le sel de la terre »

Chacun de nous devrait donner priorité à cette tâche sanitaire : empêcher le monde de pourrir !
Sortons de nos églises, regardons, écoutons le monde, la société.
Forts du pardon de Dieu,  avec toi, Jésus, luttons ! Tu es là, au cœur de nos vies.

 

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