Libre opinion
Ô
Dieu !
pasteur Jean
Hoibian
2 juillet 2008
Ton vrai nom, O Dieu, nous l'ignorons, et c'est bien ainsi, car, si nous connaissions ton
nom, si nous percions tes secrets, nous serions tentés de
t'enfermer pour faire de toi, une idole.
Par ton message, par ta parole
immergée dans la Bible, nous savons que tu es. Tu dis :
« Je suis, je suis qui je
suis ».
N'insistons pas pour en savoir davantage sur
Dieu.
Il est comme un souffle en nous,
caché au plus profond de notre être.
Pourquoi voulons-nous qu'il nous
ressemble ?
N'est-ce pas ridicule de parler de son
physique (son bras, son oeil, ses pieds...), ou de son
caractère (jaloux, colérique, tout-puissant...) ,ou de
son adresse (le ciel ? à quelle altitude ?)
Dieu est cette intuition, ce
souffle, cette interrogation enfouis
dans tout être humain. Il ne s'impose pas. Il attend.
Un jour, je veux comprendre le pourquoi de
la vie, de la mort, de la souffrance, de la joie, du plaisir, du
mal.
Alors je me tais, j'écoute, et il me
parle. J'ouvre la Bible et peu à peu ma vie prend un sens, une
raison d'être, une direction claire.
J'y rencontre les prophètes qui
refusent les idoles et proclament
que Dieu est amour et compassion. Ces prophètes qui ne me
poussent pas vers une religion, des rites, des coutumes,
non !
Ils me conduisent vers le plus grand de
tous : Jésus de Nazareth.
C'est lui que le peuple juif attendait,
c'est lui l'Oint, le Messie, le Christ !
Il a dévoilé le plan de
Dieu pour l'humanité.
Il va m'appeler à devenir
moi-même, ce que je suis réellement : un humain
assoiffé d'amour, de justice, de paix.
Je vais changer de comportement. Par
Jésus, vrai « Fils
de l'homme » et vrai
messager de Dieu, je vais voir la vie autrement. Je vais donner de
l'importance à ceux qui m'entourent. Heureux en moi-même
d'avoir quitté la rive de l'angoisse, de la
culpabilité, de la hantise de la mort, je vais vouloir
contribuer au bonheur de mon prochain.
Et je vais lire, relire, scruter,
étudier, comprendre peu à peu le message
caché, voilé, déformé,
abîmé, par ceux qui ont pris le risque au cours des
siècles, de le rapporter, de l'interpréter, de le
traduire.
Immense effort pour chaque lecteur
d'aujourd'hui. Fini l'oreiller de paresse !
Comment re-situer le texte dans la culture
et l'histoire de ce petit peuple minuscule et méprisé
d'il y a 2000 ans ?
Comment sauter de l'hébreu au grec,
et du grec au latin ? trier parmi les apports de plusieurs
civilisations et cultures concurrentes ?
Est-ce impossible ?
Non ! le Dieu de grâce vient
à notre aide.
Les progrès accomplis par les
historiens, archéologues,
linguistes, théologiens, compensent partiellement le choc des
civilisations et des croyances contemporaines.
Le Maître de l'intelligence humaine
nous appelle à l'effort !
Il faut quitter la plage tranquille des
croyances préfabriquées par 20 siècles
d'enfermement dogmatique. Il faut oser lire les ouvrages
libérateurs d'auteurs qui franchissent les frontières
de nos confessions de foi et de nos dogmatismes figés.
Des pans entiers de nos catéchismes
s'effondrent, afin que puissent surgir dans le silence de nos
méditations personnelles ou collectives la Parole libérée.
Est-ce la fin de 20 siècles
de réflexion et d'action, de prière et de
méditation, vécus dans
nos églises, sous le regard de Dieu ? Certainement pas.
L'oeuvre accomplie est immense. Elle a marqué à jamais
notre civilisation.
Mais une mutation culturelle s'est produite.
Nous ne pouvons penser et croire comme autrefois. Il nous faut
accueillir le souffle nouveau.
D'ailleurs la pensée de Dieu,
elle-même évolue, nous apprennent les théologiens
du « process ». Avec
cette immense différence d'avec la nôtre, qu'elle n'est
pas mépris et oubli du passé.
Ainsi le croyant désemparé
aura tout son temps pour re-construire sa foi.
Car, là encore, le don gratuit de
Dieu, c'est le souffle, l'éblouissement, l'autorité
d'une parole lue et reçue telle quelle et qui touche notre
coeur.
Au-delà des risques de contresens, le
texte peut parler « hic et
nunc » car il n'est pas
captif de nos recherches laborieuses. La parole n'est pas
captive !
Elle s'offre à l'enfant comme au
lettré, mais la vocation de l'enfant sera de devenir
lettré, comme l'enfant de Nazareth imposa son
exégèse aux docteurs de la Loi, du haut de
ses12 ans
Plus tard, la grâce
éternelle s'est posée sur le
crucifié. Loin du tombeau,
échappant au néant, le messie vit éternellement
dans la conscience universelle des croyants.
Notre vie et notre mort sont prises en
charge. Pourquoi aurions-nous peur ?
Pardon, paix, et lumière nous sont
promis.
Reste le questionnement
lancinant : combien de temps
faudra-t-il à nos Églises pour s'ouvrir à la
quête d'une vérité pour aujourd'hui ? d'une
participation réelle à la pose de signes indicateurs du
Royaume de Dieu sur notre
terre.
Resterons-nous enfermés dans nos
certitudes anciennes, nous opposant ainsi inconsciemment à la
conversion du monde ?
Que ceux qui ont yeux et oreilles ouverts,
parlent avec humilité et amour.
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