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Nouveaux regards
sur l'Ancien Testament

Approches interdisciplinaires de la Bible hébraïque

Guilhen Antier, Dany Nocquet (Éd)

Éd. Olivétan

210 pages – 18 €

23 janvier 2024


Huit professeurs de théologie proposent, chacun selon sa spécialité, des textes d’une vingtaine de pages, extrêmement différents les uns des autres et concernant tous l’Ancien Testament :

 


• 1 • L'Ancien Testament en route vers ses théologies - La naissance et le développement historique de la pensée Une théologie de l'intégration
Konrad Schmid, professeur d’Ancien Testament et de judaïsme antique à la Faculté de théologie de l’Université de Zürich

 

• 2 • Une théologie de l’intégration ? Regards sur Genèse 41
Dany Nocquet, professeur émérite d‘Ancien Testament de l’Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier.

 

• 3 • Destinées de quelques figures d'Israël - Les exemples d'Abraham et d'Ève dans les textes juifs du IIe siècle avant notre ère au IIe siècle de notre ère

Valérie Nicolet, professeur de Nouveau Testament à l’Institut protestant de théologie, Faculté de Paris

 

• 4 • L'Ancien Testament chez Origène
Anna van den Kerchove, maître de conférence en histoire du christianisme ancien à l’Institut protestant de théologie, Faculté de Paris.

 

• 5 • L'Ancien Testament et ses lectures en contexte dans le Pacifique-Sud - Petit parcours missiologique du XIXe siècle à nos jours

Gilles Vidal, maître de conférences en histoire du christianisme à l’époque contemporaine et codirecteur du Centre Maurice-Leenhardt à l’Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier.

• 6 • L'homme de Dieu, le roi Jéroboam et le vieux prophète (1 Rois 13.1-34)
Élian Cuvillier, professeur de théologie pratique à l’Institut protestant de théologie

• 7 • L'Ancien Testament est-il une bonne nouvelle ?
Christophe Singer, maître de conférences en théologie pratique à l’Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier

• 8 • Peut-on (encore) parler d'un Ancien Testament ?
Guilhen Antier,
maître de conférences en théologie systématique à l’Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier.

 

 

En voici quelques exemples

 

• 1 • 
L'Ancien Testament en route vers ses théologies
La naissance et le développement historique de la pensée.
Une théologie de l'intégration
Konrad Schmid

 

 

Les théologies de l’Ancien Testament à la lumière des idéologies impériales de l’Orient ancien

[...]


Le royaume du Nord (Israël) a été conquis par les Assyriens en 722, et le royaume du Sud (Juda) est alors devenu un état vassal. Ainsi, d'une part, les traités de vassalité assyriens étaient connus en Juda et, d'autre part, des conceptions résolument antiassyriennes s'y sont forgées. Le livre du Deutéronome, en particulier, peut être considéré comme une réception subversive du système néo-assyrien de contrats de vassalité.

[…]

Le livre du Deutéronome exige une loyauté inconditionnelle, non pas envers le grand roi assyrien mais envers son propre Dieu. C'est dans ce que l'on appelle le Shema Israël (« Écoute Israël »), en Dt 6.4-5, que cela apparaît le plus clairement :

Écoute, Israël : YHWH, notre Dieu, est un YHWH. Tu aimeras YHWH, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.

L'exigence d'aimer Dieu a notamment une connotation politique dans le monde de l'Orient ancien : aimer n'est pas un terme émotionnel mais politique, qui désigne la fidélité. Dans les traités de vassalité assyriens, l'injonction d'aimer le grand roi assyrien figure en bonne place. Le Deutéronome, en revanche, affirme que cette forme d'amour, de loyauté absolue, ne concerne que Dieu seul.

On peut aussi mentionner le premier commandement du Décalogue, qui présente la même idée :


Dt 5.6: Moi, je suis YHWH ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte. d'une maison de servitude. Tu n'auras pas d'autres dieux face à moi.


Nous voyons que le livre du Deutéronome et sa théologie sont inspirés par l'idéologie impériale assyrienne. Cependant, on constate que cette influence s'accompagne en même temps d'une réinterprétation fondamentale : dans le Deutéronome, l'objet de la loyauté est transféré du grand roi assyrien à Dieu lui-même. C'est envers lui, et non plus envers le roi, que la loyauté est demandée. Bien entendu, les dieux jouent également un rôle dans les contrats assyriens, mais toujours en tant que garants, et non en tant que partenaires du contrat. Dans le livre du Deutéronome, la situation est différente : l'Israël antique a réinterprété le contrat de vassalité comme un contrat entre Dieu et son peuple.

Le potentiel subversif de ce processus est évident : il est profondément critique envers l'empire assyrien. En conséquence, il est logique de supposer qu'il n'a été historiquement possible qu'à une époque où le régime assyrien lui-même était déjà en déclin - c'est-à-dire dans la deuxième moitié du VIIe siècle avant notre ère, avant la chute de la capitale Ninive en 612 - et n'avait plus la force de mettre un terme par des moyens militaires à une telle rébellion à la périphérie de l'empire.


 

3
 Destinées de quelques figures d'Israël -
Les exemples d'Abraham et d'Ève dans les textes juifs
du IIe siècle avant notre ère au IIe siècle de notre ère

Valérie Nicolet

 

Destins d’Abraham

Pourquoi Abraham abandonne-t-il les idoles ?
Pourquoi Dieu choisit-il Abraham

 


 

Judith cherche à expliquer pourquoi Abraham quitte Ur de Chaldée, et donne des raisons religieuses à ce déplacement. II est motivé par la pratique du culte du Dieu unique.

Cette explication se trouve également dans Jubilés 11.16-17 :

 

L'enfant [Abram] commença à comprendre l'égarement de la terre. Il (sut) que tous s'égaraient en suivant les images sculptées et l'impureté. Son père lui enseigna l'écriture, (alors qu')il avait deux semaines d'années. Il quitta son père pour ne pas adorer les idoles avec lui, et il commença à prier le Créateur de toutes choses, pour qu'Il le sauve de l'égarement des humains, et pour que son lot ne tombe point dans l'égarement qu'entraînent l'impureté et l'abjection.

 

Abram sait depuis son plus jeune âge que les idoles sont impures, et il décide de quitter son père pour éviter d'être associé à l'idolâtrie. À cette première explication s'ajoute une seconde, en Jubilés 12.1-15. Dans ce passage, Abraham développe la critique des idoles et adresse un discours à Térakh, son père, pour le convaincre d'abandonner le culte des idoles. Finalement, devant la résistance de son père, qui explique qu'il a certes reconnu que ses statues de dieux ne sont rien d'autres que des objets inanimés, mais qu'il ne veut pas renoncer à les fabriquer, de peur que ses clients ne lui en veulent, Abram va mettre le feu aux statues et les détruire entièrement (Jub 12.12). L'hostilité d'Abraham vis-à-vis des idoles fournit une première raison qui permet de justifier son élection.


La fidélité d’Abraham

[…]

La fidélité d'Abraham est mise en lien avec l'épreuve. On le voit dans Jub 17.15-16 :

Dans la septième semaine de ce jubilé, la première année, le premier mois, le douzième jour du mois, il y eut dans les cieux des rumeurs au sujet d'Abraham ; (on disait) qu'il était fidèle en tout ce que lui disait le Seigneur, qu'il L'aimait et qu'en toute adversité il était constant. Le prince Mastéma vint déclarer devant Dieu : « Eh bien ! Abraham aime Isaac son fils et le chérit plus que tout. Dis-lui qu'il Te l'offre en holocauste sur l'autel, Tu verras s'il exécute cet ordre et Tu verras s'il est fidèle en toute épreuve que Tu lui présentes. »

Le sacrifice d'Isaac est l'ultime mise à l'épreuve d'Abraham (Jub 18)

 

 

Si Siracide et Jubilés lient la fidélité d'Abraham au sacrifice d'Isaac, dans le Nouveau Testament il n'y a que deux textes qui font cela. Il s'agit de JC 2.21 et Hé 1 1.17-18. Dans ces deux textes, l'emploi d'Abraham correspond à celui de Siracide ou Jubilés : Abraham est loué pour sa volonté de sacrifier Isaac, ce qui manifeste sa fidélité (surtout Hé 1 1.17-18). De manière générale, toutefois, les textes du Nouveau Testament, s'ils insistent également sur l'importance de la fidélité d'Abraham, travaillent la thématique différemment. C'est vrai en particulier dans les épîtres de Paul, pour lesquelles la fidélité d'Abraham est mise en lien avec la promesse de descendants.


 

 

• 8 •
Peut-on (encore) parler d'un Ancien Testament ?

Guilhen Antier

 


 

Bible hébraïque, Ancien Testament, Premier Testament, de quoi parle-t-on ?

La question du canon : un enjeu théologique

 


Nous avons vu que le canon hébraïque est tripartite, or les canons chrétiens sont quadripartites : Pentateuque, Livres historiques, Livres sapientiaux, Livres prophétiques. Les livres sont ici organisés de telle façon que les annonces prophétiques d'un messie dans l'Ancien Testament trouvent leur accomplissement en Jésus dans le Nouveau Testament. Faire se succéder Malachie et Matthieu, c'est organiser une matière textuelle en fonction d'un projet théologique. Le philosophe juif américain Michael Walzer le note pour sa part :

 

Les livres de la Bible hébraïque sont arrangés autrement que dans l'Ancien Testament des chrétiens. Ces arrangements reflètent des sensibilités religieuses différentes : les chrétiens font de la Bible une grande histoire qui s'étend de la création à la rédemption ; la version juive reflète un engagement inachevé dans l'histoire.

Ne pas prendre en compte cette donne et chercher - comme le fait la Traduction œcuménique de la Bible - à appliquer à l'Ancien Testament chrétien le canon hébraïque tripartite, en croyant par là offrir un gage de respect au judaïsme, ne repose-t-il pas sur un impensé source de malentendu ? Est-ce réellement rendre service au dialogue entre juifs et chrétiens ? Il n'est pas sûr que reconnaître l'autre en se calquant sur lui au risque de se nier soi-même soit la meilleure garantie d'un dialogue respectueux et fructueux.  

 

 

 

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