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La magie du christianisme

 

 

The Magic of Christianity

 

Fred Plumer

pasteur de l’Église Unie du Christ
Irvine, Californie, États-Unis
président du réseau
ProgressiveChristianity.org

 

 

23 décembre 2011

J’avais huit ans lorsque j’ai été affronté à un dilemme éthique épouvantable pour un gamin de mon âge. C’était aux environs de Noël ; je jouais avec des enfants du quartier. Je crois que j’étais un des plus petits mais je m’efforçais de tenir le coup. A un moment la question du Père Noël a surgi. On a tous voulu montrer aux autres qu’on était assez grands pour ne plus y croire : « ce sont les petits qui croient au Père Noël ». Et nous n’étions plus des « petits ».
Le problème était ma petite sœur Sally. Elle était, elle croyait encore au Père Noël qui descendait par la cheminée pour déposer des cadeaux au pied du sapin et je ne voulais pas qu’on se moque d’elle. Je décidai qu’il valait mieux la mettre au courant.

Je lui dis : « Sally, je vais te dire la vérité à propos du Père Noël. » Mais elle ne m’a pas laissé dire un mot. Elle s’est tournée vers moi avec horreur, m’a jeté un regard noir, a mis ses mains sur ses oreilles et s’est sauvée en en larmes en criant : « tu ruines mon Noël ». Ce n’était pas les cadeaux auxquels elle pensait, mais à la « magie » de Noël.

Noël était dans notre famille l’occasion de joyeuses célébrations avec les cousins qui venaient, les oncles et les tantes qui étaient si gentils. On avait un dîner somptueux que j’aidais à préparer ; on chantait tous ensemble des cantiques de Noël. Nous trouvions tout cela magique. Et la joie de cette célébration, ma petite sœur l’a retrouvée lorsque Noël est arrivé, malgré le fait que le Père Noël soit redevenu pour elle un symbole d’amour et de tendresse, un mythe de puissance. Noël est resté pour elle magnifique comme avant.

Je repense souvent à cet incident lorsqu’en tant que président de ProgressiveChristianity.org, je reçois des emails m’accusant - parfois avec curiosité mais quelque fois très violemment - de « ruiner Noël ».
Lorsqu’on me demande de préciser ma position, je me retrouve devant la même question qu’il y a quelque 60 ans : « jusqu’où dois-je aller ? que souhaitent-ils entendre ? »

Les biblistes disent couramment qu’il n’y a pas de Père Noël dans la foi chrétienne, c’est-à-dire que Jésus n’était pas surnaturel, magique, né miraculeusement d’une mère vierge, capable de faire revivre des morts, de rendre la vue à des aveugles. Que Jésus n’a jamais cru être Dieu ni qu’il devait donner sa vie en sacrifice pour les péchés du monde. Que trois jours après avoir été enseveli dans une tombe, Jésus n’est pas revenu à la vie pour monter vivant au ciel.
Comme autrefois, nous sommes entourés de nombreux camarades qui sont, d’ailleurs, d’excellents théologiens et qui ont fait, depuis des décennies, des travaux remarquables que l’on ne peut pas contourner :
Marcus Borg, remarquable théologien et homme de foi, pense que le Jésus historique était un mystique juif, guérisseur, maître de sagesse et prophète.
- L’évêque John Spong dit que les récits des miracles de Jésus sont des histoires mythiques destinées à montrer sa messianité à laquelle croyaient ses disciples.
D’autres biblistes estiment qu’il n’y a, dans les évangiles, que peu ou même pas du tout de vérité historique.

Le problème est que ces « camarades » qui savent tout sur Jésus et sur Noël figurent maintenant en première page des journaux à grand tirage. Ils enseignent dans nos universités, leurs livres sont dans les vitrines des librairies et se vendent dans le monde entier.
Il n’y a que dans nos églises qu’on ne les trouve pas et la préoccupation gagne, notamment parmi les fidèles traditionalistes et conservateurs.
On s’y plaint de plus en plus des gens qui, comme moi, sont accusés de ruiner la foi, mais je me demande toujours si ces protestations ne ressemblent pas à celles de ma petite sœur qui s’enfuyait en se bouchant les oreilles parce qu’elle ne voulait pas que je « ruine son Noël » lorsque je lui disais ce qu’elle savait probablement déjà. Combien de gens dans nos églises se bouchent les oreilles pour les mêmes raisons.

Pourtant ces tempêtes sont de très bonnes occasions de repenser la foi chrétienne et de lui redonner une nouvelle vie. Mais je ne suis, après tout, qu’un de ces « vilains garçons » qui effrayaient la petite Sally !
A mes yeux, la magie de Noël ne se trouve pas dans les miracles, dans les croyances, dans les textes écrits. Elle n’est même pas dans une bonne connaissance du Jésus historique.

La magie de Noël est dans ce qu’on vit et dans ce qu’on est. Elle dans plus dans la praxis, dans la façon de vivre, que dans la croyance. Elle est plus dans la foi que dans des faits bruts. La « magie » a une puissance de renouveau qu’on trouve seulement dans l’action, dans l’ouverture au monde, certainement pas en se renfermant sur soi-même, en laissant les choses aller. Ce n’est pas en cherchant à distinguer ce qui est divin et ce qui ne l’est pas, mais en découvrant le divin en toute chose.
Comme le disait Lloyd Geering, c’est seulement lorsque le sacré et le profane sont réunis que le Royaume de Dieu peut venir.
On découvre la « magie » du christianisme en prenant au sérieux l’enseignement de Jésus et en suivant la voie de la compassion qui mène à la connaissance de soi. C’est ainsi que l’on atteint à l’essence du christianisme. Cela a d’ailleurs toujours été ainsi que l’on a appris à comprendre qui était Jésus et, par là même, à nous comprendre nous-mêmes.

C'est la véritable « magie » de Noël et aucun « vilain garçon » disant « la vérité » sur Noël ne pourra jamais la « ruiner ».

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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