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Dieu et le péché


Michel Leconte




29 septembre 2022

 

Le péché est une notion qui laisse un goût amer chez beaucoup de chrétiens. Il évoque la terreur de l’enfer ou celle du purgatoire qui nous attendrait après notre mort. Jean Delumeau (1923-2020) a bien décrit cela dans son livre « Le péché et la peur, la culpabilisation en Occident » (1983). Jamais une civilisation n'avait accordé autant de poids - et de prix - à la culpabilité et à la honte que ne l'a fait l'Occident des XIIIe-XVIIIe siècles. Il en reste des marques indélébiles aujourd’hui encore. Toutefois, la notion de péché garde toute son importance en christianisme car la vie chrétienne est essentiellement relationnelle et comme dans toute relation, on peut connaître des ratées et des manques, que ce soit vis à vis du prochain, de soi-même, et de Dieu.

 

Comment pourrait-on ne pas se reconnaître pécheur en toute objectivité ? Quand on constate l’ampleur du mal que les hommes peuvent commettre les uns envers les autres, comment nier que nous sommes tous, peu ou prou, des pécheurs ?

 

Toutefois, contrairement aux affirmations d’un certain enseignement, nous n’en sommes nullement tous responsables à 100%. Car le péché est une puissance d’aliénation liée à la finitude de notre condition humaine. Il s’exprime dans notre incapacité ou notre refus d’aimer l’autre ou l’Autre. Dieu regarde notre péché non avec colère, mais avec compassion car, pour lui, nous ne sommes pas de malfaisants coupables dont il aurait peur et qu’il faudrait punir sévèrement, mais des êtres enchaînés à une puissance qui nous abime et dont il veut nous libérer pour une vie en plénitude. Tel est l’essence de l’Évangile, tel est le Dieu de Jésus le christ.

 

Les déviations morbides que la notion de péché a pu connaître pendant des siècles provient, à mon avis, d’une mauvaise conception de Dieu conçu d’abord comme un juge exigeant et plein de colère qui envoie son Fils mourir à notre place afin d’apaiser son courroux, mais aussi d’une mauvaise conception de l’homme marqué de génération en génération par sa désobéissance originelle — ce qui en faisait un être ontologiquement mauvais. Cette conception provient de ce que l’homme convoite et ce qu’il considère comme les « privilèges » de Dieu dont il veut s’emparer : cause de lui-même, toute-puissance, immortalité, béatitude absolue. Cela engendre une forte culpabilité car il ne conçoit pas Dieu comme l’amour-même, mais comme une sorte de monarque tout-puissant et vindicatif dont il a à craindre et redouter les rétorsions. Dès lors, le péché ne peut consister qu’en cette posture-là : prendre Dieu pour ce qu’il n’est pas. Le péché est donc le refus de l’amour de Dieu et par conséquent, des autres.

 

                                                                                       



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