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Les « âneries » de BALAAM

Roman

Francis Willm


chez l’auteur

  160 pages

recension Gilles Catelnau


14 mai 2022

Le pasteur Francis Willm a eu bien du succès avec ses quatre tomes comptant les aventures des premiers chrétiens Priscilla et Aquilas. Il a, en effet, l’art d’imaginer des récits historiques parfaitement plausibles, faisant pénétrer le lecteur dans l’ambiance d’une époque et en découvrir la spiritualité et les diverses idéologies.

Il prolonge son plaisir – et le nôtre – en nous faisant longer dans le monde hébraïque ancien – très ancien même ! – du « prophète » Balaam. Et dans la foulée, de rejoindre les mages venus adorer l’Enfant Jésus par-delà les siècles.

En bon pasteur qu’il est, Francis Willm utilise ses dons d’imagination et d’écriture pour nous donner un moment de lecture heureuse tout en faisant appel avec beaucoup de sourire et de gentillesse à notre foi et à notre esprit de fraternité.

En voici quelques passages.

 

 

 

Avant-propos


Dans ce roman, j'ai voulu reprendre l'histoire de Balaam, que nous trouvons essentiellement dans les chapitres 22 à 24 du livre des Nombres. Le récit biblique se situe à la fin de la traversée du désert par le peuple hébreu, avant son entrée en Terre Promise.

[...]

En encadrant ce roman avec les personnages célèbres qu'on appelle les « rois mages » j'ai pu raccrocher cette histoire à la révélation de Jésus Christ et en tirer quelques enseignements pour nous aujourd'hui.

[...]

Si cette histoire originale a été insérée par les traditions bibliques dans cette épopée de l'Exode, c'est que, par elle, leurs auteurs ont pensé que Dieu a quelque chose à dire aux hommes de tous les temps ! Au lecteur de le discerner… Ce livre est donc une interprétation très fantaisiste d'un épisode biblique tragicomique. Balaam n'a pas bonne presse dans le Judaïsme des temps bibliques jusqu'à celui d'aujourd'hui ! Dans ce livre, j'ai essayé de rendre ce personnage haut en couleurs sympathique, car nous lui ressemblons un peu, avec nos ambivalences, nos doutes, nos questions... et nos erreurs.

 


 

Balaam à Pétor


- « Balaam, tu as encore laissé traîner ta tablette, tu vas finir par la perdre, pourtant tu m'as dit qu'elle est très importante !

- C'est vrai, c'est le contrat pour mon prochain voyage !
- Tu vas encore me laisser seule !

- Oh ! Ça ne va pas durer longtemps, ma femme, un mois peut être. C'est chez le roi d'Edom, près de la Mer Salée…
- Que veut-il encore, celui-là ? Tu sais que toutes ces tribus étrangères ça peut te donner de mauvaises idées ou te faire nouer de dangereuses relations...

- Oui, oui, ne t'en fais pas, j'ai senti de bonnes énergies dans cette invitation.

- Oh ! Ça y est, te voilà parti dans tes élucubrations ! Reste un peu les pieds sur terre, mon homme ! »

 

[...]

 

L'épouse de Balaam fait bien plus âgée que lui, fatiguée par ses nombreuses grossesses et la responsabilité de la maison. Elle sait qu'il jouit d'une réputation de devin presque internationale, mais elle pense que c'est plutôt un charlatan très habile et elle ne croit guère en ses sortilèges et soi-disant dons de voyance.

 

Elle-même essaye d'être fidèle aux dieux babyloniens, en particulier les deux plus importants, Marduk et Enlil. Elle aime bien Sin, la Lune, et Shamash, le Soleil, sans oublier Ishtar, autrement dit Vénus, déesse de l'amour… et de la guerre.

 

De temps en temps Balaam l'autorise à se rendre à un culte en l'honneur de ces divinités, et il l'accompagne même pour les fêtes somptueuses du Nouvel An, ou le cycle de la nature et de la fécondité est renouvelé régulièrement. Ces fêtes ont un caractère sexuel prononcé, car il s'agit de redonner vigueur à la fécondité du vivant. Les prostitués sacrés (hommes et femmes...) y jouent un grand rôle... que Balaam apprécie particulièrement ! Il a pu participer deux fois à une telle célébration à Babylone, à la grande ziggourat : c'était fantastique, géant !

 

[...]


Récemment le roi d'Edom, ce petit pays au sud et à l'est de la Mer Salée a fait appeler Balaam de toute urgence car ses troupes se sont heurtées près de la frontière à une invasion de migrants venant soi-disant d'Egypte. Comme la réputation du devin n'est plus à faire dans toutes ces régions comme en Mésopotamie, le roi compte lui faire deviner l'avenir de ses relations avec ces étrangers.

 

Balaam a déjà traité des affaires avec les Edomites, comme avec les Moabites, plus au nord. Ils se connaissent déjà. Cette entrevue pour laquelle il se prépare à partir est très bien rémunérée. Pour lui cette mission en pays voisin est facile, il lui suffira de conforter le roi dans ses convictions, quelles qu'elles soient ! Avec un peu de diplomatie, appuyée par une discrète demande d'augmentation, tout ira bien ! On lui a dit que ce roi avait refusé le passage à ces tribus de migrants, qui ont dû contourner son territoire par l'est, jusqu'à la frontière avec Moab.

[…]

Ce personnage original, hors du commun, a aussi une curieuse passion : les ânes ! Il en possède plusieurs, les soigne, les dorlote, et même leur parle ! Cela énerve passablement son épouse. Il trouve ces animaux particulièrement intelligents et fait toutes sortes d'observations intéressantes sur leurs comportements. Il a un penchant particulier pour une des ânesses, la plus âgée, mais encore en pleine forme. Il l'appelle Anatou. Il est clair que réciproquement la bête éprouve une certaine affection pour son maître ! On voit bien qu'entre eux existe une vraie connivence, une amitié solide et fidèle.


Anatou

 

 

Soudain, j'aperçois devant moi, juste devant le soleil, une personne vêtue d'une belle tunique blanche, de grands cheveux noirs tombant sur ses épaules. Je suis effrayée et je stoppe net, si brutalement que le pauvre Balaam manque de tomber et se réveille d'un seul coup. Il se met à jurer, il est furieux et me donne de violents coups de pieds. Je suis terrorisée. Alors l'apparition recule un peu et se place là où c'est sans doute le moins large, comme pour vouloir arrêter notre caravane. Du coup le bât blesse ma patte avant. Même les pieds de Balaam frottent sur la paroi. Je m 'écroule pesamment sur le sable, mes pattes m 'ayant subitement lâchée. Mon maître continue à me battre furieusement.

 

Je pousse alors un Hi Han dramatique suivi de gémissements pour lui signifier : "Enfin ! Pourquoi tu me traites comme ça ? Tu ne l'as jamais fait ! J'ai toujours été ton ânesse obéissante ". Il crie encore plus fort et me donne un grand coup de bâton ! Je suis stupéfaite et terrorisée. Je gémis de douleur et lance un cri terrible, defureur et même de révolte, un sinistre Hi Han.

[...]

Tout à coup la personne apparue derrière le rocher revient vers Balaam, et elle lui parle ! Ils se mettent à discuter tous les deux comme s 'ils se connaissaient ! De plus, après m 'être remise debout péniblement, je suis surprise de voir la dame en blanc se mettre à genoux devant l'homme, comme pour le supplier de quelque chose. Je vois alors cette scène ahurissante : mon maître se jette aussi à genoux devant cette inconnue venue de nulle part ! Je le vois se prosterner comme devant une déesse ! J'entends un mot revenir souvent dans sa bouche : « pardon, pardon ! » Je ne sais pas ce que cela veut dire et j 'ai l'impression que la personne lui a dit quelque chose d'important. Il semble d'accord. Je trouve tout ça vraiment bizarre... Et voici que la dame blanche vient vers moi et me caresse la tête affectueusement ! Qu'elle sent bon ! Puis elle disparaît derrière le rocher. On ne la voit plus.


Chez les Hébreux

 

Les deux Hébreux jubilent et louent le Seigneur Yahvé !

- « Quand même, ajoute Kozbi, le venin est dans la fin de ses prophéties : Balaam a prédit des problèmes entre les Hébreux et les peuples de la mer.

- Oui, oui, bien sûr, c'est pour équilibrer un peu le message ou pour calmer Balaq ! De toute façon il semble que tous les peuples nous en veulent et n'ont qu'un projet : nous empêcher d'occuper la terre.

- Surtout la Terre Promise, occupée actuellement par les Cananéens, fait remarquer Zimri. Alors que c'est Yahvé lui-même, selon nos saintes traditions, qui l'a promise à notre ancêtre Abraham.

- Oui, ajoute Ruben, il est dit aussi que Yahvé aurait précisé : « à condition que vous soyez fidèles », ou quelque chose comme ça…• Et vous ne l'êtes pas ? suggère en riant Kozbi.

- Heu !

- Bon ! Nous aimerions bien rencontrer Balaam pour le remercier, lance soudain Ruben, coupant court à ces propos douteux, est-il toujours dans la région ?

- Vous pouvez aussi lui demander de prédire votre avenir et celui de votre peuple, suggère Kozbi.

- Oh là ! Cela nous est formellement interdit : pas de divination !

- Pourquoi ? Il n'y a pas de mal à ça, et cela ne nous engage à rien. On y croit ou on n'y croit pas... Et voyez tout ce qu'il a prédit à votre peuple !

- Vous aimeriez bien savoir quand vous allez rentrer dans cette fameuse Terre Promise, hein ? »

C'est Ruth qui renchérit ainsi, avec un petit air ironique. Les deux jeunes gens expliquent alors aux femmes que si l'on a confiance en Yahvé, il est inutile de prédire l'avenir. Sinon c'est un manque de foi. Ils précisent aussi que ces pratiques, liées à l'astrologie, sont païennes et font intervenir d'autres divinités, ce qui est en horreur à Yahvé. Après quelques échanges sur ce thème délicat, les garçons doivent rejoindre le campement avant qu'on s'aperçoive de leur disparition. Les femmes leurs donnent rendez-vous le lendemain, avec sans doute Balaam.

Ils repartent donc satisfaits et réconfortés d'avoir pu bavarder avec ces charmantes étrangères.

 

 

 

 

 


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