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Dieu n'est pas la récompense
des bien-pensants et des vertueux, il ne fait acception
de personne


Michel Leconte

22 avril 2022

 

 
Les repas de Jésus avec les personnes ostracisées par les règles religieuses de l’époque étaient considérés comme une déviance inacceptable par rapport aux normes admises. Au nom de son Dieu, Jésus transgressait radicalement toutes les marques identitaires, cela explique la violence avec laquelle les religieux chercheront et réussiront à l’éliminer. Son accueil des collecteurs d’impôts, impurs et collaborateurs des Romains et des pécheurs, personnages marginalisés qu’on évitait de fréquenter, heurtait de plein fouet la compréhension religieuse que les pharisiens, par exemple, avaient de la dignité humaine.

Jésus était traité de goinfre et de poivrot parce qu’il faisait fi de tous les idéaux de perfection, de toutes les hiérarchies et de toutes les ségrégations qu’ils fondent pour accueillir chaque être humain, sans distinction et sans condition, indépendamment de ses qualités. Mais Jésus ne veillait pas seulement à élire les réprouvés, sa pensée était beaucoup plus radicale. Elle attire l’attention sur la présence de ces hommes et de ces femmes en raison de ce qui constitue le caractère proprement scandaleux des tables de Jésus. À savoir qu’on n’y rencontre pas des gens respectés que l’on a soigneusement invités sur la base de leur appartenance religieuse, de leur nationalité, de leur classe sociale, de leur piété, de leur vertu, mais que chaque personne s’y trouve reconnue comme personne libre et responsable, dans la réciprocité et la confiance. Jésus passe pour un goinfre et un poivrot, car il scandalise les bien-pensants, les croquants et les croquantes (Brassens), parce qu’il ne s’attable pas avec des qualités, mais avec des personnes qu’il reconnaît et respecte.

À tous ces gens, la reconnaissance réciproque devenue réalité dans l’accueil et le repas autour de la table confère une nouvelle conscience d’eux-mêmes, une identité personnelle, irréductible à toute qualité empruntée ou attribuée. Pour ces gens, ce goinfre et ce poivrot était en fait l’incarnation de la sagesse créatrice et transformatrice de Dieu (Mt 11, 19 ; Lc 7, 35). Jésus annonce également un Dieu qui ne se laisse pas annexer par une caste de gens pieux ou vertueux qui se pensent meilleurs que les autres. Dieu n’est pas la récompense à la vertu, il se donne tout entier, sans préalable, avant même toute repentance, gratuitement, à tous les êtres indépendamment de leur statut ou de leurs qualités sociales, morales ou religieuses.

 



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