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Les pèlerins d'Emmaüs

Luc 24, 13-35


Michel Leconte

9 avril 2022

 


Luc 24, 13-35
13 Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades ;

14 et ils s'entretenaient de tout ce qui s'était passé.

15 Pendant qu'ils parlaient et discutaient, Jésus s'approcha, et fit route avec eux.

16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

17 Il leur dit : De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes ?

18 L'un d'eux, nommé Cléopas, lui répondit : Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci ?

19 Quoi ? leur dit-il. Et ils lui répondirent : Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,

20 et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l'ont livré pour le faire condamner à mort et l'ont crucifié.

21 Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées.

22 Il est vrai que quelques femmes d'entre nous nous ont fort étonnés ; s'étant rendues de grand matin au sépulcre

23 et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu'il est vivant.

24 Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont point vu.

25 Alors Jésus leur dit : O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes!

26 Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu'il entrât dans sa gloire ?

27 Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait.

28 Lorsqu'ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin.

29 Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux.

30 Pendant qu'il était à table avec eux, il prit le pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna.

31 Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux.

32 Et ils se dirent l'un à l'autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures ?

33 Se levant à l'heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés

34 et disant : Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon.

35 Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l'avaient reconnu au moment où il rompit le pain.

 

Deux hommes cheminent vers Emmaüs. Ils sont tristes, ils ont perdu leur raison de vivre : Jésus, leur maître vient de mourir sur la croix tel un maudit de Dieu (Dt 21, 23). La violence destructrice qui est tapie dans le cœur des hommes parait bien avoir vaincu Jésus et le Royaume qu’il annonçait en paroles et en actes. Décidément, il semble que c'est la « banalité du mal » (Hannah Arendt) qui a le dernier mot, il y a de quoi désespérer ! Comme en Ukraine aujourd’hui…

 

D’après les disciples, l’homme qui s'est joint à eux ne semble pas connaître les derniers événements qui se sont déroulés à Jérusalem : l’assassinat de Jésus à l’instigation des hiérarques religieux et sur ordre de Pilate - tous les pouvoirs réunis en quelque sorte... Certes, des femmes ont raconté que le crucifié était vivant — un racontar de femmes sans doute — car les hommes, eux, n'ont rien vu, comme Clopas et son compagnon qui, comme nous, ne voient pas Jésus qui pourtant est avec nous. Alors, que faut-il pour qu'ils redeviennent ses disciples, pour qu’ils puissent retrouver la foi ? Qu'il leur parle au plus profond de leurs cœurs engourdis par le chagrin.

 

« Ne fallait-il pas que le Messie souffrit cela pour entrer dans sa gloire ? », Jésus leur fait-il remarquer. Les souffrances qu'il vient d'endurer, la violence absolue qu'il vient de subir ne constituent-elles pas la preuve que c'était bien lui, le porteur de la part de Dieu, de la vie délivrée du mal ? Ne fallait-il pas, nécessairement, qu'il affronte la haine et les forces obscures du néant, puisque ce sont elles qui défigurent le visage de l'homme et le détruisent en le plongeant dans une tristesse et un abattement sans fond ?

 

Comme l'a écrit Saint Exupéry, « On ne voit bien qu’avec le cœur, l'essentiel est invisible aux yeux. ». Pourtant, comme avec ces deux disciples, le Christ chemine incognito avec nous aussi par sa Parole. C'est elle qui nous révèle la présence vivante du Christ à nos côtés. C’est lui qui nous relève et nous rend la joie de vivre.

 

Jésus rompt le pain, prononce la bénédiction et leur donne comme il le faisait si souvent lors de ses nombreux repas avec les exclus et les rejetés, pendant sa vie publique. Devant ce geste, les deux hommes le reconnaissent enfin et leur cœur devient tout brûlant... C'est l'Esprit de Dieu qui leur ouvre les yeux. Jésus est de nouveau présent sous le signe du pain rompu et donné. C’est son Dieu, c'est à dire sa Vie-même que Jésus nous fait partager. Cette vie qui peut vaincre les forces de mort qui, parfois, nous terrassent, les forces mortifères qui s'étaient liguées contre elle et son envoyé. Désormais la voie est ouverte pour vivre sans crainte et dans la joie pour combattre tout ce qui défigure l'humain.

 

Nous pouvons renaître d'en haut et de l'Esprit.


 



 

Après avoir commenté ci-dessus le récit dit des pèlerins d'Émmaüs, je voudrais dire que je ne le considère pas comme un récit matériellement historique. C'est une construction littéraire de Luc destinée à annoncer la résurrection de Jésus, à savoir qu'il participe désormais de la transcendance de Dieu. Cela signifie que Dieu a dit un grand OUI à sa personne et au Dieu qu’il avait annoncé. Dieu s’est identifié à sa cause, à ses paroles et à son agir. Dieu s’est révélé pleinement en lui.

 

Dans ce passage, Luc nous dit que nous pouvons aujourd'hui retrouver Jésus vivant, certes en lisant les Écritures, mais aussi, « lorsque deux ou trois sont réunis en son nom », - pour partager le pain en faisant mémoire de lui. Le Dieu de Jésus est alors présent au milieu de nous. C'est dans le partage du pain avec les pauvres, les opprimés et les exclus comme il le faisait durant son ministère, que Jésus se rend présent. On fait alors, l'expérience de sa résurrection.



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