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Quand Jésus devint Dieu


Michel Leconte

18 mars 2022

 

L’interprétation selon laquelle Jésus est « vrai homme et vrai Dieu » me semble profondément marquée par la culture mythologique des premiers siècles où l’on concevait Jésus comme un être ayant revêtu la chair mais entièrement créé par Dieu et donc, pas véritablement humain. Il en est de même quand il est affirmé qu’un être divin est « descendu » du ciel — d’un autre monde — et né d’une vierge sans l’intervention d’un homme, puis qu’il est « remonté » au ciel après sa mort.

 

C’est tardivement, que la divinité de Jésus fut confessée par les communautés chrétiennes. Paul le place auprès de Dieu, mais fait la distinction entre le Christ et Dieu, le titre de Dieu reste chez lui comme dans les évangiles synoptiques strictement réservé à YHWH (voir par exemple : 1 Co 1, 1-3). Paul nomme Jésus fils de Dieu, mais pas au sens de la deuxième personne de la Trinité, mais au sens métaphorique que l’Ancien Testament donnait aux rois d’Israël, au peuple tout entier et même aux anges. Il me semble que pour Paul, Jésus est un homme qui a été glorifié ou exalté par Dieu, plus qu’un homme venu de Dieu.

 

Pour les païens de culture grecque, dire que Jésus était dieu, consistait à utiliser le mot dieu comme attribut au sujet de l’homme Jésus. Pour eux, cela voulait dire seulement que Jésus était divin. Chez les juifs, ce n’est que de YHWH dont on pouvait dire qu’il était Dieu, Dieu y est toujours sujet d’une phrase, contrairement aux grecs et aux romains qui attribuait le prédicat dieu à ses héros ou aux empereurs. Dès lors un païen devenu chrétien n’avait aucun problème à vénérer Jésus comme un dieu. Mais ce n’est qu’après le recul de la tradition judéo-palestinienne à partir de 70, qu’il devint possible puis normal que Jésus soit appelé dieu, ce qui exprimait chez ces païens une profonde vénération.

 

Durant un siècle, on croyait en Dieu et en Jésus sans qu’on y voie le moindre problème. Ce n’est qu’au troisième siècle, lorsque l’Église commença à s’ouvrir à la pensée philosophique grecque, qu’on éprouva le besoin d’une harmonisation entre Dieu et Jésus. Mais les penseurs chrétiens ne perçurent pas que le mot « Dieu » avait deux contenus très différents. D’autre part, les textes bibliques qui semblent appeler Jésus Dieu sont très rares et peuvent s’expliquer autrement comme dans l’évangile tardif de Jean où Thomas s’écrit devant le ressuscité : « Mon Seigneur et mon dieu ! », ce qui pouvait dire que ce n’était pas l’empereur mais Jésus seul qui pouvait être appelé ainsi et qu’a lui seul revenait la vénération parce qu’il dépassait les limites humaines.

 

Mais le fait d’appartenir à l’Écriture — ces textes étant considérés comme infaillibles — donnaient une base solide à leur affirmation que Jésus était Dieu. Les partisans de cette doctrine gagnèrent finalement le parti contre Arius au concile de Nicée en 325. Jésus y reçut les attributs de YHWH. C’est pourquoi il fallut faire la distinction entre le Père et son Fils éternel qui prit chair en Jésus, deuxième personne de la Trinité. Néanmoins, le Fils y recevait tous les privilèges de YHWH, ce qui aurait certainement scandalisé saint Paul, car Jésus n’est pas YHWH.

 

Le plus important, n’est-il pas l’affirmation de Jésus selon laquelle qui le voit, voit Dieu, ce Dieu qui est plus grand que lui ?

 

 

 

 

 

 


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