Avant de devenir le dogme
de l’assomption promulgué par Pie XII
le 1er novembre 1950 par la
constitution apostolique « Munificentissimus Deus
», on ne parlait que de la « dormition de
la vierge Marie. La dormition était une croyance
qui ne reposait sur aucune base scripturaire. En
effet, aucun texte du Nouveau Testament n'évoque
la fin de Marie, et ce sont des
textes apocryphes et des légendes comme
celle de Jean Thessalonique (vers 605) qui ont
comblé ce vide. Les Églises d’Orient ont gardé
cette dénomination antique sous la forme de la
dormition de la Theotokos (mère de Dieu).
Ils nomment ainsi la mort de la Vierge
Marie et la montée au ciel de son corps. Le
terme dormition exprime aussi la croyance selon
laquelle la Vierge est morte sans souffrir, dans
un état de paix spirituelle.
A partir du XIXe siècle,
des pétitions commençaient à affluer à Rome pour
que soit officiellement défini le dogme de
l’Assomption. La proclamation de ce dogme ne
faisait qu’entériner ce que l’Église romaine
croyait depuis toujours. Pour l’Église catholique,
l'Assomption est devenu un dogme selon lequel, au
terme de sa vie terrestre, Marie a été « enlevée
corps et âme » au ciel dans la gloire de Dieu.
L'Assomption de Marie fait ainsi partie des
croyances obligatoires de l'Église catholique.
Cependant, les Églises d'Orient critiquent ce
terme qui pourrait laisser croire que la Vierge a
été enlevée au ciel de son vivant. D’autre part,
Elle est la première, et à ce jour la seule,
déclaration ex cathedra qui a fait usage de
l'infaillibilité depuis la proclamation de
l'infaillibilité papale par le Concile
Vatican I (1869-1870). En 1854, le
Pape Pie IX avait publié la déclaration
« Ineffabilis Deus » sur l’Immaculée conception de
la Vierge Marie elle-même qui est à la base du
dogme de l’Assomption.
En effet, l’Immaculée Conception est la
croyance selon laquelle la Vierge
Marie est elle-même née « sans tâche »,
c'est-à-dire exempte du péché originel et que
le Fils Éternel de Dieu ne pouvait naître que
d’une femme très pure exempte des conséquences de
la faute originelle – qui plus est initiée par
Ève... Pourtant des théologiens des IIe et IIIe
siècles
comme Tertullien ou Jean
Chrysostome estiment que Marie est une femme
admirable, mais n'est pas exempte d'avoir commis
des péchés, certes véniels. Avec l'importance que
prend progressivement le culte de Marie, «
l'imaginaire marial » sur sa pureté se développe
également, propageant l'idée selon laquelle la
mère du Christ ne peut avoir commis de faute -
même vénielle - contre Dieu, qu'elle est « sans
souillure ni corruption »
Comme on peut le constater, les bases de ces
élaborations dogmatiques sont extrêmement fragiles
puisque l’on sait aujourd’hui que le récit de la
Chute d’Adam et Ève en Genèse 3, 1-24 est un récit
mythique qui ne peut plus être pris comme un récit
historique décrivant la faute de nos premiers
parents. Comme je l’écrivais dans un précédent
article, puisque son fils Jésus était Dieu, il
convenait que sa mère possède toutes les
perfections possibles.
Les papes et avec eux l’Église romaine n’ont
jamais reculé devant de plus en plus grandes
glorifications de la mère de « Dieu-fait-homme ».
À cela s’ajoute certainement des motifs
psychologiques puisque provenant de fils
célibataires restés attachés à la représentation
d’une mère idéale, sans tâche et sans souillure,
entièrement dévouée à leur enfant. Rien n’était
trop beau pour magnifier celle-ci.
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