Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion


Assomption de Marie

vraiment ?

 

Michel Leconte

théologien,  psychologue clinicien

 

 

6 août 2021

Avant de devenir le dogme de l’assomption promulgué par Pie XII le 1er novembre 1950 par la constitution apostolique « Munificentissimus Deus », on ne parlait que de la « dormition   de la vierge Marie. La dormition était une croyance qui ne reposait sur aucune base scripturaire. En effet, aucun texte du Nouveau Testament n'évoque la fin de Marie, et ce sont des textes apocryphes et des légendes comme celle de Jean Thessalonique (vers 605) qui ont comblé ce vide. Les Églises d’Orient ont gardé cette dénomination antique sous la forme de la dormition de la Theotokos (mère de Dieu). Ils nomment ainsi la mort de la Vierge Marie et la montée au ciel de son corps. Le terme dormition exprime aussi la croyance selon laquelle la Vierge est morte sans souffrir, dans un état de paix spirituelle.
 
A partir du XIXe siècle, des pétitions commençaient à affluer à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l’Assomption. La proclamation de ce dogme ne faisait qu’entériner ce que l’Église romaine croyait depuis toujours. Pour l’Église catholique, l'Assomption est devenu un dogme selon lequel, au terme de sa vie terrestre, Marie a été « enlevée corps et âme » au ciel dans la gloire de Dieu. L'Assomption de Marie fait ainsi partie des croyances obligatoires de l'Église catholique. Cependant, les Églises d'Orient critiquent ce terme qui pourrait laisser croire que la Vierge a été enlevée au ciel de son vivant. D’autre part, Elle est la première, et à ce jour la seule, déclaration ex cathedra qui a fait usage de l'infaillibilité depuis la proclamation de l'infaillibilité papale par le Concile Vatican I (1869-1870). En 1854, le Pape Pie IX avait publié la déclaration « Ineffabilis Deus » sur l’Immaculée conception de la Vierge Marie elle-même qui est à la base du dogme de l’Assomption.  
 
En effet, l’Immaculée Conception est la croyance selon laquelle la Vierge Marie est elle-même née « sans tâche », c'est-à-dire exempte du péché originel et que le Fils Éternel de Dieu ne pouvait naître que d’une femme très pure exempte des conséquences de la faute originelle – qui plus est initiée par Ève... Pourtant des théologiens des IIe et IIIe siècles  comme Tertullien ou Jean Chrysostome  estiment que Marie est une femme admirable, mais n'est pas exempte d'avoir commis des péchés, certes véniels. Avec l'importance que prend progressivement le culte de Marie, « l'imaginaire marial » sur sa pureté se développe également, propageant l'idée selon laquelle la mère du Christ ne peut avoir commis de faute - même vénielle - contre Dieu, qu'elle est « sans souillure ni corruption »
Comme on peut le constater, les bases de ces élaborations dogmatiques sont extrêmement fragiles puisque l’on sait aujourd’hui que le récit de la Chute d’Adam et Ève en Genèse 3, 1-24 est un récit mythique qui ne peut plus être pris comme un récit historique décrivant la faute de nos premiers parents. Comme je l’écrivais dans un précédent article, puisque son fils Jésus était Dieu, il convenait que sa mère possède toutes les perfections possibles.
 
Les papes et avec eux l’Église romaine n’ont jamais reculé devant de plus en plus grandes glorifications de la mère de « Dieu-fait-homme ». À cela s’ajoute certainement des motifs psychologiques puisque provenant de fils célibataires restés attachés à la représentation d’une mère idéale, sans tâche et sans souillure, entièrement dévouée à leur enfant. Rien n’était trop beau pour magnifier celle-ci.
 
 



Retour vers Michel Leconte
Retour vers "libres opinions"
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.