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Un christianisme pour le XXIe siècle


Catéchisme pour adolescents ou adultes ouverts d’esprit
et cherchant à comprendre la foi, l’Église et la Bible
en vue d’une religion intelligente et ouverte à notre monde

 

 

Louis Pernot

pasteur de l'Église protestante unie de Paris-Étoile

 

Ed. Olivétan
156 pages – 10 €

 

 


recension Gilles Castelnau


30 janvier 2021

Le pasteur Louis Pernot fait, au temple de l’Étoile, un excellent catéchisme. Les 28 leçons qu’il en publie dans ce livre – une par semaine scolaire – font le tour de toutes les questions fondamentales de notre foi.
Elles en présentent toujours de manière ouverte, les opinions les plus courantes, les réponses les plus spontanées et les critiques les plus habituelles pour déboucher sur une compréhension intelligente du message de l’Évangile.
Cet ouvrage est écrit dans un langage clair et agréable et sans être long et ennuyeux, il est suffisamment détaillé pour satisfaire tous les esprits curieux. Un esprit heureux et souriant en émane et convainc le lecteur.
La grande expérience pastorale du pasteur Louis Pernot l’a, en effet convaincu que ce sont bien souvent les incompréhensions, les idées fausses qui écartent les jeunes – et les moins jeunes – du dynamisme créateur et de l’esprit fraternel de la foi chrétienne.

En voici quelques passages à titre d’exemples.

 

 

page 9

Croire ou ne pas croire en Dieu ?

« Dieu » est un mot très vague, et tout dépend de ce qu’on met dedans. « Dieu » est un mot fourre-tout, à l'image d'un grand sac dans lequel on mettrait des choses ou d'autres, des idées, des concepts. Le croyant, c'est celui qui prend un sac, et dedans il met tout ce qu’il aime : l'amour, la fraternité, le pardon, la paix, la joie, la vie... puis sur le sac, il écrit « Dieu », et dit que c'est ça en quoi il croit. L’athée, c'est celui qui prend un grand sac, cette fois, non pas un sac de luxe, mais plutôt un sec poubelle, et dedans il met tout ce qu'il n'aime pas : l'intolérance, l'obscurantisme, les croisades, la pédophilie des prêtres, l'inquisition, et sur le sac il écrit « Dieu », et jette tout ça au loin en disant qu'il n’y croit pas.

 

 

page 33

Jésus, le pain de vie et la communion

Quand on dit qu'il faut « manger » le Christ, évidemment qu'il ne faut pas entendre cela matériellement. Les interlocuteurs de Jésus, dans Jean, font d'ailleurs cette erreur, ils disent : « nous donnera-t-il donc son corps à manger ? » (Jean 6:52), ils ne comprennent rien. Il ne s'agit pas d'anthropophagie, ni même, lors de la sainte Cène, de manger concrètement un morceau de pain qui changerait quoi que ce soit dans notre vie, mais l'idée c'est qu'il faut se nourrir du Christ, de son exemple, et de son enseignement. On dit bien aujourd'hui si on lit un livre passionnant qu’on a « dévoré un roman », ou si on écoute un orateur talentueux : « j'ai bu ses paroles ». Il ne s'agit là que d'images, de même lorsque nous disons qu'il faut manger le corps du Christ et boire son sang.

Manger le Christ, c'est le mettre en soi, en faire la source de sa vie, intellectuellement et spirituellement, s'en nourrir. Et l'Evangile est véritablement une nourriture.

[...]

C'est le même pain que nous partageons, et la même coupe à laquelle nous buvons. Ainsi participer à la communion, c'est aussi affirmer vouloir faire partie de la communauté qui
reconnait le Christ comme sa nourriture essentielle.

 

 

page 39

Le problème du mal

Ainsi alors qu'il y avait écrit dans nos anciennes liturgies qu'il fallait commencer un service funèbre par « Dieu a rappelé à lui N... à l'âge de... » un pasteur a justement commencé un jour un service funèbre particulièrement dramatique pour un enfant mort d'un cancer : « je ne crois pas que Dieu ait voulu la mort d'Olivier à l'âge de 12 ans... » et plus loin dans le service, une collecte a été organisée en disant : « justement, parce ce n'est pas la volonté de Dieu qu'un enfant puisse mourir trop jeune, nous devons travailler pour que ça se passe le moins possible », et venait une incitation à donner pour la recherche sur le cancer. Si la maladie était la volonté de Dieu, alors il n'y aurait qu'à ne pas soigner les gens et à laisser faire la volonté de Dieu !

Mais donc ce Dieu non tout-puissant peut néanmoins faire beaucoup, et c’est ainsi que dans une autre situation, alors qu'un pasteur évangéliste était venu vanter son Dieu infini dans un centre pour enfants « pré-délinquants », un des jeunes était venu voir le directeur qui, tout en n'étant pas théologien, avait eu une réponse très juste. L’enfant lui dit : « comment cet évangéliste peut-il me dire que Dieu m'aime et fait tout bien pour moi, alors que ma mère se prostituait et est morte sous les coups de mon père qui était alcoolique et qui se trouve maintenant en prison, et que moi je suis là sans véritable avenir ? » Et donc le directeur de lui dire : « je ne sais pas comment il se fait que tu aies dû subir plus de mal que d'autres sans doute, mais je crois que ce Dieu certainement, aujourd'hui, il peut t’aider à en sortir, et à te construire comme quelqu'un de libre, responsable et joyeux. »

 

 

page 43

Que nous apporte la mort de Jésus ?

La théologie traditionnelle a dit souvent que Dieu avait voulu la mort de Jésus, qu'elle était comme le but de sa mission, et que par elle, nous étions pardonnés de tous nos péchés et sauvés.

Le plus souvent, on entend une interprétation sacrificielle de la mort de Jésus : Jésus serait comme un sacrifice offert à Dieu pour qu'il nous pardonne. On trouve cela dans bien des liturgies de la Cène, c'est la théorie de la « satisfaction vicaire » : Dieu exigerait une compensation pour tout le mal qui est dans le monde, et sa justice demanderait que les pécheurs payent le prix de leur péché par leur mort. Or Jésus accepte de payer pour nous tous en mourant à notre place. Et sa vie ayant une valeur infinie, le prix qu’il paye à Dieu vaut pour tous. Ainsi Dieu se satisfait de la mort de son Fils à la place de tous les nôtres, et il est comme un sacrifice d’une valeur infinie offert à Dieu pour le pardon des péchés de tous.

Cette théologie est effroyable, et il n’y a pas de raison de vouloir se l'imposer. Elle est absente des quatre évangiles, et montre plus un Dieu pervers qu'un Dieu d'amour. On ne paye des « rançons » qu'à des gens peu sympathiques, et on ne peut imaginer que Dieu exigerait la mort sanglante d'un innocent pour pouvoir nous sauver ou nous pardonner. Ou Dieu veut nous sauver, ou il ne le veut pas, et s'il le veut, pourquoi ne voudrait-il le faire qu'au prix de la mort de son propre fils ? Non, Dieu nous pardonne par amour et parce qu'il le veut, il n'a besoin de rien d'autre, et certainement pas de la mort de son propre fils.

[...]

Mais il y a du positif tout de même dans la mort de Jésus. D’abord en ce que c’est un témoignage d’amour pour nous. Jésus aurait pu échapper à la mort en reniant son message, mais il a voulu aller jusqu’au bout... pour nous. Sa mort est donc signe de conviction, et plus encore de son amour pour nous, puisque lui n’en avait pas besoin.

 

 

page 57

La prière

Prier, ce n'est donc pas tant réclamer quelque chose à Dieu que se connecter à lui pour profiter de sa puissance créatrice. Dieu en effet, peut être vu comme un dynamisme créateur, une force cosmique de bien, de mieux être, d’organisation et de création. Tout dans le monde y est soumis, et prier, c'est s'exposer plus particulièrement à cette force cosmique divine pour se laisser transformer par elle.
[...]

La prière transforme ainsi celui qui prie, et non pas Dieu qui devrait changer d'avis en fonction de ce que lui réclame le priant. Et prier pour une cause, ou des pays en guerre, ce ne devrait pas être une excuse pour ne rien faire, mais c'est, au contraire, présenter dans la foi sa propre préoccupation à Dieu de ceux qui souffrent pour dire qu’on pense à eux et qu’avec l’aide de Dieu, nous pourrons faire quelque chose à notre niveau. Ainsi, prier Dieu n'est pas tant essayer de le convaincre de donner à soi, à l'un ou à l'autre puisqu'il est sans cesse en train d'envoyer vers tous toute puissance positive, mais c’est avant tout se mettre en situation soi-même de recevoir. Demander, c'est dire qu’on en a besoin et s’ouvrir à cette puissance créatrice qui peut du coup venir nous transformer de l'intérieur.



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