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Jésus

un homme vraiment ?

 

 

Michel Leconte

 psychologue clinicien

 

 

26 octobre 2020

La doctrine classique de l’Église catholique romaine affirme depuis le concile de Chalcédoine la double nature de Jésus Christ : vrai Dieu et vrai homme. Pourquoi ? Parce qu’il faut qu’il soit à la fois homme et Dieu pour pouvoir rédimer le péché originel - un homme seul n’aurait pu suffire du fait que l’offense visait Dieu lui-même. Un homme, on sait a peu près de quoi il s’agit : un être soumis à la différence des sexes, faillible et situé dans un temps et une culture particulière. Mais quand le concile de Chalcédoine affirme en 451 que Jésus est vrai Dieu, de quoi parle-il exactement ?

À cette époque, Dieu est défini comme un être qui siège dans les cieux, un être spirituel omnipotent, omniscient, créateur du monde et des hommes. Comment un tel être peut-il coexister avec l’être fini et contingent qu’est Jésus ? Comment un tel être peut-il s’unir avec l’être forcément faillible et sexué qu’est Jésus ? A moins d’affirmer que Jésus n’est pas tout à fait un homme comme les autres en lui attribuant la toute-puissance de Dieu et notamment en le faisant échapper au « péché originel » puisque celui-ci serait censé marquer l’humanité. En divinisant Jésus, on le sort de l’humanité réelle. Cette idée d’incarnation de la substance de Dieu en l’homme Jésus mutile son humanité.

Puisque selon la doctrine classique Jésus n’est pas véritablement un homme du fait de son union avec la divinité, il ne peut naître que d’une femme qui, elle aussi, n’en est pas vraiment une puisqu’elle aussi n’a pas été marquée par le péché originel d’une part et d’autre part, n’a pas connu l’acte sexuel à l’origine de la naissance de Jésus : on dira qu’elle est l’immaculée conception et que la conception de Jésus fut virginale puisqu’elle est la theotokos, la mère du Dieu Saint ne peut être qu’infiniment pure.

Il faut prendre conscience des présupposés théologiques sur lesquels repose une telle dogmatique. La place donnée dans ces présupposés à la double nature du Christ, au péché originel et au péché « actuel » (en particulier au péché lié à l’exercice de la sexualité), la suréminence des notions de rachat et de sacrifice dans le salut, tout cela forme un ensemble cohérent ou les titres donnés à Marie forment une sorte de puzzle qui parachèvent l’image. Si on commence à en retirer une pièce ou l’autre, tout le système s’écroule.

Il est évident que je ne peux souscrire à cette doctrine plutôt fantasmagorique. La notion de péché originel fait tomber sur l’homme et la femme une culpabilité originelle extrêmement néfaste. De plus les sciences de l’évolution nous indiquent que jamais il y eu un couple à l’origine de notre humanité ; l’homme doit plutôt être conçu comme un être en développement. Il n’y a jamais eu de paradis terrestre que le sacrifice du Christ nous permetrait de retrouver après notre mort. Je n’en dirais pas plus sur le modèle aliénant que Marie a exercé sur les femmes au cours des siècles. Jésus est pour moi le Christ, c’est à dire l’homme en qui Dieu a manifesté la puissance de son dynamisme aimant et créateur. Son Royaume est devant nous et non dans le passé d’un sacrifice supposé rédempteur.



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