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Arrêtons d'en parler

et faisons-le !

 

 

Gilles Carbonell


 

6 septembre 2020

Au fait, pourquoi vient-on au culte ?
Bonne question ! Est-ce qu’on y vient pour apprendre quelque chose ? Pour prier et chanter ? Pour retrouver des amis ? Pour passer le temps ? Pour trouver paix et de réconfort ? Autre chose, pourquoi pas ?

Pour répondre à cette question, il suffirait de faire une enquête sociologique très professionnelle, auprès de ceux qui assistent au culte le dimanche, choisir un échantillon représentatif de ces fidèles en milieu urbain, Paris et province, en milieu rural, par tranche d’âge, par catégorie socio-professionnelle, par sexe bien sûr, etc. je ne suis pas sociologue, mais il me semble que ce serait quelque chose comme cela.
Ensuite, on enverrait des enquêteurs sur les différents lieux choisis comme représentatifs. Ils poseraient les questions qui vont bien et reviendraient avec leurs chiffres, je ne suis pas enquêteur, mais il me semble que ce serait quelque chose comme cela.
Enfin, traitement statistique approprié, segmentation, moyenne, écart-type, analyse discriminante, etc. je ne suis pas statisticien non plus, mais il me semble etc.

Et ensuite, on en déduirait peut-être ceci : « Pour la majorité des personnes interrogées, un culte est un moment de spiritualité tranquille, de prière, un moment où on vient louer Dieu. Donc il ne faut pas provoquer les gens, parce qu’ils ne viennent pas pour cela : certains souffrent de maladie, de divorce, de deuil et ont besoin de paix et de réconfort. Et il ne faut rien dire de négatif. »

Tout cela est vrai. Mais c’est vrai ??? pour ceux qui viennent au culte. Et les autres ? Ceux qui ne viennent pas ? Parce qu’enfin, les cultes en ligne s’adressent surtout à ceux qui n’y vont pas !

Et alors, la question ne doit-elle pas être : « Pourquoi ne vient-on pas au culte ? »
Tout a été dit et écrit, je crois, sur le caractère obsolète des liturgies, obsolète c'est-à-dire incompréhensible aujourd’hui pour des hommes d’aujourd’hui. Il a été abondament dit et écrit, aussi, que les paroles des rituels et des cantiques étaient de nature à provoquer l’étonnement, puis l’hilarité, puis l’agacement, enfin l’indifférence, chez la quasi-totalité de nos contemporains.

Bien. Donc, faut-il veiller à ne pas « provoquer » – le mot me parait tout de même un peu fort – ceux qui viennent au culte, parce que certains d’entre eux viennent y chercher uniquement paix et réconfort ?

Et est-ce « provoquer » que de dire la vérité, en lieu et place de paroles, certes belles mais vidées de leur sens originel ? Est-ce provoquer, ou être négatif, que de dire par exemple que les confessions du péché se transforment le plus souvent en catalogues de péchés que, heureusement, peu de gens dans l’assistance du dimanche ont eu l’effronterie de commettre pendant la semaine ?

Je ne crois pas. En revanche, ce dont je suis sûr, c’est que les incroyants, les tièdes, les « hausseurs d’épaules », ceux qui ne viennent au culte qu’occasionnellement, ceux-là vont se dire « décidément, ils ne changeront jamais de vocabulaire, tout ceci ne m’apporte rien » !

Passons sur un autre plan : dès le début du confinement, j’ai enregistré des cultes – avec mes textes et mon vocabulaire – et je les ai mis en ligne, consultables par qui voulait. J’ai eu, suivant les jours, entre 50 et 150 visionnages. Peu de personnes regardent jusqu’au bout, il y a une forte désertion juste après la prédication. Et d’ailleurs, il y a plus de visionnages de la prédication que du culte entier.

J’ai eu l’occasion d’en parler dans une réunion et on m’a fait cette réponse navrante : « mais cela pénalise ceux qui n’ont pas internet, donc ce n’est pas une pratique à prolonger. »

Alors je dirai ceci : il y a ceux qui viennent au temple et ceux qui n’y viennent pas. Certains n’y viennent pas parce qu’ils n’ont pas la possibilité, ils sont vieux, malades, trop loin, sans moyen de se déplacer, etc. Faut-il supprimer pour autant les cultes dans les temples ? Non, bien sûr.
Et il y a ceux qui sont heureux d’avoir un culte en ligne, qu’ils peuvent regarder quand ils veulent et interrompre quand ils veulent, notamment si le contenu des sermons leur déplait.
Est-ce que l’annonce de la Parole doit se faire exclusivement dans un temple, avec une liturgie figée et un vocabulaire aseptisé et obsolète ? Doit-elle au contraire se faire n’importe où et n’importe comment ?

Ni l’un ni l’autre, assurément, il faut avoir toujours le soin de son prochain, là aussi. Mais la manière de s'exprimer devrait être une des grandes préoccupations des prédicateurs, parce qu’aujourd’hui c'est la presque totalité des images et des mots de nos liturgies qui ont perdu leur crédibilité.

C’est quelque chose qui a été dit et écrit. C’est bien, mais maintenant, il faut peut-être envisager de le mettre en pratique.
Arrêtons d’en parler et faisons-le !

 


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