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Le christianisme social

aperçu historique




pasteur Jean-Pierre Rive 

 

 

9 mars 2020

Le protestantisme français, tel qu’on le découvre dans sa diversité à travers la Fédération Protestante de France, malgré les limites que lui a imposé la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat (1905) qui lui a assigné une vocation exclusivement cultuelle, s’est doté par le biais d’associations relevant de la loi sur les associations (1901) d’une dimension diaconale qui l’a conduite à unir après un processus entamé dès 1905 les multiples initiatives et œuvres dans une « Fédération de l’Entraide Protestante » en 1984, reconnue d’utilité publique en 1990.

On trouve dans cette Fédération de grandes œuvres sanitaires et sociales comme la CIMADE, bien connue pour ses engagements auprès des migrants, des personnes déplacées ou exilées, et sa dénonciation des politiques migratoires actuelles. L’Armée du Salut dédiée au soutien des personnes en grande précarité, ou encore la Fondation John Bost qui déploie un accueil exigeant et toujours innovant auprès des personnes porteuses de handicaps.
Il faut citer en outre La Mission Populaire Evangélique de France qui, fondée en 1871 au lendemain de la Commune de Paris, crée en quelques décennies une centaine de lieux (en France et en Algérie) dédiés au « Réveil évangélique » en même temps qu’à l’accompagnement matériel et moral d’une classe ouvrière écrasée par la répression versaillaise et l’exploitation d’un capitalisme de plus en plus offensif.

La légende raconte qu’un pasteur presbytérien écossais, MacAll, en séjour à Paris en 1871, fut interpelé par des ouvriers de Belleville victimes de la répression s’exprimant ainsi : « Si nous avions rencontré une Eglise de pauvres, pour les pauvres, alors nous pourrions croire en ce Christ libérateur de toutes les souffrances », pour ainsi dire piqué au vif. MacAll aurait consacré une grande partie de ses biens à déployer des lieux dénommés « Fraternités » où l’Evangile s’annonçait en même tems qu’il mettait en place un soutien matériel, en collaboration avec d’autres pasteurs comme par exemple Tommy Fallot, très marqué par la pensée socialiste. Se créent aussi d’autres lieux appelés « Solidarités » alliant un appel au « réveil » évangélique en même temps qu’une résistance aux méfaits d’une société dominée par l’argent.

Parallèlement, se crée un réseau d’échanges intellectuels et théologiques appuyé par « l’Ecole de Nîmes » animée par l’économiste Charles Gide (1847-1932, l’oncle d’André) qui veut promouvoir une société qui, par-delà le communisme et le capitalisme, donne les bases théoriques du mouvement coopératif et mutualiste.

On assiste ainsi à la fin du XIXe siècle à la naissance du mouvement baptisé « christianisme social ». Christianisme et non protestantisme pour manifester la dimension œcuménique du projet.

Plus tard, entre les deux guerres mondiales, Wilfred Monod, pasteur à l’Oratoire du Louvre, doyen de la Faculté de Théologie Protestante de Paris, sera la figure emblématique de ce christianisme intégral qui refuse de dissocier le spirituel et le social.

Un point commun parfois sous-estimé marque tous les acteurs de ce mouvement, en particulier Tommy Fallot et Wilfred Monod, c’est l’importance accordée à la célébration liturgique de la « sainte cène ». Il doit y avoir une fécondation réciproque entre le service de la justice et la célébration de la cène « banquet du royaume qui vient », prémices d’une société juste et paisible ferment d’espérance.

Après les deux guerres mondiales, Paul Ricœur présida le mouvement en même temps qu’il anime sa revue « Autre Temps » disparue depuis.

Aujourd’hui, après avoir participé à toutes les luttes émancipatrices du XXe siècle (pacifisme, résistance au fascisme et au nazisme, décolonisation, rejet du nucléaire, en particulier militaire, le mouvement après un lent déclin, a été relancé en 2000 par un groupe de chrétiens, pasteurs, laïcs, théologiens ; à travers un réseau de « communes » de réflexion et d’actions, disséminées sur le territoire national, le mouvement du christianisme social s’implique dans les grands défis qui se présentent à nous : lutte contre le scandale des politiques migratoires de l’Europe, lutte contre un capitalisme prédateur, soutien à toutes les initiatives en vue d’une société respectueuse de la création.

Le mouvement du « christianisme social » s’appuie ainsi sur une double réflexion :
- La sauvegarde de la création,
- Le recherche de la justice et de la paix, du Royaume qui vient dont il faut préparer le chemin.



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