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Théologie fiction
sur le sacrifice expiatoire

 

 

Michel Leconte

 

9 décembre 2019

« Et tous l’abandonnèrent et prirent la fuite. » (Mc 14, 50).
« Il sortit précipitamment : il pleurait. » (Mc 14, 72b)


Cette doctrine théologique de la rédemption des péchés par l’expiation réalisée par la souffrance et la mort de Jésus sur la croix est de plus en plus mal acceptée par beaucoup de croyants aujourd’hui... On peut être, à juste titre, scandalisé par ce Dieu qui a besoin de la mort de son Fils pour pouvoir pardonner le et les péchés des hommes. Bien que les débuts de la théologie chrétienne soient le plus souvent obscurs, je voudrais proposer dans les lignes ci-dessous une tentative d’explication historico-psychologique possible de l’origine de la doctrine du sacrifice expiatoire de Jésus.
Les disciples ont dû se sentir extrêmement coupables d’avoir abandonné Jésus aux mains des grands prêtres et des Romains en fuyant comme des lâches lorsque Jésus a été arrêté. Cette culpabilité s’est révélée écrasante lorsqu’ils constatèrent la fin ignominieuse de leur maître et plus encore lorsqu’ils réalisèrent que c’était le Fils de Dieu qu’ils avaient abandonné et que celui-ci allait revenir au jour du Jugement.

Se retournant sur eux-mêmes, quelque temps plus tard, ils considérèrent que leur infidélité et leur couardise étaient un grand péché et une faute si gravissime qu’elle ne pouvait pas être pardonnée gratuitement comme le faisait Jésus pendant sa vie publique : leur remord les submergeait de trop. De plus, ils ont pu penser que Jésus était mort à leur place pour les sauver de la vindicte des grands prêtres et de l’hostilité des Romains : c’était trop pour des coupables ! L’apôtre Paul exprime bien cette idée et son retournement : « Mais en ceci Dieu prouve son amour pour nous : Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs. » (Rm 5, 8)

Il fallait urgemment trouver un sens à la mort de Jésus pour apaiser leur angoisse : donner du sens aide à supporter la souffrance. Ils trouvèrent ce sens dans les Écritures, notamment en Isaïe 53 : la mort de Jésus était un acte d’expiation de leur faute impardonnable. L’épisode du reniement de Pierre (Mc 14, 66-72) me semble confirmer cette hypothèse. 
Dans « l’après-coup » de la Résurrection, la croix leur apparu alors, non comme un échec, mais comme la manifestation du Dieu qui pardonne grâce au sacrifice oblatif de Jésus qui a pris leur place pour les sauver de l’arrestation. Ils considérèrent que Jésus avait été obligé de se sacrifier pour eux, n’arrivant pas à concevoir, en raison de leur sentiment de culpabilité, qu’en fait ils étaient pardonnés gratuitement, et cela sans sacrifice sanglant ni rançon à payer. Il convient ici d’observer que cette doctrine implique le déni de la puissance de Dieu qui est d’une part, impuissant à pardonner gratuitement et qui est ligoté par une Justice qui s’impose à lui, d’autre part.

Dans cette hypothèse, la croix leur apparu bénéfique, elle manifestait l’amour de Dieu au lieu de sa colère : parfait renversement en son contraire. C’est donc ensuite, après le premier mouvement de leur culpabilité que les disciples ont trouvé la solution à leur angoisse dans « l’après-coup » de ce que l’on nomme Résurrection - Résurrection de Jésus, mais aussi résurrection des disciples eux-mêmes. Toutefois, résurrection empreinte de culpabilité puisqu’ils éprouvèrent le besoin de dire que « Christ était mort pour leurs péchés » (1 Co 15, 3).

Cette notion d’expiation nécessaire pour que Dieu puisse pardonner les péchés est peut-être née de la culpabilité des premiers disciples. À partir d’un « besoin inconscient de punition » pour ne pas avoir été capable de suivre leur maître dans la mort, sont venues se greffer les horribles doctrines théologiques que l’on sait.

Mais alors, le Nouveau Testament se trompe-t-il ? Il faut toujours être conscient du fait que la figure historique de Jésus n’est connue qu’à travers son impact sur ses disciples et sur les générations suivantes. Il est normal que les interprétations à son sujet aient été influencée par leurs réactions psychologiques et leur culture religieuse.
Si bien que les Écritures peuvent très bien comporter des erreurs d’interprétation et ne soient pas indemnes d’hérésie ainsi que l’affirmait l’exégète et théologien Ernst Käsemann (1906-1998).

 


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