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Redressés et réveillés

 

Les protestants en Drôme-Ardèche sous le régime concordataire

 

 

Michel Mazet

Professeur d’histoire et de géographie,
membre de la paroisse de Guilherand-Ganges en Ardèche.
Cet ouvrage est adapté de la thèse de doctorat en histoire qu’il a soutenue dans le cadre de l’Université de Lyon II



éd. Olivétan
452 pages – 24 €

 

recension Gilles Castelnau


6 mars 2019

Ce gros livre bourré de détails et de citations survole tout le 19e siècle en Drôme-Ardèche. Il nous fait pénétrer de façon très vivante – et saisissante - dans l’histoire concrète du protestantisme de ces difficiles décennies.
Le lecteur intéressé par l’historie protestante de ces deux départements les lira avec passion.
Notons qu’il lui faudra de bons yeux car les caractères sont de petite taille et l’encre en est extrêmement pâle !

Voici les titres des 9 chapitres.

• La laborieuse renaissance d’une Église (1802-1830)
• Croissance et division d’une Église sous contrôle (1830-1879)
• Les premières difficultés d’une Église établie (1879-1905)
• Être protestant en Drôme-Ardèche au XIXe siècle
• L’éducation et le rôle de l’école en milieu protestant
• Les protestants et la charité, la « diaconie ».
• Des protestants menacés de disparition
• Les « missions » pour enrayer le déclin démographique
• Protestants et catholiques, « la citadelle assiégée »

Et en voici deux passages :

 

 

L’éducation et le rôle de l’école en milieu protestant

Un enseignement primaire qui s’adapte aux lois successives


La laïcisation progressive et
ses conséquences à partir de 1879

Des inquiétudes initiales. Les opinions sont partagées, à l'image de ce qui se passe à Annonay en 1880. Une pétition est adressée au Conseil municipal, demandant la fusion des écoles protestantes avec les écoles communales. Une deuxième pétition demande l'inverse. La première n'est cependant pas faite par des protestants (elle demande la fusion avec des instituteurs adjoints protestants).
La deuxième a recueilli quatre cent dix signatures de protestants. Le Conseil presbytéral demande le maintien de l'école protestante. Les discussions autour de la loi Ferry tournent rapidement à l'avantage de cette dernière. L'école laïque est garante de la liberté religieuse, elle véhicule une morale républicaine portée par des penseurs protestants. Elle permet de ne plus se poser la question cruciale du financement des écoles. Le sentiment dominant semble le même que celui de Jean de Seynes qui écrit en 1888 :

« À quoi bon avoir aujourd'hui des écoles primaires protestantes ? L'État qui forme des instituteurs très capables, a tous les moyens matériels de donner une instruction excellente et complète ; il ouvre gratuitement à nos enfants les portes de ses magnifiques écoles pourvues de tout ce qui est utile et même agréable à ses élèves; que désirer de mieux ? La neutralité imposée aux écoles publiques n'empêche pas nos enfants de recevoir un enseignement religieux au temple le jeudi et le dimanche ».

La laïcisation des écoles primaires inquiète cependant, particulièrement à cause de la disparition de l'instruction religieuse. Le rôle des écoles du dimanche va devenir fondamental, il faut y réfléchir, puis en prendre acte et mettre en place des actions pratiques, qui aboutissent à des modifications de structures : une importance primordiale doit être accordée à l'histoire sainte à partir de la Bible, les manuels devenant des auxiliaires.

« L'étude doit être aimable, agréable et facile, il faut employer de nouvelles méthodes d'enseignement et aller du simple au composé. Il faut commencer par les faits, les récits, puis s'élever vers les grands enseignements bibliques de la révélation. Le programme concerne l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, l'histoire des premiers siècles de l'Église, l'histoire de la Réforme et des missions chrétiennes, une simple et courte théologie biblique. Il se déroule sur six ans (de 7 à 13 ans) et se décompose en 6 parties (de la genèse à la royauté, de la royauté à la fin d'Israël, l'Évangile, la vie de Jésus, les Actes, la vie de Paul, la naissance de l'Église, la Réforme et les protestants de France, les biographies des principaux missionnaires, les principaux faits et doctrines de la Bible en dernière année, comme transition vers le catéchuménat) ».

 

 

 

Protestants et catholiques, « la citadelle assiégée »

Des périodes de la vie où les confrontations sont possibles

 

Les baptêmes et les bénédictions de mariage

Les bénédictions de mariage. Les bénédictions de mariages sont des événements où s'affrontent prêtres et pasteurs. Il n'est pas question de bénédictions de mariage célébrées conjointement par les deux ecclésiastiques, sauf dans de très rares cas. Des bénédictions de mariage mixte existent cependant, particulièrement là où les protestants sont minoritaires.

Le plus souvent, l'Église catholique souhaite seulement la conversion du conjoint protestant mais, en revanche, impose l'obligation dc voir ses enfants élevés dans le dogme romain. Les pasteurs eux acceptent de célébrer des bénédictions de mariage mixte, sans contrainte pour les futurs enfants mais avec des recommandations plus ou moins accentuées suivant les lieux, les périodes et les personnes.

De temps en temps, des conflits surgissent comme celui des Vans en 1820. Un jeune protestant Tendil, clerc du notaire Molines, adjoint au maire, doit épouser une catholique, il s'est d'ailleurs confessé et a communié à l'église. Au lieu de s'y marier, la cérémonie a lieu au temple.

« Le peuple témoin devint furioso et se disposait à fondre sur les mariés qu'il eût mis en pièces si la gendarmerie appelée à temps n'avait mis le holà ». Les jeunes mariés, œcuméniques avant la lettre, désirent se rendre à la messe le dimanche suivant. Le maire leur interdit par peur qu'ils ne soient étranglés par la populace.

À La Voulte en 1851, les Anciens demandent un suffragant pour remplacer le pasteur Meyer, malade. Le protestantisme, de ce fait, y perd de son influence : presque toutes les bénédictions de mariage mixte tournent à son détriment.

A Dieulefit, la même année, la conférence pastorale met en garde les pasteurs contre les bénédictions de mariage mixte. Ils doivent prendre toutes « les mesures qu'ils jugeront utiles au bien de la religion », c'est-à-dire s'efforcer de les empêcher.

A partir de la seconde moitié du XIXe siècle, des divergences apparaissent quant aux bénédictions de mariage mixte suivant les Églises locales et suivant les périodes. Au synode de la Drôme, tenu à Die en 1851, il est décidé que les pasteurs ne peuvent ni ne doivent refuser la bénédiction d'un mariage mixte. Toutefois, ils doivent employer tous les moyens de persuasion pour obtenir des nouveaux époux la promesse d'élever leurs enfants dans le protestantisme, ou au moins pour les enfants du sexe du conjoint protestant.

Une décision quasi identique est prise au synode de Lamastre en l8B4: les pasteurs ne peuvent bénir l'union de couples mixtes qui se sont engagés à élever leurs enfants dans la foi catholique.


 


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