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Théodore de Bèze à l'âge de 58 ans

Théodore de Bèze

 


Gilles Castelnau


10 février 2019

Théodore de Bèze est né exactement il y a 500 ans, le 24 juin 1519. Issu d’une famille noble, il fit des études de droit à Paris et se destina à une carrière certainement brillante dans le monde humaniste de l’époque. Il se maria et forma un couple qui fut heureux pendant 40 ans jusqu’à la mort de sa femme. C’’est à l’âge de 20 ans, qu’il fut touché par les idées protestantes et en 1548 sa femme et lui partirent s’installer à Genève, dans le monde protestant. Ils rencontrèrent Calvin, s’entendirent bien avec lui et 3 semaines après leur arrivée lui demandèrent de célébrer religieusement leur mariage. Il fut professeur de grec.

Le Parlement de Paris, apprenant son départ de la capitale prononça la confiscation de ses biens et le condamna à mort par contumace après avoir été « brûlé par figure à la place Maubert ». Ce ne fut qu’en 1564 que le roi Charles IX leva sa condamnation.

Il s’impliqua à Genève dans la vie et le développement du protestantisme, établit des relations avec les réformateurs Guillaume Farel et Philippe Melanchthon et voyagea notamment avec Guillaume Farel en Suisse, en Allemagne et en Alsace pour y rencontrer les responsables d’Église et les théologiens.

Le 25 mai 1559 Il eut le courage de venir à Paris malgré sa condamnation à mort pour participer au 1er synode national fondateur de l’Église réformée de France, synode « à la lueur des bûchers », qui se tint rue Visconti.
La chambre ardente instituée par le roi Henri II avait déjà prononcé 500 condamnations de protestants dont 60 à mort.

En 1561 la reine Catherine de Médicis convoqua le Colloque de Poissy destiné à réunir catholiques et protestants. Il y vint et présida la délégation réformée. On y débattait entre autres, de la présence du Christ dans la sainte cène. Il s’opposa à la fois aux catholiques et aux luthériens qui s’attachent à une « présence réelle dans le pain et le vin », concrète pour les uns, spirituelle pour les autres. Il fit scandale en s’écriant : « Il est nécessaire que le corps fini du Christ, contenu dans le ciel, soit aussi distant de nous spatialement que le ciel l’est de la terre. »

Le 1er mars 1562  ce fut le Massacre de Wassy. Celui-ci intervient six semaines après l'édit du 15 janvier 1562 qui autorisait la célébration du culte protestant à l'extérieur des villes.
Le dimanche 1er mars, le duc François de Guise, farouche partisan du catholicisme, traversait avec ses soldats la bourgade de Wassy lorsqu’il entendit des chants provenant d’un culte protestant qui n’aurait pas dû être célébré dans un bourg. Il y eu conflit, jets de pierre et les soldats massacrèrent une cinquantaine de protestants dont des femmes et des enfants, et firent environ cent-cinquante blessés. 
Une délégation de protestants chercha à protester auprès du roi : Gervais de Francourt, chancelier de Navarre représentant la noblesse et Théodore de Bèze représentant les Eglises.
Antoine de Bourbon représentant les catholiques dit que les princes n’ont pas à recevoir des pierres jetées contre eux par les protestants.
Une discussion s’en suivit : qui avait jeté des pierres le premier ? Alors Bèze prononça ces paroles historiques : « Sire, c’est à la vérité à l’Eglise de Dieu, au nom de laquelle je parle, d’endurer les coups et non pas d’en donner. Mais aussi vous plaira-t-il vous souvenir que c’est une enclume qui a usé beaucoup de marteaux. »

 


Une gravure de l’époque fréquemment reprise aujourd’hui, représente trois géants en armure qui frappent une enclume de leurs marteaux, avec cette légende : « Plus me frapper on s’amuse, tant plus de marteaux on y use ».
Ces mots sont restés la devise du protestantisme, comme le « ich kann nicht anders » (je ne puis autrement) de Martin Luther à la diète de Worms et le « Je maintiendrai » de Guillaume d’Orange.
Les esprits s’échauffèrent et ce fut le début de la 1ère guerre de religion.

A Genève; Théodore de Bèze devint en 1562 aumônier, trésorier et conseiller spirituel et politique du principal chef protestant français Louis prince de Condé et il visita l’Angleterre, l’Allemagne et la Suisse pour obtenir des financements de cette guerre.
En 1564, Jean Calvin mourut et Bèze lui succéda à la tête de l’Eglise de Genève. Il y fut longtemps le seul professeur de théologie. Il porta jusqu’en 1580 le titre de « modérateur de la Vénérable Compagnie des pasteurs ». Mais même sans titre particulier, il demeura jusqu’à sa mort en 1605, le maître respecté et incontesté.

En 1565 il publia une édition du Nouveau Testament grec.
Il possédait deux manuscrits bibliques anciens. L’un porte son nom : Le codex de Bèze. Bilingue, grec et latin, écrit en majuscules d’un type qui le fait dater des environs de l’an 400. Il était conservé à Lyon au monastère Saint-Irénée : une mention du 9e siècle en fait foi. Le sac de la ville de Lyon en 1562 par les protestants lors de la 1ère guerre de religion à la suite du massacre de Wassy, mit le feu au couvent. Bèze acquit le manuscrit juste à temps. Il le donna en 1581 à l’université de Cambridge.
Ce codex contient les 4 évangiles, dans l’ordre Matthieu – Jean – Luc – Marc, les Actes des apôtres et quelques lignes des épitres de Jacques et de Jude. Il est la copie fidèle d’un manuscrit plus ancien perdu mais que l’on connaît par les citations qu’en fit Justin (mrot en165) et Irénée en 170. C’est le plus ancien texte des évangiles.
Le codex de Bèze est un manuscrit important au point qu’un colloque y fut entièrement consacré à Lunel (Hérault) en juin 1994.
Il contient en Luc 6.5 le passage suivant qui ne se trouve pas ailleurs :
« Voyant un homme qui travaillait le jour du sabbat, Jésus lui dit : Homme, si tu sais ce que tu fais, tu es heureux ; sinon, tu n’es qu’un maudit transgresseur de la loi. »

Le 2 avril 1571, Théodore de Bèze présida le Synode national des Église réformées de France à La Rochelle, où sera votée la fameuse Confession du même nom à laquelle se réfère aujourd'hui encore l'Eglise réformée de France.
La reine Jeanne de Navarre était présente, son fils le futur Henri IV, l'amiral Gaspard de Coligny, le prince Louis de Condé et tous les grands de la noblesse qui ont rallié la Réforme. Ce synode de La Rochelle, fut appelé, eu égard à sa noble assistance, le « synode des princes. »

Clément Marot et Théodore de Bèze mirent en vers et en musique les psaumes sur des mélodies et des rythmes faciles à chanter en chœur comme à fredonner dans les rues et dans les maisons. C’est certainement ce qui a le mieux contribué à faire de la culture protestante une culture populaire.

Le recueil récent de l’Église protestante unie contient 46 psaumes transcrits parlui. Il est aujourd'hui encore un des 4 ou 5 traducteurs les plus utilisés.

Voici le texte orignal de son Psaume 42
Comme un cerf altéré brame
Après le courant des eaux
Ainsi soupire mon âme
Seigneur après tes ruisseaux
Elle a soif du Dieu vivant
Et s’écrie en le suivant
Mon Dieu, mon Dieu, quand sera-ce
Que mes yeux verront ta face ?

Théodore de Bèze, né il y a 500 ans, est décédé le 13 octobre 1605 à 86 ans à Genève


 


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