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Le roi Henri II

 


Gilles Castelnau

 


5 février 2019

Le roi Henri II est né il y a 500 ans le 31 mars 1519. Fils de François Ier et de Claude de France, époux de Catherine de Médicis, il ne régna que 12 ans, de 1547 à 1559, où il fut tué par accident dans un tournoi.

Il était roi d’une France qui était le plus puissant et le plus riche royaume d’Europe. Il héritait de son père François Ier d’une cour largement italianisée et infiniment raffinée (rappelez-vous que Léonard de Vinci était mort dans les bras de son père qui l’avait fait venir). Il héritait aussi d’un pays où le protestantisme grandissait et devenait puissant ce qui mettait en rage les catholiques conservateurs et dont la répression provoqua les guerres de religion.

 

Enfance

Il eut un début d’enfance dramatique, de 7 à 11 ans, lorsqu’à la suite de la défaite de Pavie il fut, avec son frère François remis en otage à Charles Quint qui les garda pendant quatre ans à Madrid.
Revenu en France, il passa son adolescence à la cour, avec son frère François et avec le jeune Gaspard de Coligny. Il étudiait avec eux les lettres et les mathématiques, les arts de cour (la danse et le jeu de paume) et les arts de guerre (équitation et escrime).

 

Politique

Il devint roi en 1547 à 28 ans. Il se lança rapidement dans la guerre contre Charles Quint qui tenait le Saint Empire germanique, l’Espagne et les Flandres. Il prit Toul, Metz et Verdun mais les Espagnols attaquèrent dans les Flandres avec une formidable armée de 50 000 hommes, prirent Saint-Quentin et déferlèrent jusqu’à Noyon. Le duc de
Guise en profita pour prendre Calais aux Anglais. Et tout le monde fut d’accord pour signer les traités du Cateau-Cambrésis qui arrêtèrent ces guerres destructrices et ruineuses... trois mois avant sa mort !

 

Diane de Poitiers

Henri II ne faisait pas scandale en s’affichant avec des maîtresses tapageuses. Il avait – seulement - une maîtresse fidèle, Diane de Poitiers qui avait 19 ans de plus que lui. Il l’avait prise – bien avant d’être roi - lorsqu’il avait 19 ans et elle 38. Il lui accordait une très grande place. Il lui donna les bijoux de la couronne, le château de Chenonceau, le titre de duchesse. Son appartements était tout proche du sien.

Son monogramme était ambigu : composé du C initial de sa femme Catherine de Médicis et de son propre H, deux C entrelacés avec le H peuvent s’interpréter comme deux D de Diane. Après sa mort du roi, Catherine de Médicis reprit ce monogramme mais en faisant dépasser les extrémités des C pour bien marquer qu'ils n’étaient pas des D.

 

Trente

Le pape Jules III relança en 1550 Le concile de Trente qui devait régler la question de la Contre-Réforme mais Henri II le boycotta car Charles Quint y envoyait des délégués des états protestants allemands, la Saxe, le Brandebourg, le Wurtemberg et Strasbourg pour débattre du protestantisme.

 

Répression protestante

Henri II suivait les traces son père François Ier dans la répression radicale des idées protestantes, comprenant bien qu’elles s’opposaient à son désir de centralisation et d’absolutisme.

Il avait été témoin, deux ans avant de devenir lui-même roi, de la férocité du massacre de Mérindol et du Lubéron. François Ier avait donnél’ordre d' « extirper entièrement ceste secte jusques aux racynes » et envoyé une armée de 3 000 hommes sur la Provence. Les habitants des villages protestants furent tués et les maisons pillées.
Le village de Cabrières tenta de se défendre et ferma ses portes : tous les homme furent tués. Les femmes, les enfants et les vieillards se réfugièrent dans l'église. Les vieillards furent conduits dans une grange que l’on incendia. Ceux qui tentèrent de s'échapper par une fenêtre tombèrent sur les pointes des pertuisanes des soldats, qui portèrent en trophée leurs têtes au bout de leurs lances. Dans l'église les femmes furent battues à mort, certaines, après avoir été violées, furent précipitées vivantes du haut du clocher. D’autres furent forcées de suivre les vainqueurs le long des routes. Quant aux enfants restés vivants, ils furent vendus à des paysans des environs.
23 villages furent ainsi détruits et plus de 2 000 personnes furent assassinées.

Henri II commanda que dans tout le royaume de France la répression ne connaisse aucune faiblesse : les édits successifs, notamment celui de Châteaubriant (27 juin 1551) et celui d’Ecouen (2 juin 1559) aggravèrent les peines et réduisirent les garanties des accusés.
A Paris, la « chambre ardente » examina de mai 1547 à mars 1549, 557 cas, prononça 61 bannissements, 39 condamnations au bûcher. La persécution redoubla après 1551. Le parlement de Toulouse jugea 1074 personnes entre 1541 et 1560 : 62 seulement furent brûlées. Le parlement de Bordeaux jugea 477 suspects entre 1541 et 1559 dont 18 furent condamnés à mort.

 

Les protestants

Le premier baptême fut célébré à Paris en 1555, 4 rue Visconti dans le quartier que l'on appelait « la Petite Genève » en raison  du grand nombre de huguenots qui s'y réunissaient.

Dans cette même maison eut lieu, « à la lueur des bûchers », le premier synode national fondateur de l'Église réformée de France, en l'an 1559. Des délégués de la plupart des régions de France siégèrent durant quatre jours dans le plus grand secret et en adoptèrent la Confession de foi de « La Rochelle ».

En 1557, aux 52-54 rue Saint-Jacques une assemblée de 300 à 400 personnes fut dénoncée et envahie par la police. Les gentilshommes présents tirèrent l'épée ; il y eut combat, 120 arrestations furent néanmoins effectuées, suivies de sept condamnations à mort. Parmi elles, Philippe de Luns, jeune veuve de 23 ans, qui revêtit sa robe de mariée pour monter à l'échafaud et fut pendue après avoir été brûlée aux pieds et au visage.

Anne du Bourg, conseiller au Parlement de Paris, dénonça avec hardiesse en 1559 ces persécution, au cours d'une séance plénière du parlement et en présence du roi Henri II. Henri II le fit arrêter sur le champ par Montgomery, le capitaine de sa garde (protestant lui aussi !) et embastiller.

Un macaron dans les boiseries de la chambre du roi au Louvre indique la date de 1559. Cette boiserie a été sculptée par Jean Goujon, le grand artiste protestant, auteur des sculptures de la cour Carrée du Louvre en collaboration avec Pierre Lescot, de la salle des Caryatides, de la fontaine des Innocents, et du jubé de Saint-Germain l'Auxerrois. Pierre Lescot eut l'honneur d'être enterré à Notre-Dame, alors que Jean Goujon s'enfuit pour sauver sa vie, sans doute à Bologne en Italie.

 

Le tournoi

Henri II perdit la vie lors du tournoi qu’il avait organisé pour célébrer le mariage de sa fille Élisabeth avec Philippe II d'Espagne.
« [...] Le Roi, l’un des meilleurs cavaliers de son royaume, fit admirer son adresse et sa valeur. Mais vers la fin du tournoi, voulant, dit-il, rompre encore une lance à l’honneur des dames, d’autres disent de la Reine son épouse, il en envoya une au jeune Gabriel de Montgomery. La Reine, le supplia inutilement de sortir du tournoi : Montgomery refusa d’entrer en lice autant qu’il le put, et jusqu’à un ordre exprès qu’il en reçut du Roi. Ils coururent enfin l’un contre l’autre, et si rudement que les lances se brisèrent et que Montgomery, emporté par son cheval, donna dans l’œil droit du Roi, qui avait la visière de son casque levée, du tronçon qui lui resta la main. Le coup pénétra si avant, que le crâne en fut enfoncé.
Le Roi chancela et aussitôt emporté à l'hôtel des Tournelles (aujourd’hui la place Royale). Malgré la présence de son chirurgien et les efforts d’Ambroise Paré, médecin protestant, il mourut le 10 juillet 1559. (Jean-François Dreux du Radier)

 


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