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Ulrich Zwingli

 

réformateur protestant

 

 

Gilles Castelnau

 

 

30 novembre 2018

Il y a eu, à l’origine de la Réforme protestante au 16e siècle, un grand nombre de réformateurs plus ou moins connus : John Knox en Écosse, Martin Bucer à Strasbourg, Guillaume Farel à Neuchâtel. Les trois plus connus sont Martin Luther à Wittenberg, Jean Calvin à Genève et Ulrich Zwingli à Zürich. C’est de Zwingli que je voudrais parler aujourd’hui car on commémore cette année le centenaire de sa nomination à la cure de la cathédrale de Zürich, le 11 décembre 1518.

Luther avait affiché ses 95 thèses à Wittenberg un an seulement auparavant et Zwingli avait déjà fait le même cheminement de son côté. Il était curé de campagne et aussi aumônier militaire des troupes suisses : il avait été engagé dans les guerres d’Italie. En 1515 il était à la bataille de Marignan au secours du duc de Milan, attaqué par François Ier

Alors que Luther était moine et professeur de théologie, alors que le jeune Calvin est en train de poursuivre une formation juridique, Zwingli est un curé de paroisse. Il est particulièrement proche du peuple, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une grande curiosité et une formation humaniste : il apprend tout seul le grec et l’hébreu, il lit les grands philosophes antiques. Il évolue tout doucement dans sa réflexion théologique et spirituelle vers une Réforme. Il se marie, d’ailleurs en 1522 à l’âge de 28 ans avec la charmante Anna Reinhart qui a son âge.

Il prêche si bien qu’il est donc appelé comme curé à la cathédrale de Zürich et son enseignement y est réformateur. Les autorités civiles de la ville entrent dans ses vues et mettent en œuvre ses idées sociales. Il fait organiser l'assistance publique, fait doter les hôpitaux, construire des asiles pour les orphelins, organiser des soupes populaires pour les nécessiteux, créer un vestiaire, etc.
Quand la Guerre des Paysans qui ravage l'Allemagne arrive en Suisse, Zwingli n'appelle pas, comme Luther à la répression, mais à la compréhension et à la négociation et il inspire au gouvernement zurichois des mesures qui vont apaiser les campagnards suisses. Il obtient notamment l'abolition du servage et des corvées abusives.

Tout cela est très bien et le mouvement se développe à Bâle, à Berne et ailleurs. Jusqu’en Suisse romande, notamment à Neuchâtel avec Guillaume Farel. Mais l’évêque catholique de Constance s’insurge contre ces idées protestantes. Les choses se passent mal. En octobre 1531 les cinq cantons suisses restés catholiques attaquent militairement les six cantons qui sont passés à la Réforme. Il y a bataille à Kappel. Zwingli s’engage comme aumônier des troupes zurichoises et il est tué sur le champ de bataille alors qu'il assiste blessés et mourants.
Anna Reinhart y perd Gerold un fils qu’elle avait eu d’un précédent mariage, elle y perd également son frère, un beau-frère et son gendre. Et le pasteur Heinrich Bullinger, successeur à Zürich d’Ulrich Zwingli, la recueillera chez lui jusqu’à sa mort.

La sailnte cène
Le réformateur Jean Calvin, plus jeune, n’était pas encore actif dans le mouvement de la Réforme. Luther et Zwingli se rencontrent à Marburg en 1529 pour constater leur accord théologique. Accord parfait en tous points, sauf sur la sainte cène. Luther demeure sur ce point proche de la doctrine catholique de la « présence réelle » du Christ. Présence spirituelle certes et non transsubstantiation comme dans la doctrine catholique mais présence réelle dans le pain et le vin de la cène.
Pour Zwingli, le Christ est toujours déjà présent dans la vie, dans le cœur et dans l’esprit des croyants. On ne communie pas, dit-il,  pour que le Christ vienne dans notre vie, mais parce qu'il y est déjà venu. Non pas pour recevoir sa grâce, mais parce qu’on l'a déjà toujours reçue auparavant.
La sainte cène sert à montrer à tous et à soi-même pour commencer que l’on veut bien participer au repas du Christ, que l’on accepte sa présence et que l’on croit à son enseignement.
Un mari, écrit Zwingli, avant de partir pour un long voyage, donne à son épouse un anneau sur lequel est gravée son effigie, et dit : « Me voici, ton mari, sous la forme d’une image que tu peux garder, et dont tu peux te réjouir pendant mon absence. » Ce mari est un type du Christ qui, lorsqu’il s’en va, laisse à son épouse, l’Église, sa propre image sous la forme du sacrement de la Cène. La valeur de l’anneau tient moins à la valeur de l’or dont il est fait qu’à la valeur de la personne qu’il représente, son mari.

 Luther était un moine célébrant la cène avec recueillement. Zwingli, curé de paroisse et aumônier militaire était davantage sensible à éviter la superstition qui entourait les sacrements.

Mise en question de la musique sacrée

A la cathédrale de Zurich, sans doute sous l'influence des idées d’Érasme et sous la pression d’éléments radicaux de la ville, Zwingli bannit toute espèce de chant de l'organisation nouvelle du culte.

Voici ce que disait Érasme :

« Nous avons introduit dans les églises une espèce de musique artificielle et théâtrale, un braillement tumultueux de voix diversifiées, comme les Grecs et les Romains n’en ont si je ne me trompe, jamais entendu dans les théâtres. Tout n'est qu'un vacarme de clairons, de trompettes, de flûtes et de harpes, et avec elles rivalisent des voix humaines. On y entend d'écœurantes chansons d’amour bonnes pour des danses de courtisanes et de saltimbanques. On accourt de partout à l'église, comme au théâtre, pour la délectation des oreilles. Et c'est pour une pareille utilisation qu'on nourrit à grands frais des facteurs d'orgue ou des troupes d'enfants qui perdent tout leur temps à apprendre dans les moindres détails, des glapissements de cette espèce, et, pendant ce temps-là, ils n'acquièrent aucune connaissance valable. » (Paraphrase de l'Épître aux Corinthiens l, 14. 1517)

Zwingli, se réfère à Amos 5,23 :

Eloigne de moi le bruit de tes cantiques
Je n'écoute pas le son de tes luths.

Il écrit : « Que dirait de nos jours ce prophète campagnard à la vue de tant de musique dans les églises, et s’il entendait tant de basses et de hautes danses, d’ornementations et autres rythmes, tandis que de douillets chanoines tout couverts de soieries montent à l'autel pour le sacrifice ? En vérité il crierait encore une fois, au point que la terre entière ne pourrait supporter sa voix. » (Commentaire des thèses de 1523, Auslegung und Gründe der Schlussreden)

C’est ainsi que dans la cathédrale de Zürich, les orgues se taisent dès 1524, pour être détruites en 1527. Même chose à Berne, où celles-ci sont vendues en 1528. Le chant communautaire en langue vulgaire ne sera introduit officiellement à Berne qu'en 1574, et à Zurich en 1598

 

Le culte

Le culte que Zwingli a institué à Zurich, lorsqu’il a été nommé curé de la cathédrale est très simple et dépourvu de tout élément sacré et de chant :

Prière, récitation du Notre Père, confession des péchés, récitation du Credo, lecture des Dix commandements, prédication, prière pour les pauvres et bénédiction.

Il a été maintenu après lui par son successeur le pasteur Bullinger et a été repris par l’ensemble de la Suisse alémanique réformée, à quelques variantes près.

Et tout ceci se passait il y a cinq siècles : c’était justement le 11 décembre 1518 qu’Ulrich Zwingli était nommé curé de la cathédrale de Zürich.

 

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