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Protestants en Dauphiné

 

L’aventure de la Réforme

 

 

Pierre Bolle

Conservateur du musée du Protestantisme dauphinois du Poët-Laval (Drôme)

 

Éditions Le Dauphiné

52 pages, 8,50 €


Recension Gilles Castelnau


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5 mai 2018

C’est un remarquable petit livre – pas si petit qu’il en a l’air ! – qui survole toute l’histoire protestante du Dauphiné ;

- L’établissement de la Réforme, origines et causes, la riposte catholique.
- De la Révocation à la Révolution, les Dauphinois à Berlin
- Le réveil protestant, l’école modèle de Mens
- Unité et résistance, le musée du Poët-Laval

De nombreuses illustrations en rendent la présentation très agréable.

En voici quelques exemples

.

 

L'établissement de la Réforme

Les origines et les causes de la Réforme

page 11

L'épuisement du pays et l'autorité d'Henri IV permettent, le 30 avril 1598, la signature de l'édit de Nantes qui apporte enfin la paix civile et la paix des religions. Le parlement de Grenoble enregistre l'édit le 27 septembre 1599, premier après le parlement de Paris. Trois commissaires sont nommés pour veiller à sa bonne application et résoudre les problèmes entre catholiques et protestants. François de Bonne, seigneur de Lesdiguières, est un des trois commissaires. Ils doivent rétablir le culte catholique, établir le culte protestant, attribuer les cimetières. Ils sont chargés d'établir la Chambre de l'édit et de reconnaître les douze places fortes.

Retour à l’ordre
Dans les régions à majorité protestante, il est urgent de restaurer l'ordre ancien, c'est-à-dire de rétablir le culte catholique, les églises rendues aux catholiques, remises en état, les bâtiments des couvents rétrocédés et les bénéfices restitués. C'est ainsi que le culte catholique est à nouveau célébré à Montélimar, Gap, Loriol, Vinsobres, dans l'ensemble du diocèse de Die et dans la vallée du Queyras. Les ordres religieux réintègrent leurs couvents, les dominicains à Die, les franciscains à Grenoble, Die, Crest et Montélimar. Un cas surprenant peut être noté: il y a un seul catholique à Livron, néanmoins la messe est pourtant rétablie.

La seconde responsabilité des commissaires de l'édit est d'assurer des lieux de culte aux protestants, mais uniquement dans des lieux autorisés. Là où plusieurs temples ont été détruits et où certaines communautés ont perdu le leur, en le rendant aux catholiques, il faut donc envisager une construction nouvelle comme à Dieulefit et Loriol. À Montélimar, les protestants ont abandonné l'église des Cordel iers et utilisent la salle de II hôpital en attendant la construction d'un édifice grâce à un don de 20 000 livres provenant de Lesdiguières. Mais ces nouveaux temples ne doivent pas avoir d'ouverture sur la voie publique, car le chant des psaumes gène le voisinage lors des trois ou quatre services hebdomadaires.

Un troisième domaine d'intervention des commissaires concerne les charges publiques qui doivent être accessibles aussi bien aux catholiques dans les villes à majorité protestante qu'aux protestants dans les localités à dominante catholique. À Gap, Crest, Romans, Saint-Marcellin, Chabeuil ou Valence, les réformés représentent entre le tiers et le quart des conseils. À Grenoble, au conseil général (municipalité), les protestants sont six sur quarante, et sur les quatre consuls, un ou deux sont protestants. Ce sont là les résultats des interventions des commissaires de l'édit dans les premières années qui suivent la signature de cette « paix » de Nantes.

 

page 28

 

page 30

Isabeau Vincent à Saou

Fille d'un protestant ayant abjuré avant la Révocation, orpheline de mère, Isabeau Vincent est placée comme bergère chez son oncle à Saou, entre Bourdeaux et Crest. Elle est âgée de quinze à seize ans, quand elle commence à parler en dormant. en février 1688, et à prophétiser durant la nuit, en patois, puis en français

Ses « exhortations » bouleversent tous ceux qui sont accourus pour l'entendre. Un avocat, Gerlan, vient l'observer durant la nuit du 20 au 21 mai, et il transcrit les prophéties de la petite bergère :

« Repentez-vous... Tenons ferme et que votre foi soit toujours fondée sur Jésus-Christ... Obéissez aux commandements de Dieu et non point à ceux des hommes... Les méchants périront avec leur méchanceté et seront fauchés comme l'herbe des champs... »

Isabeau est arrètée le 8 juin, amenée à Crest. interrogée pendant plusieurs heures et enfermée dans la tour, en attendant d'être transférée en juillet à l'hôpital de Grenoble. Puis elle est enfermée dans un couvent où elle disparaît.
Le mouvement des « petits prophètes » se poursuit en Vivarais, surgit dans le Bas-Languedoc en 1700, deux ans avant la guerre des Camisards.

 


Le Réveil protestant

XIXe siècle

page 37

Coup d'État du 2 décembre

Le 2 décembre 1851 Napoléon III (1808-1873) déclare l'Assemblée dissoute. Un plébiciste ratifie ce coup d'état. lui permettant d'instaurer un régime autoritaire.

Dans la nuit du 6 au 7 décembre 1851, c'est la « marche sur Crest » de cinq à six mille républicains, à laquelle participe un grand nombre de protestants de Bourdeaux, Saou, Crupies, Dieulefit, Clousclat, Bouvières et des Tonils. Ce sont deux protestants, le banquier Defaysse-Soubeyran et le tourneur Blancard qui dirigent le contingent de Dieulefit. L'instituteur-évangéliste de Bouvières, Louis Chauvin, est par la suite accusé d'avoir été « un moteur du parti rouge ».
Les pasteurs Alexis Muston et Ferdinand Mailhel de Bourdeaux sont favorables à une défense de la République. Quatre élèves de l'école modèle de Dieulefit se joignent aux insurgés et, en mars 1852, ils sont exclus de cette institution. La répression est brutale et les suspects sont enfermés à la Tour de Crest. Plusieurs sont déportés en Algérie et à Cayenne. Parmi les vingt-quatre communes qui votent « NON » lors du plébiscite du 21 décembre, dix-huit ont une population à majorité protestante.

 

 

Unité et résistance

XXe siècle

page 45

La résistance des femmes à Dieulefit

Marguerite Soubeyran et Jeanne Bernier sont les deux femmes qui, à Dieulefit. ont dit « non » à Vichy et au nazisme, et sont à l'origine de la résistance, de l'accueil des Juifs et des étrangers, du sauvetage d'enfants.

Marguerite Soubeyran a créé l'école de Beauvallon en 1929 et elle y reçoit de très nombreux enfants juifs envoyés par « l'Œuvre juive de secours aux enfants » (OSE). C'est elle qui a demandé à Jeanne Barnier, secrétaire de mairie, de « vraies » fausses cartes pour tous ces réfugiés. Celle-ci devient une virtuose des faux papiers au bénéfice de mille deux cents à mille cinq cents réfugiés, le plus souvent juifs.

En février 1943, Marguerite Soubeyran crée un maquis de réfractaires au STO sur la montagne voisine de Montmirail. Pour les Allemands, Dieulefit est « un nid de Juifs et de terroristes », mais il n'y a pas eu d'intervention de la Gestapo ou de la Werhmacht. Ces deux femmes ont reçu la médaille des Justes.

Le pasteur Daniel Atger


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