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Les protestants
500 ans après
la
Réforme

 

Fidélité et liberté

 

Ouvrage collectif initié par la Fédération protestante de France
Michel Bertrand (éd.)

 

Ed. Olivétan

408 pages, 29 €


Recension Gilles Castelnau


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18 septembre 2017

Cet imposant ouvrage a été réalisé par les articles de 68 auteurs répartis en quatre vastes ensembles :
Héritages et filiations, Résonances et défis, Convictions et pratiques, Débats et dialogues.

Toutes les tendances du protestantisme, réformée, luthérienne, évangélique, les œuvres et mouvements, les principales personnalités actuelles ou du passé sont ainsi présentées.

Le sérieux et la profondeur sont privilégiés ainsi que la recherche des différences et des subtilités dans un langage néanmoins clair et immédiatement compréhensible pour le grand public.

De très nombreuses illustrations colorées et souvent belles et saisissantes viennent suggérer, en contrepoint, la vie intellectuelle et spirituelle des acteurs du protestantisme.

En voici quelques exemples.

 

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Héritages et filiations

Michel Bertrand

page 19

Le 500e anniversaire de l'affichage des quatre-vingt-quinze thèses de Luther est l'occasion pour les Églises protestantes de s'interroger sur leur filiation avec sa pensée et son action réformatrices. Pour plusieurs d'entre elles, cet héritage se tisse avec d'autres apports : les mouvements de réforme antérieurs au 16e siècle, les œuvres des grands Réformateurs (Bucer, Calvin, Zwingli...), les initiatives de ceux qui, ultérieurement, susciteront de nouvelles Églises, contribuant à donner au protestantisme ses différents visages. Cette partie voudrait montrer en quoi les liens de ces Églises avec Luther et la Réforme du 16e siècle sont multiples et variables : directs et continus pour les unes, lâches et discontinus pour d'autres, parfois même en rupture. pour un observateur extérieur, il peut être difficile de se repérer dans cette galaxie protestante et d'appréhender ce que recouvrent les qualificatifs : luthérien, réformé, évangélique, baptiste, pentecôtiste, adventiste... Les contributions qui suivent aideront à comprendre comment cette famille confessionnelle s'est constituée au cours de l'histoire et comment, aujourd'hui, elle peut vivre l'unité dans et par la diversité.

 

Célébration de la sainte Cène
lors du rassemblement annuel du Musée du Désert, au Mas Soubeyran à Mialet (Gard)

 

Résonances et défis

page 101

Le pouvoir d’être et d’agir

Jean-Daniel Causse

Professeur des Universités, il enseigne au sein du département de psychanalyse de l’Université Paul Valéry de Montpellier. Il est également chercheur associé à l’Institut des hautes Études en Psychanalyse et enseignant associé à l’Institut protestant de théologie. Ses travaux de recherche se situent à l’articulation de la psychanalyse et des sciences religieuses et portent aussi sur les questions d’éthique contemporaine.


La catégorie de la conscience

S'il y a liberté de conscience, cette liberté est paradoxalement une captivité de la conscience. Autrement dit, la conscience libre n'est pas celle qui s'appuie sur elle-même, qui se référerait à elle-même ou qui penserait trouver en elle-même sa propre source, mais celle qui est liée à un Autre. La conscience qui se pense libre en étant sa propre référence est au contraire une conscience asservie, esclave alors même qu'elle se croit libre, esclave sans savoir qu'elle est esclave. Dans la pensée de Luther, la liberté de la conscience est entièrement articulée à une captivité de la conscience. C'est cela qui peut donner le courage d'agir, parfois dans la solitude de la décision et quelquefois même contre les normes établies. Une telle position n'est pas sans danger, sans aporie, car c'est également de cette manière qu'on peut justifier les actes les plus terribles et que l’obscurcissement de la conscience peut être la plus manifeste. On peut commettre des actes atroces au nom d'une soumission aveugle à un Dieu, tout en se supposant éclairé. Tenons en tout cas qu'il y a une articulation décisive de la conscience libre et de la conscience captive que Luther fera par exemple valoir lorsqu'il sera convoqué devant la diète de Worms en 1521 et qu'on lui demandera de rétracter ses écrits. Il revendiquera alors une liberté de conscience en usant du langage de la captivité : « Je suis lié par les textes scripturaires que j'ai cités et ma conscience est captive des paroles de Dieu. Je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il n'est ni sage ni prudent d'agir contre sa propre conscience ? »


 

 

 

Convictions et pratiques

page 160

Défendre et renouveler la laïcité

Valentine Zuber

Directrice d'études à l'École pratique des hautes études à Paris, titulaire de la chaire de Religions et relations internationales. Elle est une spécialiste de l'histoire de la tolérance religieuse et du pluralisme en Europe.

 

De farouches défenseurs de la laïcité

Les protestants français ont depuis longtemps des affinités électives avec la laïcité républicaine, ce principe politique qui leur a permis d'accéder enfin à une pleine citoyenneté dans une nation française qui les avait tant opprimés par le passé... L’histoire est maintenant bien connue de leurs combats pour la reconnaissance de leur différence religieuse, et ce, depuis les débuts de la Révolution française jusqu'à la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905. Lorsque la liberté et l'égalité leur ont enfin été complètement assurées, beaucoup d'entre eux n’ont pourtant pas cessé leur engagement en faveur d'une vision compréhensive et non discriminante de la citoyenneté. Parce que les persécutions pouvaient toujours recommencer, il leur a paru logique - et moralement nécessaire - de continuer à plaider pour la reconnaissance de l'égale dignité des autres propositions religieuses présentes sur le territoire français, en Outremer et à l'étranger. Ils ont ainsi été majoritairement dreyfusards et républicains sous la IIIe République, tant l'antisémitisme politico-religieux qui se déchaînait alors leur rappelait les jours sombres de la persécution royale et du Désert au lendemain de la Révocation de l'Édit de Nantes. Ils se sont tout aussi massivement mobilisés au moment des persécutions raciales contre les Juifs sous le régime vichyste en incitant certains d'entre eux à recréer, avec les moyens du bord et en assumant sa clandestinité, un nouveau « Désert » protecteur des israélites alors impitoyablement pourchassés. Le scandale de l'extermination des juifs par les nazis - avec la complicité de l'État français - a entraîné un grand nombre de nos coreligionnaires à poursuivre sans relâche ce combat en faveur des individus persécutés, de quelques convictions qu'ils se réclament. L’engagement sans concession des autorités religieuses et de nombreuses ONG d'origine protestante, lors de la Seconde Guerre mondiale et la guerre d'Algérie, témoigne de cette préoccupation constante de certains d'entre eux. À la suite de ce combat pour la liberté et l'égalité républicaine, les protestants ont aussi voulu promouvoir son idéal de fraternité, en prônant une laïcité d'ouverture et en réclamant de l'État le respect d'une équité absolue vis-à-vis de toutes les propositions religieuses. En effet, selon eux, seul ce principe politique appliqué avec justice et discernement permet un traitement équitable de chacun, dans le respect de l'égalité et de la liberté individuelle de tous.

 

 

page 175

Accueil de l'étranger, de la solidarité à l'hospitalité

Geneviève Jacques

Depuis juin 2013, elle est présidente de la Cimade, après avoir travaillé dans diverses organisations œcuméniques internationales comme chargée des programmes pour les femmes réfugiées et migrantes. Elle tient à conserver une action militante et assure des permanences juridiques dans un des lieux d'accueil de la Cimade à Paris. Elle est membre du Conseil de la Fédération protestante de France.

 

Tout commence par un cri

« Notre première entrée dans la région du droit n'a-t-elle pas été marquée par le cri : c'est injuste ! Ce cri est celui de l'indignation. »
Cette phrase de Paul Ricœur dit bien ce qui a été le déclic de mon engagement aux côtés des personnes étrangères. Un cri de protestation contre les humiliations et les injustices subies par les « immigrés » à Marseille, où je vivais alors. Un cri d'indignation aussi devant le silence peureux ou complice face aux cris de souffrance ou de révolte de celles et ceux qui sont torturés de par le monde, qui sont opprimés et méprisés par des individus ou des pouvoirs politiques et économiques. Dans son livre intitulé Tout commence par un cri notre ami, Luis Perez Aguirre, jésuite uruguayen, pose la question : « Comment expliquer que certains choisissent d'entendre ce cri et que d'autres y restent sourds ? Cette question est au cœur de l'Évangile et de la défense pour les droits de l'homme. » Mais j'ai vite compris que l'indignation individuelle ne suffisait pas, elle devait se traduire en engagement concret, avec d'autres. La Cimade a été pour moi le lieu où j'ai trouvé une cohérence entre la quête de sens (au cœur de l'Évangile et de la défense des droits de l'homme), l'action concrète, la réflexion sur l'engagement dans la cité et le travail en équipe. C'est là que j'ai eu la chance de rencontrer et de travailler avec des personnalités formidables qui m'ont introduite dans la famille « protestante » où j'ai décidé d'entrer. Une communauté plurielle où se vivent des engagements porteurs de valeurs et de convictions fortes (« avec la Bible dans une main et le journal dans l'autre » comme disait le théologien protestant Karl Barth), où la culture du débat permet de ne pas s'enfermer dans des dogmes rigides, mais de rechercher sans cesse la manifestation, en paroles et en actes, d'un message de sens dans le monde où l'on vit.

Militer à la Cimade, c'est entrer dans un mouvement né au cœur de la Seconde Guerre mondiale pour manifester une solidarité active avec les « indésirables étrangers » juifs menacés et persécutés à l'époque, et qui a poursuivi son engagement aux côtés des personnes réfugiées et migrantes que les événements du monde ont conduites en France. Un mouvement qui comprend aujourd'hui une centaine de permanents salariés et plus de deux mille équipiers bénévoles, partageant un esprit de résistance et de solidarité qui a pris sa source dans le message de l'Évangile et qui se nourrit aussi des principes d'humanité, affirmés notamment dans la Déclaration universelle des droits de l'homme.

 

Noël œcuménique pour accueillir les Lumières de Bethléem

 

Débats et dialogues

Les chapitres de cette partie sont tous composés d'un dialogue de deux personnalités différentes, côte à côte


page 386

L'avenir de l'œcuménisme

Flemming Fleinert-Jensen


Pasteur de l'Église protestante unie de France. Docteur en théologie, il a été maître-assistant à l'Université de Copenhague, professeur au Centre d'études œcuméniques de Strasbourg, chargé de cours à l'Institut catholique de Paris. II est membre du Groupe des Dombes.


Dialogues et coopérations avec l’Église catholique

L’engagement œcuménique des Églises luthéro-réformées est irréversible. Porté par la conviction que ce qui unit les chrétiens est plus fort que ce qui les sépare, il se manifeste surtout, pour des raisons évidentes, dans les relations avec l'Église catholique. Sur le plan national, plusieurs lieux de rencontre officiels existent tels que le Conseil d'Églises chrétiennes en France, créé en 1987, ou le Comité mixte catholique-protestant qui depuis 1980 a produit plusieurs rapports analysant convergences et divergences entre les deux traditions. Au niveau humanitaire, il y a lieu d'évoquer l’ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture), créée en 1974. il s'agit d'une ONG œcuménique regroupant protestants, catholiques et orthodoxes qui œuvrent en faveur des droits de l’homme et qui mènent des campagnes ciblées pour l’abolition de la peine de mort et pour la libération des victimes de la torture.

 

L'œcuménisme une évidence

Valérie Duval-Poujol

Théologienne baptiste. Docteure en histoire des religions et en théologie. Enseignante à l'Institut catholique de Paris. Présidente de la commission œcuménique de la Fédération protestante de France et de l'Association du centre œcuménique Istina. Engagée dans le dialogue entres baptistes et catholiques au plan mondial.


Les évangéliques sont réticents à toute recherche d’une unité visible institutionnelle de l’Église, perçue comme une simple œuvre humaine ou une trahison de la vérité de l’évangile.

De multiples raisons expliquent la lenteur de leur chemin vers l’unité : ils manquent d’institutions représentant l’ensemble des Église évangéliques au plan mondial ; leur ecclésiologie est essentiellement « congrégationaliste » : chaque Église locale est autonome ; ils préfèrent nettement l’évangélisation, l’action sur le terrain plutôt que le dialogue théologique ; la réalité sociologique est que pendant des générations, les nouvelles recrues évangéliques venaient du catholicisme ; les caricatures réciproques sont encore vivaces, souvent nourries par les médias et elles nuisent à la possibilité du dialogue ; plus nécessaires que des divergences réelles existent entre les Église membres en particulier au sujet du baptême et de l’usage des références à la Bible. 

 


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