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La Bible des familles

 

Les plus beaux textes de l’Ancien Testament

Le texte intégral du Nouveau Testament

 

Commentés et expliqués par Marie-Noëlle Thabut

Illustrés par Éric Puybaret

 

Ed. Artège Le Sénevé

1472 pages,   29,90 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

22 mai 2017

Une Bible accessible

L’éditeur explique :

Dans les Bibles qui sont à la disposition du grand public il faut souvent choisir :
- soit une Bible enfantine pour initier les plus jeunes et les accompagner au catéchisme ou leur offrir leur cadeau de communion 
- soit une Bible adulte.. qui court le risque de demeurer sur une étagère malgré les bonnes résolutions de l'acquéreur.  Or la Bible est lisible par tous... moyennant un guide sûr pour accompagner le lecteur.  C'est cet accompagnement qu'offre la nouvelle édition de la Bible des familles.  

Et c’est un magnifique ouvrage – pour un prix incroyablement modéré – que nous avons ici.
Tout d’abord il est gros. Il pèse près de 2 kg et 6 cm d’épaisseur ! Mais c’est une de ses grandes qualités : contrairement aux bibles habituelles, il est écrit assez gros, les pages sont faciles à tourner, sa mise en pages est aérée, les titres ont espacés, il y a beaucoup d’illustrations très belles.

 

Moïse fait jaillir l’eau du rocher

 

Marie-Noëlle Thabut est une remarquable bibliste. Elle donne des introductions historiques et critiques excellente situant les textes dans le contexte de leur époque. Elle connaît les hypothèses actuelles concernant les dates de publication des divers livres bibliques. Elle fait parfaitement la distinction entre récits historiques et mythologiques.

 

page 42 : la création

 

présentation du Déluge

 

page 70

La Bible n'est pas la première à avoir raconté une histoire de déluge : longtemps auparavant, vers 1600 av. J.-C., en Mésopotamie circulaient déjà deux légendes (celles dAtra-Hasis et de Gilgamesh), qui racontaient également un déluge. ll y a d'énormes ressemblances entre le récit biblique et ses ancêtres babyloniens ; mais il y a aussi des différences, et ce sont elles qui nous intéressent. C'est là que l'on peut déchiffrer la Révélation. À la base, il y a donc certainement un fait réel, un déluge, véritable cataclysme qui a laissé un souvenir terrible dans la mémoire collective de tout le Moyen-Orient. ll y a deux manières d'en parler selon qu'on a la foi dans le Dieu d'lsraë|, celui qui aime l'humanité, ou non.

Ces deux points de vue opposés donnent naissance à deux sortes de récits : en Mésopotamie, on imagine les divinités ennemies des hommes, tandis que le récit biblique décrit un Dieu ami des hommes et qui leur propose son Alliance.

 

 

présentation du Livre de Josué

Les trompettes de Jéricho

page 219

La ville de Jéricho est entrée dans l'histoire biblique avec Josué ; Moïse, lui, n'y a jamais pénétré : il dut se contenter de la voir de loin, avant de mourir au mont Nébo, à l'est de la mer Morte. Avant de se risquer à s'en séparer, Josué envoya des émissaires chargés de se renseigner ; il se rendirent chez une prostituée, Rahab, qui habitait sur le rempart de la ville (Jos 2). Cette femme est devenue célèbre dans la mémoire d'Israël au point de figurer dans la généalogie du Messie dans l'Évangile de Matthieu.

Le récit de la conquête de Jéricho ne laisse pas de surprendre : si l'on en croit le livre de Josué, les fils d'Israël se contentèrent de faire le tour de la ville en procession, prêtres en tête, portant les trompes (1), derrière l’Arche d’Alliance, une fois par jour pendant six jours ; puis le septième jour, ils firent le tour de la ville, de la même manière, non pas une fois mais sept fois. À la fin, sur l'ordre de Josué, les prêtres sonnèrent de la trompe et le peuple poussa une immense clameur, pendant que retentissaient les trompes et les murailles de la ville en tremblèrent et tombèrent ! cela ne ressemble guère à une bataille, mais bien plutôt à une liturgie. chose plus troublante encore, on sait que la ville de Jéricho avait été détruite en 1550 av. J.-C. par les armées du pharaon Thoutmès II. Alors on comprend le sens de ce texte : il n'y a pas eu de miracle lors de la prise de Jéricho qui n'était plus à prendre. Ce récit grandiose vise à bien faire comprendre à ses futurs lecteurs que c'est Dieu lui-même qui ouvrait la voie à son peuple.

( 1 ) Les trompes (en hébreu des « shofars » sont des cornes de bélier ; elles sont utilisées encore aujourd'hui dans la liturgie juive.

L'auteur prend néanmoins garde à ne pas risquer de choquer les lecteurs peu au fait de ces choses et qui seraient tentés par une lecture fondamentaliste littéraliste : elle précise, certes, qu’on ne possède aucun document de l’époque d’Abraham ou de la sortie d’Égypte, sans toutefois expliquer que cette absence interdit d’en avoir une compréhension historique.
Elle ne dit pas non plus, ce qu’elle sait pourtant évidemment, que non seulement on ne possède aucun document contemporain de la Sortie d’Égypte mais que les historiens ont prouvé qu’elle n’a pu en aucun cas avoir lieu. Ce sera pour une autre fois.
Pour le moment, Marie-Noëlle Thabut ne souhaite susciter ni polémique inutile ni trouble dans les esprits.

Elle donne par ailleurs de bons conseils destinés à faciliter une lecture religieuse, spirituelle des textes. Elle justifie régulièrement ses affirmations en les comparant au catéchisme de l’Église catholique mais évite toute polémique avec les lecteurs juifs ou protestants. C’est ainsi qu’elle présente de façon vraiment très modérée l’idée de la primauté de Pierre :

 

La Primauté de Pierre

page 1075

« Sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21.1-17). Jésus précise bien « mes brebis » : Pierre est invité à partager la charge du Christ, il ne devient pas propriétaire du troupeau ; mais le soin qu'il prendra du troupeau sera le lieu de vérification de son amour pour le Christ. Pourquoi cette précision « M'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il ne faut pas entendre ici une espèce de brevet de bonne conduite, du genre : « Puisque tu m'aimes plus que les autres, je te confie la charge ». Au contraire, il faut entendre : « C'est parce que je te confie cette charge, qu'il faudra que tu m'aimes davantage ! » Peut-être est-ce comme un discret rappel à ceux qui détiennent l'autorité ? L’autorité qui nous est confiée, dans quelque domaine que ce soit, est d'abord une exigence : accepter une charge pastorale implique beaucoup d'amour.

 

page 1142

La Pentecôte : quand Luc relit les Écritures

Luc nous raconte l'événement dans des termes propres à évoquer les promesses de l’Ancien Testament. Tout d'abord, pour un Juif, habitué des Écritures, le « bruit venu du ciel comme un violent coup de vent » évoque irrésistiblement la grande manifestation de Dieu au Sinaï (Ex 19,16-19). En s'inscrivant dans la ligne de l'événement du Sinaï, saint Luc veut nous faire comprendre que cette Pentecôte, cette année-là, est beaucoup plus qu'un pèlerinage traditionnel : c'est un nouveau Sinaï. Et les « langues qu'on aurait dites de feu » suggèrent que désormais, le don de l'Esprit vient parfaire le don de la Loi. Car on racontait que lorsque Dieu avait gravé les Tables de la Loi pour les donner à Moïse, les commandements étaient comme des lampes de feu qui traversaient le ciel. Ensuite, Luc nous invite à méditer sur ce curieux événement que l'on peu: appeler « le miracle des langues » : « Tous furent remplis d'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit » (Ac 2,4). On se souvient de Babel, cette tentative malheureuse de l'humanité qui cherchait à faire son unité dans l'uniformité : les hommes voulaient être tous pareils et tous au même endroit. Alors, dans leur intérêt même, Dieu était intervenu pour créer la diversité et la dispersion.

La Pentecôte n'est pas le contraire de Babel, elle en est l'aboutissement.

L'humanité apprend l'unité dans la diversité. Désormais toutes les nations qui sont sous le ciel entendent proclamer dans leurs diverses langues l'unique message : les merveilles de Dieu. La soigneuse énumération des communautés juives de tout l'ensemble du bassin méditerranéen évoque cette universalité du salut

 

Elle ajoute aussi en fin de volume de nombreux conseils, des prières et des exemples de textes encourageants bien choisis et que personne ne pourra critiquer. Notamment un excellent Florilège des versets de la Bible, Ancien et Nouveau Testament les plus encourageants.

Cet ouvrage sera un excellent instrument pour ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir la Bible de manière à la fois intelligente et spirituelle. On ne saurait trop le recommander.

 

 



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